TI et haute direction entretiennent-ils un dialogue de sourds ?

Publié le 02/11/2009 à 07:00

TI et haute direction entretiennent-ils un dialogue de sourds ?

Publié le 02/11/2009 à 07:00

Par Alain McKenna

Les technologies de l'information ne sont pas toujours faciles à gérer. On a l'impression qu'elles ont eu beaucoup de poids au sein des entreprises ces dernières années. Sauf que leur rôle est appelé à changer, disent les spécialistes en la matière.


Ces gestionnaires ne s'attaquent plus seulement à un problème en installant une solution technologique : leurs interventions sont au coeur de la stratégie d'entreprise.


" Ces 20 dernières années, les TI ont eu beaucoup de pouvoir au sein des entreprises, mais on sent que celui-ci revient dans les mains des directeurs financiers ", explique Jean-Michel David, analyste d'affaires d'Infoglobe, une entreprise de Québec comptant 80 employés et spécialiste des solutions en logiciel libre.


Lorsqu'elles adoptent de nouvelles solutions technologiques, les entreprises voient plus large que par le passé et tiennent davantage compte de facteurs qui ne sont pas uniquement technologiques. Le rôle des ressources humaines, l'impact sur l'environnement et celui sur les processus d'affaires sont davantage étudiés, constate M. David.


" Le plus souvent, les gens en TI s'attaquaient à un problème en installant une solution technologique, dit l'analyste, mais ils n'avaient pas toujours validé le besoin réel de l'entreprise, ni le gain qu'elle pouvait en tirer. "


L'analyste d'Infoglobe cite en exemple le cas du projet de Gestion intégrée des ressources (GIRES) du gouvernement du Québec, qui devait remplacer, au début des années 2000, les logiciels disparates utilisés dans 138 ministères et organismes. Or, ce projet a coûté quatre fois plus cher que prévu, une facture de 345 millions de dollars. Comble de l'ironie, le GIRES ne servait tout simplement pas, ajoute M. David. Le vérificateur général du Québec avait d'ailleurs écorché le gouvernement du Québec à propos de ce projet.


Une vue globale des TI


Pour éviter de tels fiascos, les entreprises doivent avoir une vue globale. Cela implique que les dirigeants s'intéressent à ces technologies et que les spécialistes en TI développent un meilleur sens des affaires, croit Sylvie Leclair, directrice des TI à la Société générale de financement du Québec (SGF).


" Il y a encore un gouffre au sein de certaines entreprises ", admet-elle.. La haute direction ne comprend pas toujours à quoi peuvent servir les TI. Elle les perçoit comme un service technique, alors qu'elles sont aussi un service stratégique. "


En fait, le personnel des TI oublie souvent qu'il peut jouer un rôle important dans la stratégie de l'entreprise, qui dépasse le bon fonctionnement du réseau informatique.


" Ça évolue rapidement, dit la porte-parole de la SGF, responsable d'un système informatique comprenant une trentaine de serveurs, et qui est à l'affût de technologies pouvant améliorer le rendement de son organisation. Il existe des normes et des outils qui simplifient la gestion des TI. Il y en a d'autres auxquels on n'échappera pas, les réseaux sociaux, par exemple."


Des technologies informatiques dont l'utilité n'est pas évidente, à première vue, pour les entreprises, mais qui peuvent rendre de grands services une fois qu'on les considère de façon stratégique.


L'analyse d'affaires joue un rôle clé


Afin d'intégrer efficacement les nouvelles technologies dans les processus d'affaires, de plus en plus d'entreprises misent sur l'analyste d'affaires. Ce cadre s'assure du respect des exigences d'affaires tout au long de l'implantation d'une solution technologique. Son but : s'assurer que celle-ci livre les résultats attendus par la direction.


" C'est un nouveau titre qu'on a vu apparaître dans certaines grandes entreprises, comme les banques ", note Jean-Michel David, lui-même analyste d'affaires d'Infoglobe. " Avant, on appelait ça un analyste tout court. C'est quelqu'un qui regarde l'implantation de technologies sous divers angles. Il y a celui de la technologie, mais aussi celui de la gestion, des ressources humaines, des finances, etc. "


Il doit aussi faciliter la communication entre les gestionnaires et les responsables des TI, qui ne parlent pas toujours le même langage. Par exemple, un gestionnaire peut évoquer l'implantation d'un outil informatique permettant une meilleure gestion de l'exploitation. Du côté des TI, on dira plutôt qu'on a procédé à l'installation d'un progiciel de gestion intégré, ou ERP.


" Les deux groupes utilisent leur jargon ", concède Sylvie Leclair, directrice des TI à la Société générale de financement. L'analyste d'affaires doit comprendre les deux. Et s'assurer surtout qu'ils signifient la même chose.


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