Mon coach

Publié le 24/10/2008 à 13:17

Mon coach

Publié le 24/10/2008 à 13:17

Par lesaffaires.com
Avoir un coach n'est pas un signe de faiblesse. De plus en plus d'entreprises en offrent un à leurs meilleures recrues. Mais comment trouver le bon ?

Claudine Bergeron est coach à plein temps. Ses protégés n'ont rien à voir avec les athlètes musclés rentrés de Pékin. La plupart du temps, ils portent un tailleur ou un complet-cravate et s'entraînent... au bureau ! "Je forme des athlètes du milieu des affaires", dit cette grande femme de 43 ans.

Après les entraîneurs sportifs, l'heure est aux coachs de carrière, de gestion, d'affaires, de marketing, de vie, de nutrition, de santé, de mieux-être, de spiritualité... Aujourd'hui, tout peut être soumis à un entraînement. Et n'importe qui peut s'improviser coach. Du comptable agréé à l'ingénieur, en passant par le représentant aux ventes et le naturopathe, les professionnels sont nombreux à se lancer dans le coaching.

Ce métier séduit. Depuis cinq ans, la Fédération internationale des coachs du Québec (FICQ, une section de l'International Coach Federation) a multiplié par neuf son nombre de membres, qui s'élève aujourd'hui à 260. À l'école Coaching de gestion, le nombre d'inscriptions augmente annuellement de 10 à 20 %. En 2007, l'Université Concordia a même lancé un certificat en coaching personnel et professionnel.

Si l'offre explose, c'est que la demande existe. "La connaissance de soi est encore plus importante aujourd'hui que par le passé, remarque Danielle Desbiens, psychologue et professeure au Département d'organisation et ressources humaines de l'UQAM, qui pratique le coaching. Nous vivons dans une société en changement. Le seul pôle, c'est nous."

De plus en plus d'entreprises font appel à des coachs pour soutenir leurs cadres. Discret et personnalisé, cet accompagnement fournit une rétroaction immédiate. Une formation juste-à-temps ! "Le coaching permet d'améliorer les habiletés interpersonnelles (dites soft) comme l'écoute, la communication et la gestion de conflit. Celles-ci se traitent moins bien dans le cadre d'un séminaire", explique Alain Gosselin, professeur et directeur associé à la formation des cadres et des dirigeants à HEC Montréal.

Un entraînement exigeant

Il y a une dizaine d'années encore, le coaching en matière de gestion était perçu comme le lot des cadres en difficulté, menacés de congédiement. Plus maintenant. "C'est une façon pour l'entreprise de montrer à son gestionnaire qu'elle le considère comme important", dit Alain Gosselin.

Hubert Makwanda, 41 ans, a lui-même fait appel à un coach il y a quatre ans.

Soucieux de s'améliorer, ce gestionnaire de projet en milieu culturel voulait apprendre à mieux communiquer avec son équipe. "Des employés se plaignaient parfois que l'information ne circulait pas", explique cet homme d'origine congolaise, maintenant conseiller en diversité et équité à la direction Planification et développement des ressources humaines du Mouvement Desjardins.

Pendant deux mois, Hubert Makwanda a rencontré son coach à quatre reprises. Il a apprécié son regard objectif et non complaisant. "Il m'a permis de prendre du recul face à ma réalité, dit Hubert Makwanda, qui fait du coaching interne chez Desjardins. Il m'a aussi amené à évaluer et à améliorer mes méthodes de gestion." Entre les séances, le gestionnaire a fait des "devoirs" : il a mis en pratique des stratégies pour diffuser des messages plus clairs à ses employés.

Le coaching n'est pas une formule miracle. "Le coaché doit s'engager à fond dans la démarche", dit Claudine Bergeron, coach personnel et professionnel, vice-présidente de la FICQ. Le rôle du coach ? Écouter, clarifier les objectifs et poser les bonnes questions pour susciter la réflexion.

"Le coach démystifie les fausses croyances (que l'on n'est pas à la hauteur, par exemple) qui bloquent l'individu et l'empêchent d'avancer, dit Louise Lambert, coach personnelle et professionnelle, établie à Saint-Lambert. Il le ramène constamment à ses objectifs, ce qui accélère le processus pour les atteindre."

Contrairement au mentor, le coach ne donne pas de conseils. Le coaché doit trouver ses propres solutions, selon Lucie Rousseau, coach chez CDC Coaching, une firme pour cadres supérieurs. "Nos clients, des gens occupés et stressés, n'ont souvent pas le temps de s'arrêter pour y réfléchir, dit-elle. Nous leur permettons de le faire."

Le coach ne joue pas non plus au psychologue ou au thérapeute. "Il ne travaille pas avec des gens en détresse psychologique", précise Claudine Bergeron. En théorie, le coach de vie accompagne les gens dans leur développement personnel. On le consulte, par exemple, lors d'une transition de carrière ou de vie (la crise de la quarantaine, la retraite, etc.). Mais dans les faits, certains coachs soutiennent qu'ils peuvent aider des gens en dépression ou qui souffrent de troubles d'anxiété.

Lorsque le malaise est profond (insomnie chronique, mal-être, etc.), il vaut pourtant mieux consulter un psychologue, souligne Danielle Desbiens. C'est moins sexy qu'un coach de vie, "mais l'argent est ainsi mieux investi", ajoute-t-elle.

Le bon coach

Pour que la démarche réussisse, certaines conditions doivent être réunies. Selon les personnes consultées, la "chimie" entre le coach et le coaché est essentielle. L'employeur, qui embauche le coach, doit aussi soutenir et encourager son employé, remarque Lucie Rousseau. Dans cette relation à trois, la confidentialité est primordiale. "Tout ce qui se dit entre le coach et le coaché doit rester entre eux", souligne-t-elle.

Évidemment, le coach doit être compétent. Or, au Québec, la pratique du coaching n'est pas régie par un ordre. On peut donc, du jour au lendemain, se proclamer coach parce que notre entourage vante notre "belle écoute".

Chamanisme, coaching dans une hutte de sudation amérindienne, orientation de carrière selon le "plan de l'âme" (fondé sur la numérologie et la date de naissance)... Certains coachs emploient des méthodes pour le moins surprenantes, voire douteuses.

Dans ce domaine, quelles sont les valeurs sûres ? Les psychologues du travail et les conseillers en orientation qui font du coaching, selon Bruno Roy, président sortant de la Société québécoise de psychologie du travail et des organisations et consultant en développement des organisations chez Raymond Chabot Ressources Humaines. "Leur formation [maîtrise ou doctorat] leur donne une bonne base pour faire du coaching", dit-il. De plus, ces professionnels font partie d'un ordre dont ils doivent respecter le code de déontologie.

Certaines firmes sont reconnues. Par exemple, les coachs de CDC Coaching sont d'anciens gestionnaires expérimentés qui ont effectué une formation à l'interne d'une durée de six mois.

L'appartenance à l'International Coach Federation (ICF), dont la FICQ fait partie, n'est pas une garantie de la compétence du coach. Il existe deux types de membres : les "affiliés", des coachs qui n'ont pas de formation reconnue par l'ICF mais qui sont tenus de respecter son code de déontologie, et les "accrédités", qui détiennent le titre de coach associé certifié (60 heures de formation et 100 heures de pratique), de coach professionnel certifié (125 heures, 750 heures) ou de maître-coach certifié (200 heures et 2 500 heures). Pour le moment, seuls 50 des 260 membres du Québec sont accrédités.

Le choix d'un coach constitue un véritable défi. Ce sera plus facile à l'avenir, selon Claudine Bergeron. "D'ici cinq ans, le marché aura été nettoyé", croit-elle, et les incompétents auront abandonné le métier.

En attendant, privilégier les recommandations est une bonne chose. Et surtout, faire passer une entrevue au coach avant de l'adopter... (Avec la collaboration de Denis Lord)

RENCONTRE OU RENDEZ-VOUS TÉLÉPHONIQUE

Tarif * :

- Coach de gestion ou d'affaires : entre 125 et 300 $ l'heure ou entre 300 et 1 500 $ par mois (environ une séance par semaine et des rencontres ou des appels au besoin)

- Coach de vie : entre 55 et 150 $ l'heure

Durée : au moins trois mois, idéalement un an.

* Il s'agit d'estimations. La première séance est souvent gratuite.

LE COACHING "ALTERNATIF"

Au Québec, l'approche de coaching "alternatif" la plus populaire est la programmation neurolinguistique (PNL). La Société internationale des coachs PNL, située à Verdun, compte près de 85 membres. La majorité de ceux-ci sont des maîtres en PNL certifiés qui ont terminé au moins 1 000 heures de formation.

Élaborée par un linguiste et par un psychologue californiens dans les années 1970, la PNL est utilisée par certains psychologues, mais elle demeure controversée. Son efficacité n'a pas encore été prouvée scientifiquement. "La PNL se trouve dans la même situation que les médecines douces, comme l'ostéopathie", soutient Joanne Riou, fondatrice et directrice du Centre québécois de PNL. Son école offre un programme de coaching qui n'est pas reconnu par la Fédération internationale des coachs du Québec.

Selon la PNL, chaque être humain est programmé en fonction de ses apprentissages, de ses expériences de vie, de ses automatismes et de ses réflexes. Le coaching vise à "reprogrammer" la personne afin de modifier les comportements qui lui nuisent. Pour y parvenir, on a recours notamment à l'ancrage, une méthode qui consiste à associer un geste (par exemple, serrer le poing) à une émotion (par exemple, la confiance en soi dont on a fait preuve lors d'un événement). Lorsqu'il manque de confiance, le coaché reproduit le geste. "C'est comme le réflexe de Pavlov", dit Joanne Rioux. Selon les adeptes de la PNL, celle-ci est efficace. Il ne reste plus qu'à le démontrer... (M.-E. C., avec la collaboration de Denis Lord)

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