L'automatisation, une question de survie

Offert par Les Affaires


Édition du 13 Juin 2015

L'automatisation, une question de survie

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Édition du 13 Juin 2015

Par François Normand

Les entreprises manufacturières allemandes sont généralement très automatisées, comme dans cette usine de Volkswagen, à Wolfsbourg. [Photo: Bloomberg]

Les entreprises manufacturières du Québec affichent un retard en matière d'automatisation, ce qui les rend moins compétitives par rapport à leurs concurrentes du Canada et de l'étranger. Un enjeu préoccupant dans un contexte où le Canada signe de plus en plus d'accords de libre-échange avec d'autres marchés. Pourtant, l'automatisation procure de nombreux avantages, et peut même sauver des entreprises de la fermeture.


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Plombco a pris une décision cruciale en automatisant progressivement sa chaîne de production depuis 2000. Sans cette automatisation, le manufacturier de masses d'équilibrage (des pièces pour réduire la vibration des roues) aurait été évincé du marché nord-américain par la concurrence asiatique.


«Je ne serais pas ici à vous parler de cela si on n'avait pas fait ces changements, parce qu'on n'aurait pas survécu !» laisse tomber le président de cette PME, Martin Lussier, en nous faisant visiter son usine de Salaberry-de-Valleyfield, en Montérégie. Plombco en a une seconde non loin de là, à Huntingdon.


L'entreprise vend la majorité de ses masses d'équilibrage à des garages, y compris ceux implantés dans les magasins Walmart. Une partie de sa production est aussi vendue à des constructeurs automobiles au Canada et aux États-Unis, dont Honda.


Le bruit est omniprésent dans l'usine de Valleyfield qui emploie 80 personnes (35 à Huntingdon) ; on s'y entend à peine parler. Tantôt, c'est le vacarme produit par le système de tri et d'emballage des masses d'équilibrage. Tantôt, c'est le bruit des cellules de production robotisée, qui positionnent et insèrent des pièces dans une machine à injection.


Ces cellules de production robotisée - qu'on nous a interdit de photographier, secret industriel oblige - ont nécessité des investissements de 11 millions de dollars. Aujourd'hui, elles fabriquent le tiers de la production de Plombco, qui totalise un million de pièces par jour.


Seulement deux personnes supervisent ces cellules de production robotisée.


Mais au fil du temps, aucun poste n'a été aboli en raison de l'automatisation de l'ensemble de la chaîne de production de Plombco, bien au contraire, affirme Martin Lussier.


«Nous avons toujours augmenté le nombre d'employés, car l'automatisation nous a permis d'être mieux outillés pour répondre à la demande et être plus compétitifs, dit-il. Les personnes dont les tâches ont été abolies en raison de l'automatisation ont été assignées à d'autres postes plus techniques dans l'usine.»


L'automatisation a aussi été une question de survie pour l'usine de sciage de Produits forestiers Résolu à La Doré, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, raconte le directeur de l'usine, Sylvain Goulet. «L'automatisation nous a permis de traverser la crise dans l'industrie forestière de 2007-2014», dit-il, en rappelant que plusieurs scieries ont fermé aux quatre coins du Québec durant cette période sombre.


L'usine de Résolu à La Doré a réussi, elle, à maintenir sa production.


Qu'a-t-elle fait ? De concert avec le Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ), l'entreprise a mis au point, entre 2004 et 2006, deux systèmes pour accroître la productivité de sa chaîne de production.


Le premier est le contrôle de la qualité de l'équarrissage, pour produire plus de planches par billes de bois. Le second est le contrôle de la qualité de l'écorçage, afin de réduire au minimum l'écorce qu'il faut enlever sur une bille de bois.


«Ces deux systèmes nous ont permis d'augmenter notre rentabilité et notre productivité», explique Sylvain Goulet.


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