Toute vérité est-elle bonne à dire ? Absolument pas. En fait, de nombreuses situations stratégiques – et morales ! – justifient le recours au mensonge.
Auteur : David Berreby, Briefings on Talent & Leadership
La résolution de la crise des missiles de Cuba est généralement perçue comme un triomphe du leadership du président John F. Kennedy. Alors que ses conseillers préparaient l’invasion de Cuba et planifiaient une guerre nucléaire, le jeune chef d’État continuait à exiger un accord. Il réussit à conclure une entente avec son homologue soviétique, Nikita Khrouchtchev selon laquelle consistait l’URSS retirerait les missiles qu’elle installait à Cuba, alors que les États-Unis devaient retirer leurs missiles Jupiter sur leurs bases situées en Turquie, à la frontière soviétique. C’était un bon compromis (les Jupiter étaient de toute façon devenus désuets depuis la sortie d’une nouvelle catégorie de missiles nucléaires lancés à partir de sous-marins). Il y avait cependant un inconvénient : John F. Kennedy considérait qu’il ne pouvait être perçu comme ayant cédé devant l’ennemi, pas plus qu’il ne pouvait publiquement violer les engagements américains envers la Turquie concernant les missiles. Les Soviétiques retireraient leurs missiles ouvertement, mais la contrepartie consentie par les États-Unis serait tenue secrète. Les Soviétiques ont accepté, et lorsqu’on a demandé à John F. Kennedy s’il avait échangé missiles contre missiles, il a menti et a dit non.








