Le "beau risque" d'une relève de coopérants

Publié le 01/10/2011 à 00:00, mis à jour le 02/02/2012 à 13:53

Le "beau risque" d'une relève de coopérants

Publié le 01/10/2011 à 00:00, mis à jour le 02/02/2012 à 13:53

Par Claudine Hébert

Michel Morin, président du conseil d'administration, et Brigitte Paquet, directrice générale, ont fait de la station un modèle de réussite coopérative. [Photo : Jean-François Henry]

Accepteriez-vous de payer 7 500 $ pour sauvegarder votre emploi ? C'est ce qu'ont fait dix employés d'une station de radio FM, à New Carlisle, tous devenus copropriétaires de la Coopérative des travailleurs CHNC.


Deuxième plus vieille station de radio francophone en Amérique du Nord (après CKAC), antenne où René Lévesque et Gérard D. Lévesque ont fait leurs débuts en journalisme, CHNC FM fait partie du paysage gaspésien depuis 1933.


Pourtant, en 2005, rien ne va plus. La station de la Baie-des-Chaleurs, encore sur les ondes AM, croule sous les dettes. Comme le souligne Michel Morin, directeur de la salle de nouvelles : "Même une émeute était mieux organisée que ce qui se passait dans la boîte." Mauvaise administration, mauvaise gestion, aucun suivi publicitaire... Le déficit de la station atteint 350 000 $. Les institutions bancaires, échaudées, brandissent le spectre de la faillite au propriétaire Arthur Houde.


C'est alors que trois employés - Michel Morin, François Rémillard et Diane Poirier - ont une idée pour sauver la station et préserver la réputation de leur propriétaire : racheter la radio sous forme de coopérative."C'était la meilleure option pour sauver la boîte", explique M. Morin, qui est également président du conseil d'administration de la Coopérative des travailleurs CHNC.


Aucun employé n'avait les moyens de racheter la station à titre d'entreprise privée. Compte tenu de la situation déficitaire, les institutions bancaires auraient exigé de plus grandes garanties que les 75 000 $ nécessaires pour passer en mode coopérative. "Cette formule, qui donnait accès à plusieurs subventions et de meilleures conditions de prêts, nous semblait beaucoup plus accessible et réaliste", ajoute M. Morin.


Protéger le nom de la station


Et pourquoi ne pas avoir laissé la station faire faillite et récupérer l'équipement et les locaux pour une bouchée de pain ? "Cette option a été étudiée... et rejetée immédiatement par les employés. Une faillite aurait entaché le nom de la station et du propriétaire, et nous aurait mis à dos tous les fournisseurs de la région lésés par cette fermeture", rapporte-t-il.


Avec l'appui de la CSN, le syndicat auquel sont affiliés les employés, et fortement aidé par la firme MCE Conseils, spécialisée dans la création d'entreprises à propriété collective, l'équipe de M. Morin a préparé un plan d'affaires. Ce plan visait à acquérir la station sous forme de coopérative, à rembourser la dette des fournisseurs de 350 000 $ et à convertir l'antenne au FM. Un investissement supplémentaire de 270 000 $...


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