Retrouver son autorité

Publié le 14/02/2013 à 10:44, mis à jour le 15/02/2013 à 10:44

Retrouver son autorité

Publié le 14/02/2013 à 10:44, mis à jour le 15/02/2013 à 10:44

Par RĂ©mi Tremblay

Quand je suis devenu patron pour la première fois, je ne voulais surtout pas ressembler à ceux que j’avais eus. J’ai connu un patron autoritaire qui m’utilisait comme un outil pour accomplir une tâche, qui me traitait comme une ressource à exploiter. Je ne servais qu’à réaliser ses objectifs et à l’enrichir. Je l’imaginais assis sur son trône, puisant son pouvoir dans son titre, sa fonction. Ce dirigeant était principalement préoccupé par lui-même et il abusait de son pouvoir pour se servir.###


J’ai alors choisi d’être un patron à l’opposé de ce modèle en devenant un leader participatif qui ne prend aucune décision seul ; un patron qui consulte et écoute, et qui oriente en fonction du bien commun. Cette façon de diriger a des avantages, car elle permet de créer un environnement stimulant et responsabilisant. Cependant, elle a aussi ses revers : l’atmosphère de travail devient à la fois exigeante et insécurisante pour les employés.


C’est ce que j’ai eu l’occasion d’observer auprès de mes employés. Avec le recul, je crois qu’ils auraient préféré que je tranche, que je décide, puisqu’au fond, c’est pour cette raison qu’on m’avait engagé ! Pour eux, le fait d’être imputables de tout, tout le temps, s’avérait lourd à porter.


En adoptant ce style de gestion, j’étais déchiré entre mes employés d’une part et la pression de mes supérieurs d’autre part.


Un seul changement aurait pourtant pu tout transformer : descendre en moi-même et écouter les réponses qui viennent de l’intérieur.


C’est en puisant dans cet espace que je retrouve l’autorité qui me permet de faire émerger la meilleure décision. Non pas pour plaire à la haute direction ou pour faire consensus avec mes employés, mais bien pour obtenir la meilleure solution pour le bien commun (c’est-à-dire engendrer un maximum de bonheur et un minimum de souffrance pour le plus grand nombre de personnes).


Ce besoin de se retirer en soi incombe à tous les leaders. Il est absolument nécessaire qu’ils en prennent conscience. Notre « espace de solitude » nous permet de nous interroger sur la façon d’assumer notre autorité sans glisser dans l’autoritarisme, la dictature ou même la tyrannie, sans sombrer dans le sentiment de toute-puissance. Cet espace nous permet de renouer avec notre autorité, sans pour autant l’exercer comme ces fameux patrons auxquels je ne voulais pas ressembler.


Après des années de réflexion, j’arrive à la conclusion que pour exercer une saine autorité, quatre conditions s’imposent :


1. Avoir une solidité intérieure ancrée dans l’intention de vouloir servir le bien commun ;


2. Rester conscient de son environnement, des autres (de ses employés), du marché, de ses partenaires et de soi ;


3. Développer l’art de discerner en sachant que celui-ci se trouve autant dans le dialogue que dans le silence ;


4. Et finalement, il faut aimer plutôt que de chercher à être aimé.


Le Roi des Mossi, que j’ai rencontré au Burkina Faso lors d’un voyage avec une vingtaine de mes clients, nous a transmis cet enseignement précieux quant aux trois habiletés qu’un leader doit posséder : ÉCOUTER, ÉCOUTER et… ÉCOUTER encore. Ainsi, la décision s’impose d’elle-même. Je comprends aujourd’hui qu’il voulait nous dire d’écouter avec nos yeux, avec nos oreilles et avec tous nos sens, car la responsabilité est exigeante et les choix sont parfois lourds de conséquences.


Si nous devenons ce leader participatif, qui, de surcroit, assume sa position d’autorité en accédant à son espace de solitude, cela engendrera la confiance et la sécurité chez les employés. Nos partenaires financiers, les actionnaires, se rallieront eux aussi au dirigeant. Les deux parties accepteront nos décisions, parce qu’ils savent pertinemment que nous avons tranché pour le bien du plus grand nombre.


Et vous, comment vous sentez-vous face à cet espace de solitude ?


 

À suivre dans cette section

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