S'associer pour mieux servir un marché

Offert par Les Affaires


Édition du 14 Novembre 2015

S'associer pour mieux servir un marché

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Édition du 14 Novembre 2015

En mai 2013, Guillaume Levasseur et Éric Thuotte quittent leur emploi pour fonder Solutions Controlmatik, à Terrebonne, une PME qui conçoit et intègre de panneaux électriques dans les domaines industriel et alimentaire. [Photo : Armand Ohayon]

Guillaume Levasseur et Éric Thuotte ont été voisins de bureau chez Wainbee Limited, un fournisseur d'équipement hydraulique, de 2009 à 2013. Il ne leur aura fallu toutefois que quelques semaines pour passer du statut de collègues à celui d'associés.


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«On gérait des projets en automatisation de A à Z. C'était un emploi qu'on aimait tous les deux ; mais, chacun de notre côté, on avait envie de lancer notre propre affaire», raconte Éric Thuotte, technicien en électronique industrielle.


«Nous sommes tous deux issus d'une famille d'entrepreneurs, nous avons ça en nous, poursuit Guillaume Levasseur, ingénieur en production automatisée. Nous avions aussi la volonté de mieux servir le marché de la robotique avec une démarche personnalisée.» Leur valeur ajoutée consiste à s'investir à toutes les étapes d'un projet, de l'ingénierie et la conception de solutions automatisées à l'implantation du projet chez les clients, expliquent-ils.


La même idée germait chez chacun des deux comparses, mais aucun n'osait en parler. «Ce n'est pas le genre de choses dont on discute autour de la machine à café. Mais comme on s'entendait très bien, on a vite compris qu'on allait dans la même direction», dit M. Thuotte.


Les associés reconnaissent que leur complicité a été un élément déterminant dans la décision de faire le saut. «Nos expériences respectives font que nous nous complétons parfaitement. J'ai plus d'expérience que Guillaume, et lui a étudié davantage. Nous étions l'un pour l'autre le partenaire d'affaires idéal.»


Assez de travail pour deux ?


En mai 2013, ils quittent leur emploi pour fonder Solutions Controlmatik, à Terrebonne, une PME qui oeuvre dans la conception et l'intégration de panneaux électriques dans les domaines industriel et alimentaire.


«Connaître le domaine dans lequel on se lance en affaires enlève beaucoup d'inquiétude, admet Guillaume Levasseur. Sauf que ne plus avoir de stabilité financière du jour au lendemain peut aussi être assez stressant.»


«L'une de mes principales craintes était qu'on n'ait pas assez d'ouvrage pour nous deux, poursuit M. Thuotte. Sans compter qu'on n'avait aucune idée de notre valeur sur le marché.»


Ils n'ont pas hésité à cogner à la porte du Centre local de développement économique des Moulins (CLDEM), qui les a appuyés dans le démarrage de leur entreprise, en plus de leur donner un coup de pouce financier de 5 000 $ grâce au Fonds jeunes promoteurs.


Après deux années d'activité, Solutions Controlmatik a déjà dépassé ses objectifs en rejoignant plus de clients que prévu, en plus de remporter les honneurs au Concours québécois en entrepreneuriat Lanaudière dans la catégorie Innovations technologique et technique.


Nous avons eu moins de dépenses que prévu, puisque nous avons surtout facturé de la main-d'oeuvre plutôt que des pièces de machinerie, explique Éric Thuotte. Notre carnet de commandes a toujours été bien rempli.»


Passer à un autre niveau


Aujourd'hui, leur plus grand défi est de poursuivre leur croissance en développant la clientèle des fabricants d'équipements industriels et des entreprises qui utilisent ces mêmes équipements. «Dans notre domaine, la difficulté est de trouver des clients, car ils n'ont pas pignon sur rue. Nous fonctionnons beaucoup par les relations, le bouche à oreille et le porte-à-porte», précise M. Levasseur.


«Après deux ans d'activité, les PME passent en général à un autre palier, ce qui peut les rendre vulnérables, juge Claude Ananou, maître d'enseignement à HEC Montréal. Leur défi est d'atteindre une nouvelle part de marché ; ils doivent donc refaire l'exercice pour comprendre les besoins de cette clientèle. Même s'ils proposent le même produit, ils pourraient par exemple repenser légèrement leur démarche.»


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