Dieu du Ciel: faire mousser la croissance

Publié le 20/09/2018 à 14:38

Dieu du Ciel: faire mousser la croissance

Publié le 20/09/2018 à 14:38

(Photo: courtoisie)

PME DE LA SEMAINE. Il y a 20 ans ce mois-ci, la microbrasserie Dieu du Ciel lançait son premier pub à Montréal. Une autre ouverture de pub et un passage à la vente en bouteilles plus tard, Dieu du Ciel mise sur la recette qui a fait son succès pour continuer à grossir.


Aujourd’hui, les bières de la microbrasserie Dieu du Ciel sont dégustées jusqu’en Europe. Au départ, pourtant, Jean-François Gravel, maître-brasseur et cofondateur de l’entreprise, brassait dans son appartement pendant ses temps libres, lorsqu’il n’était pas dans son laboratoire à travailler sur ses recherches en microbiologie. À l’époque, le public est plus habitué à boire de la bière industrielle qu’une blonde de microbrasserie.


C’est la popularité de leurs bières auprès des clients de leur broue-pub de l’avenue Laurier qui poussent les associés, dont Stéphane Ostiguy, lui aussi étudiant en microbiologie à l’origine, à décider d’embouteiller leur production brassicole et de la distribuer en magasins. En 2007, ils créent donc un second pub et un site d’embouteillage à Saint-Jérôme.


Variété et originalité


Pour s’imposer, Dieu du Ciel mise sur une stratégie de niche. «Nous avons proposé des bières qui n’existaient pas sur le marché, comme la Péché Mortel, infusée au café lors du brassage, ou encore la Fumisterie, que nous avons retirée pour des raisons techniques mais qui était brassée avec des graines de chanvre», raconte Isabelle Charbonneau, l’une des actuels copropriétaires, qui a rejoint le projet neuf ans après son début.


Afin de séduire Monsieur et Madame Tout-le-monde, la brasserie met aussi au point des créations peu houblonnées comme la Rosée d’Hibiscus et la Blanche du Paradis.


Dieu du Ciel! doit aussi sa réussite aux efforts constants qu’elle mène pour rester pertinente. «Ne rien prendre pour acquis, c’est crucial pour moi», note Isabelle Charbonneau. Avec la Rosée d’Hibiscus, la brasserie a su, dès 2006, offrir une bière intégrant l’hibiscus, un ingrédient devenu depuis très tendance dans le domaine alimentaire, et particulièrement dans celui des boissons. 


Priorité à la qualité


Pour Isabelle Charbonneau, la base du succès de Dieu du Ciel! repose avant tout sur l’importance accordée à la qualité. «Nous nous sommes toujours concentrés sur la qualité des produits, dit-elle. La microbrasserie attire de nombreuses personnes car l’univers de la bière a une image festive et accessible, mais il faut pouvoir maintenir une qualité constante, être capable de comprendre les problèmes survenant au cours du brassage….» Les connaissances en microbiologie de Jean-François Gravel et de Stéphane Ostiguy ont constitué un atout pour y parvenir.


Ce souci de l’excellence a permis Dieu du Ciel! de résister, ces dernières années, à la multiplication des microbrasseries, qui a grandement contribué à élever le niveau de qualité. 


Rester en phase avec ses valeurs


Grâce à ses créations, et surtout à la Péché Mortel, sa bière phare, Dieu du Ciel a acquis une renommée à l’extérieur du Québec. Si la Belle province reste son principal marché, l’entreprise s’est lancée dans l’exportation dans le reste de l’Amérique du Nord et même en France et en Espagne.


Un développement international qui se veut axé sur la connexion humaine, et pas seulement sur le lien commercial. Les amoureux de la bière que sont les propriétaires de Dieu du Ciel veulent faire affaire avec d’autres amoureux de la bière. «Il ne s’agit pas de vendre à tout prix et de choisir n’importe qui pour représenter nos produits, explique Isabelle Charbonneau. Il faut que la vision de nos partenaires corresponde à la nôtre et à notre philosophie centrée sur la qualité et la connaissance de la bière.»


Désormais, Dieu du Ciel ambitionne de faire découvrir ses bières au marché chinois. Un projet qu’elle compte prendre le temps de mûrir. «On aime bien bâtir des relations doucement mais durablement, plutôt que de vivre des coups de foudre éphémères», souligne-t-elle.


L’entreprise vient également d’acheter un bâtiment pour ajouter 3 000 pieds carrés à la taille de son site de Saint-Jérôme afin de pouvoir augmenter la production et étancher la soif grandissante des consommateurs.


 


Dieu du ciel en quelques chiffres


Année de création: 1998


Nombre d’employés: 111


Nombre de copropriétaires: 4


Part de la production qui est vendue à l’extérieur du Québec: 10%


Production annuelle de bière du site de Saint-Jérôme: 15 000 hectolitres 


Objectif d’ici 2020: faire croître la production d’un tiers pour atteindre les 20 000 hectolitres

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