Croesus: riche de son expertise pointue

Publié le 17/11/2016 à 14:10

Croesus: riche de son expertise pointue

Publié le 17/11/2016 à 14:10

Rémy Therrien, pdg de Croesus

PME DE LA SEMAINE - Se concentrer exclusivement sur un créneau d’affaires jusqu’à le connaître sur le bout des doigts et à en devenir le leader au Canada, c’est la stratégie choisie par Croesus dès ses débuts il y a bientôt 30 ans.


Un choix gagnant puisque cette entreprise lavalloise détient aujourd’hui 45 % du marché canadien des solutions en gestion financière. Environ 10 000 conseillers financiers de banques, de firmes de courtage ou encore de cabinets de gestion de patrimoine se servent des outils logiciels de gestion de patrimoine de Croesus pour gérer 900 milliards de dollars d’actifs.


Plus récemment, la PME s’est aussi mise à offrir des solutions d’intelligence d’affaires. « La gestion d’autant de milliards d’actifs génère un volume énorme de données, explique Rémy Therrien, le pdg de l’entreprise. C’est une source d’informations incroyable. »


« Ils connaissent tellement bien les problématiques et les défis du secteur financier que cela les rend très crédibles dans leur développement d’affaires et leur permet de devancer les besoins de leurs clients », explique Nicole Martel, présidente-directrice générale de l’Association québécoise des technologies (AQT). Le mois dernier, cette organisation, qui réunit 500 entreprises québécoises des TIC, a décerné le prix PME en lumière 2016 à Croesus.


Des pionniers du Saas


Alors que le développement des entreprises de technologie financière, appelée aussi fintech, met de la pression sur les banques, Croesus se voit comme un partenaire des banques et non comme un concurrent. « Nous sommes une entreprise de fintech mais nous cherchons à travailler avec les banques pour les accompagner face au changement technologique et nous offrons un remède à leurs problèmes », souligne Rémy Therrien, qui a lancé sa compagnie alors qu’il était étudiant en génie physique.


Côté commercialisation, Croesus a misé très tôt sur le modèle Saas (Software-as-a-service). Jusqu’à récemment, le standard du logiciel installé en contrepartie du paiement d’une licence traditionnelle dominait. Choisir un modèle, où l’application est hébergée par l’éditeur et est accessible par internet en échange d’un abonnement, était précurseur.


« Nous étions comme des martiens, se rappelle Rémy Therrien. Comme on sortait à peine de l’université, cela nous garantissait des revenus mensuels. »


Entre temps, le modèle Saas s’est imposé. « Quand il est devenu à la mode, nous étions prêts et n’avions pas besoin de passer par une conversion du modèle traditionnel au Saas », dit-il.


Résultat, Croesus a enregistré entre 20 et 25 % de croissance annuelle ces cinq dernières années.


« C’était visionnaire, juge Nicole Martel. Car, les banques sont assez conservatrices et réticentes à voir leurs données être hébergées à l’externe. »


Le client avant tout


Pour réussir, Croesus a également priorisé la satisfaction de ses clients. « C’est essentiel pour nous d’avoir des clients heureux, ils ne sont pas seulement des sources de revenus, estime Rémy Therrien, dont la compagnie n’a pas d’actionnaires publics. On n’hésite pas à partager le risque financier avec eux et à absorber une partie des coûts d’un projet afin que le client soit content. » Un effort payant puisque, par exemple, la Banque Nationale reste loyale à Croesus depuis 25 ans.


Côté innovation, la PME réinvestit entre 40 et 50 % de ses revenus en recherche et développement pour s’assurer de rester à la fine pointe et d’améliorer constamment ses produits.


Bien que la fidélisation du personnel demeure un défi constant pour les entreprises de l’industrie des TI, Croesus se distingue par un taux de roulement de 5,5 % ces cinq dernières années alors que la moyenne du secteur s’élève à 11 %.


Cap sur les États-Unis


À l’avenir, Croesus souhaite dépasser les 50 % de part de marché au Canada et ambitionne de compter les six grandes banques canadiennes parmi ses clients. Pour le moment, elle en a trois, dont la Banque Nationale.


Depuis quatre ans, elle s’emploie aussi à percer le marché américain en ciblant les gestionnaires indépendants et espère, par la suite, s’implanter dans d’autres marchés semblables comme l’Australie ou le Royaume-Uni. « Je m’attends à ce que Croesus réussisse car ils travaillent déjà avec de grands noms au Canada, indique Nicole Martel. Or, vendre des TI au reste du Canada constitue un plus gros défi que d’exporter aux Etats-Unis car nos voisins du Sud sont plus avancés technologiquement et les cycles de prise de décision y sont plus courts. »


Croesus en quelques chiffres


Date de création : 1987


Lieu : Laval


Nombre d’employés : 180


Chiffre d’affaires : Entre 20 et 25 millions de dollars


Objectif : Devenir un fleuron canadien en fintech et maintenir une croissance annuelle entre 20 et 25 %


 

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