Analyse : la chasse aux aubaines se prépare

Publié le 01/10/2008 à 00:00

Analyse : la chasse aux aubaines se prépare

Publié le 01/10/2008 à 00:00

Par Denis Lalonde
Onex, la Banque Royale, la Banque Scotia, Manuvie et Sun Life viennent de laisser en-tendre qu’elles disposaient d’assez de liquidités pour profiter des déboires d’autres entreprises en difficulté.



Dans le cas d’Onex, UBS affirme que le conglomérat est sur le point de réaliser son objectif de recueillir 4,5 milliards de dollars pour créer un nouveau fonds d’investissement. La direction de la société ontarienne croit qu’elle peut réaliser des rendements intéressants en investissant dans l’immobilier et la finance, secteurs durement touchés par la crise financière.



En attente d’un plan de sauvetage



« Certaines entreprises canadiennes disposent de liquidités intéressantes, mais avant de se lancer dans des acquisitions, elles vont attendre sagement l’adoption d’un plan de sau-vetage du système bancaire américain », souligne Carlos Leitao, stratège et économiste en chef chez Valeurs mobi-lières Banque Laurentienne.



Credit Suisse estime que 100 entreprises membres de l’indice boursier américain S&P 500 sont à risque si les politiciens ne s’entendent pas sur un plan de sauvetage.

« Les risques auxquels le système financier fait face sont d’un tel ordre que même une société qui possède d’abondantes liquidités ne s’aventurerait pas dans ce bourbier », ajoute M. Leitao.



Selon lui, il sera difficile, voire impossible, pour toute entreprise canadienne du secteur financier de rivaliser avec les trois géants bancaires qui émergent de la crise amé-ricaine : Citi, Bank of America et JPMorgan Chase.



Par ailleurs, Clément Gignac, économiste en chef de la Financière Banque Nationale, juge que certaines entre-prises américaines sont aussi en bonne position pour acheter des aubaines, et pas uniquement dans le secteur financier.



« Beaucoup de sociétés américaines affichent un bilan très sain malgré la crise. Dans le secteur techno-logique, entre autres, plusieurs n’ont aucune dette et peuvent poursuivre leur croissance sans l’aide des banquiers », dit M. Gignac.



Signe encourageant



Clément Gignac relève aussi un signe encourageant dans la tenue des marchés boursiers : le sous-indice des sociétés financières du S&P 500 est plus élevé en ce moment qu’il ne l’était à la mi-juillet, et ce, malgré que la crise économique se soit aggravée.



« C’est signe que les marchés s’approchent d’une stabilisation », estime-t-il. Cette bonne tenue relative du secteur s’explique toutefois en partie par l’interdiction des ventes à découvert sur des centaines de titres financiers.



Au Canada, le sous-indice des sociétés financières canadiennes est de 7 % plus élevé qu’il ne l’était à la mi-juillet, alors que l’indice S&P/TSX a reculé de 15% pendant cette période.



« Les investisseurs commencent à se rendre compte que les banques qui réussiront à traverser la crise seront plus grosses, mieux capitalisées et plus fortes », croit M. Gignac, ajoutant qu’à chaque période de crise, la Bourse baisse avant que la récession ne soit confirmée et rebondit entre trois et six mois avant la reprise.



« Ce scénario va se répéter pour la crise actuelle », dit-il. M. Gignac rappelle qu’au cours des sept dernières récessions, les marchés américains ont chuté en moyenne de 30 % par rapport à leur plus récent sommet. À la clôture des marchés, le 29 septembre, la chute atteignait 29,8 %.

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