Lâcher un job payant pour se lancer en affaires

Offert par Les Affaires


Édition du 14 Novembre 2015

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« Tout ce qu’on pouvait faire nous-mêmes ou à moindres frais, on le faisait. Par exemple, j’ai dessiné des modèles à la main que j’ai testés sur la machine à coudre de ma fille », raconte Mathilde Einhorn, cofondatrice de Holdur. [Photo : Jérôme La

Abandonner la sécurité d'un emploi stable pour fonder une entreprise, c'est parfois oser repartir à zéro pour réaliser son rêve. Comment se rendre à bon port sans perdre sa motivation ? Voici des témoignages d'entrepreneurs qui ont fait le saut.


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«Je me suis sentie comme si j'étais sur le bord d'une falaise. Je pouvais aussi bien tomber que m'envoler.» Quand Mathilde Einhorn a décidé de quitter son emploi en communications stratégiques à la Banque Nationale pour cofonder Holdur, un fabricant des sacs de cuir haut de gamme, elle a pris tout un risque.


Un virage à 180 degrés qui a été difficile. Car, en plus de lui fournir un excellent salaire, son ancien travail était très stimulant... mais essoufflant. «C'était du 9 à 5, mais dans les faits, c'était plutôt du 7 à 7», se rappelle Mathilde Einhorn. C'est d'ailleurs pour ralentir le rythme que cette maman de deux enfants a décidé de mettre sa carrière en veilleuse, le temps de bénéficier d'une année sabbatique, puis d'une deuxième.


Sa rencontre avec Nicole Lefebvre, alors qu'elles étaient bénévoles à l'école de leurs enfants, a été déterminante. Passionnées de design et de mode, elles constatent que les femmes actives doivent sacrifier le style si elles veulent porter un sac à main pratique. «Le sac banane est le plus fonctionnel qui existe, car il se porte à l'avant. On a accès à nos choses facilement, tout en ayant les mains libres. Mais, c'est aussi le sac le plus laid sur terre !» dit Mme Einhorn.


L'idée derrière Holdur était donc née : concevoir un sac de cuir haut de gamme, se portant à la taille, avec élégance. L'entreprise a été fondée en 2013 et a commencé à vendre ses produits confectionnés au Québec en décembre 2014.


Le défi d'entreprendre après 35 ans


Les programmes pour stimuler l'entrepreneuriat des jeunes pleuvent, mais pour les 40 ans, c'est une autre paire de manches, a constaté Mathilde Einhorn. «On s'est vite rendu compte que la majorité des programmes s'adressent aux moins de 35 ans. Comme si, au-delà de cet âge, nos projets étaient moins intéressants.»


Pourtant, le bagage de compétences qu'elle cumule avec son associée vaut son pesant d'or, estime-t-elle. «C'est un peu comme le chat botté, quand il enfile ses bottes de sept lieues. On ne marche pas, on court !»


Il est vrai que les subventions pour les entrepreneurs de plus de 35 ans sont plus rares, confirme Nathalie Plante, spécialiste en entrepreneuriat au service de développement économique de la Ville de Laval. La raison en est simple : plus on vieillit, plus on cumule des actifs et de l'épargne. Voilà qui rassure les banquiers.


Capitaliser sur son expérience


Toutefois, le financement n'est pas la seule condition de réussite d'une entreprise, ajoute Nathalie Plante. «Il faut réunir plusieurs éléments. Par exemple, se créer un système de soutien et de références sur lequel on peut compter pour combler ses lacunes.»


Et dans ce cas, les entrepreneurs plus âgés ont une longueur d'avance, estime Nathalie Plante. «Ils ont un énorme bagage sur lequel ils peuvent compter. Ils ont aussi développé un système de soutien mieux structuré, que ce soit la famille ou les amis.» C'est d'ailleurs grâce à leur système D, et à leur réseau de relations, que les deux partenaires ont réussi à faire beaucoup avec peu. Aux connaissances de Nicole en marketing et de Mathilde en communications se sont ajoutées celles de son mari, qui travaille en finance, et celle de sa mère, avocate à la retraite.


«Tout ce qu'on pouvait faire nous-mêmes ou à moindres frais, on le faisait. Par exemple, j'ai dessiné des modèles à la main que j'ai testés sur la machine à coudre de ma fille. Nicole a monté notre plan d'affaires, etc.», ajoute la cofondatrice.


Le passage de Mme Einhorn dans une grande entreprise lui a aussi permis de développer de multiples compétences pour apprendre rapidement, convaincre et travailler sur des dossiers complexes. «Aujourd'hui, je n'ai plus besoin d'investir dans mon entreprise, mais je ne me verse toujours pas de salaire», dit-elle.


Holdur semble sur une bonne lancée : ses produits sont vendus en ligne et dans cinq boutiques à Montréal et à Toronto. Mme Einhorn a aussi amélioré sa qualité de vie. «Je travaille autant d'heures, mais comme je choisis mon horaire, je suis plus disponible pour mes filles !»


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