ALÉNA: les entreprises se font trop discrètes

Publié le 23/01/2018 à 06:21

ALÉNA: les entreprises se font trop discrètes

Publié le 23/01/2018 à 06:21

Par La Presse Canadienne

Photo: 123rf.com

Malgré tous les efforts déployés au Canada pour promouvoir l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) aux yeux des États-Unis, certains s'inquiètent qu'une voix demeure particulièrement discrète: celle des entreprises canadiennes.


Les dirigeants de deux importants regroupements d'entreprises, un de chaque côté de la frontière, croient que les entreprises du Canada pourraient en faire plus pour stimuler l'enthousiasme des États-Unis par rapport à l'ALÉNA. Plus particulièrement maintenant, alors que la négociation entre dans sa phase critique.


Des politiciens de tous les ordres de gouvernement ont joint leur voix à des membres de la communauté d'affaires pour donner un élan à l'ALÉNA du côté américain dans le cadre d'une soi-disant opération charme.


Mais le Conseil canadien des affaires affirme que, malgré cette opération de séduction, beaucoup trop de dirigeants d'entreprises gardent profil bas par peur de mettre en évidence leur statut d'entités «non américaines».


Selon le président et chef de la direction du Conseil canadien des affaires, John Manley, la meilleure chose à faire est d'aller sur le terrain et de cogner aux portes dans les communautés rurales.


Une démarche que le gouvernement canadien a déjà mise en branle, mais qui est absente du côté des entreprises d'après l'ex-ministre fédéral des Finances sous Jean Chrétien.


«Je crois qu'elles craignent une montée du sentiment protectionniste aux États-Unis et qu'elles préfèrent ne pas attirer l'attention en tant qu'entreprises étrangères», analyse M. Manley.


Du même avis, Maryscott Greenwood, présidente du Conseil des affaires canadiennes-américaines à Washington, ne s'étonne pas de voir les entreprises demeurer discrètes.


Elle reconnaît que de participer à la mission en faveur de l'ALÉNA représente un défi en raison du sentiment «anti-libre-échange» alimenté par le président Donald Trump qui menace de déchirer l'accord.


Maryscott Greenwood croit cependant qu'il est temps pour les entreprises canadiennes de s'engager et de mettre à profit toute l'influence qu'elles peuvent avoir en termes de relations d'affaires et de créations d'emplois aux États-Unis.


Du même coup, elle reconnaît aussi que la crainte de parler publiquement pour appuyer l'ALÉNA est aussi observable chez les entreprises américaines.


En campagne électorale, Donald Trump a promis de rapatrier les emplois manufacturiers aux États-Unis. Depuis sa victoire, les multinationales, dont les constructeurs automobiles, ont pris d'importantes décisions qui semblent vouloir éviter d'attiser la colère du président.


Par exemple, Fiat Chrysler qui vient d'annoncer qu'elle déménage sa production de camionnettes Ram aux États-Unis en 2020, alors que ces véhicules sont présentement assemblés au Mexique.


Peu avant l'assermentation de Donald Trump, en janvier 2017, Ford avait annulé son projet de construction d'une usine de 1,6 milliard $ US au Mexique.


Maryscott Greenwood compare le comportement des entreprises au fait que personne ne veut "attraper le javelot".


Selon elle, plusieurs firmes américaines ont probablement préféré demeurer loin des projecteurs en présumant que le discours protectionniste allait s'essouffler et que la menace allait passer.


Elle dit garder espoir que plus en plus d'entreprises vont commencer à se tenir debout, surtout si l'avenir de l'accord de libre-échange commence à avoir l'air particulièrement sombre.


"Une crise a tendance à mobiliser l'attention des gens et l'ALÉNA vient d'atteindre un point où c'est le temps de passer à l'action", insiste Mme Greenwood.


D'autres leaders de la communauté d'affaires ne sont pas d'accord pour dire que les entreprises canadiennes n'en ont pas fait assez pour l'ALÉNA.


Perrin Beatty, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Canada, assure qu'il n'a jamais entendu parler d'un manque d'ardeur des entreprises canadiennes pour faire la promotion de l'ALÉNA auprès des Américains.


Pas plus qu'il n'a eu connaissance de craintes de la part d'entreprises d'être identifiées aux États-Unis comme étant canadiennes.


Perrin Beatty estime par contre qu'Ottawa pourrait en faire plus pour aider à organiser et à fournir des ressources pour que les PDG du Canada effectuent plus de visites du côté des usines américaines afin de promouvoir l'accord auprès de politiciens et de journalistes.


Du côté de la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, un porte-parole soutient que la communauté d'affaires représente une aide importante dans l'offensive pro-ALÉNA.


 


 

À suivre dans cette section


image

Objectif Nord

Mardi 25 septembre


image

Gestion du changement

Mercredi 03 octobre


image

Marché du cannabis

Mercredi 10 octobre


image

Expérience client

Mercredi 14 novembre


image

Communication interne

Mardi 27 novembre


image

Gestion de la formation

Mercredi 05 décembre


image

Contrats publics

Mardi 22 janvier


image

Financement PME

Mercredi 30 janvier

Sur le même sujet

La politique canadienne polluerait les négociations de l'ALÉNA

12:58 | AFP

«Il s’agit d’un très bon accord, élaboré pour séduire le Canada », croit un conseiller économique de la Maison-Blanche.

Un nouvel obstacle se lève à la table des négociations de l'ALÉNA

Le gouvernement canadien tente avec l’énergie du désespoir d’émousser cette épée de Damoclès.

À la une

Voir les choses sous un autre angle pour réussir en Bourse

BLOGUE INVITÉ. Cela ne veut pas dire qu’il faut adopter l’opinion contraire à celle du plus grand nombre.

Les taux grimpent, que faire avec les obligations à court terme?

16:11 | Ian Gascon

Les FNB d’obligations ne s’écroulent pas malgré la hausse des taux. Voici pourquoi:

MTY et Richelieu graduent au S&P/TSX

Le 24 septembre avant l'ouverture, MTY et Richelieu feront enfin leur entrée au grand indice de la Bourse de Toronto.