Autonomie et polyvalence dans les petites firmes

Offert par Les Affaires


Édition du 24 Octobre 2015

Autonomie et polyvalence dans les petites firmes

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Édition du 24 Octobre 2015

Jean-François Bacon, directeur de l’ingénierie chez Quadrivium.

Les petites firmes sont de plus en plus nombreuses et comptent désormais parmi les recruteurs importants dans le secteur du génie. Elles offrent un milieu de travail stimulant car, même si les projets y sont habituellement plus modestes qu'au sein des grands cabinets-conseils, les ingénieurs y trouvent une plus grande polyvalence et davantage d'autonomie.


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Jean-François Bacon, 35 ans, est depuis cinq ans directeur de l'ingénierie chez Quadrivium, une firme de génie civil de Gatineau créée en 2010 et spécialisée dans les travaux municipaux et le transport. Elle compte une vingtaine d'employés. Avec ses 10 ans d'expérience, M. Bacon pourrait briguer un poste à haut niveau de responsabilité dans une grande firme réputée. Pourtant, il ne changerait d'entreprise pour rien au monde. «J'aime explorer de nouveaux domaines et relever de nouveaux défis. Dans les grandes entreprises, les ingénieurs sont plus confinés à un champ d'expertise. Ici, je suis spécialisé en transport et circulation mais, comme nous ne sommes pas nombreux, je peux être amené à surveiller un chantier en génie municipal si ce contrat est prioritaire», explique Jean-François Bacon.


Contrôle serré


Travailler dans les petites entreprisess'avère une expérience très formatrice. Maxime Gagné, 24 ans, a décroché son premier emploi à la firme montréalaise HBCG Ingénieurs après ses études en génie. Ce qu'il aime avant tout : la possibilité de prendre des initiatives. «Les dirigeants de la firme me forment dans le domaine spécialisé des fondations et soutènements, de façon à ce que je puisse concevoir des solutions par moi-même. Dans une grande entreprise, j'aurais des tâches plus limitées. Ici, comme nous ne sommes que quatre, il arrive fréquemment que je me retrouve seul au bureau, et je suis donc amené à prendre des décisions. Cela développe l'autonomie !» explique le jeune homme.


La polyvalence est obligatoire dans les petites firmes, ce qui exige un contrôle plus serré du travail effectué. «On doit effectuer une double vérification, étant donné la nature variée qu'un même employé peut faire, reconnaît Jean-François Bacon. Dans le processus de recrutement, il faut être vigilant, car ce genre de postes ne convient pas à tout le monde : il faut trouver des personnes aptes à se développer et à s'engager. Les personnes qui aiment la routine, qui ne veulent pas sortir de leur créneau et qui recherchent des horaires fixes ne seront peut-être pas heureuses dans notre contexte de travail.»


Le défi est aussi de savoir reconnaître ses limites. «C'est une belle école, mais cela peut être un piège. Il ne faut pas hésiter à consulter des collègues, par exemple lorsqu'on a de la difficulté à prendre certaines décisions. Le travail est donc très collaboratif», souligne le directeur de l'ingénierie de Quadrivium. La firme a d'ailleurs mis en place un comité directeur auquel participent tous les responsables de services et où sont prises de nombreuses décisions ayant un effet sur l'entreprise et ses employés.


Bien placées dans le marché


L'engagement est le corollaire du travail en équipe. «Les personnes qui travaillent chez nous sont impliquées, et le développement de l'entreprise leur tient à coeur : elles font tout pour que la firme fonctionne bien, comme si c'était la leur», affirme Martin Lachapelle, président-fondateur de Quadrivium.


La disponibilité d'ingénieurs à la suite des suppressions de postes dans les grandes sociétés de génie-conseil au cours des dernières années aide les petites firmes, car elles ont maintenant moins de difficulté à recruter des ingénieurs novices et expérimentés.


«Au début, lorsqu'il y avait le plein emploi en génie, on avait du mal à trouver les ressources nécessaires, reconnaît Martin Lachapelle. J'ai donc dû embaucher plusieurs immigrants, dont certains étaient arrivés depuis peu au pays. Aujourd'hui, c'est plus facile.»


Quadrivium réussit à offrir des salaires concurrentiels et présente un autre intérêt pour les ingénieurs : «Comme notre personnel doit être polyvalent, nous faisons beaucoup de formation. Nous y consacrons plus de 3 % de nos revenus», précise M. Lachapelle.


Ce dernier est optimiste : «Plusieurs grandes firmes de génie ont fermé leurs bureaux dans la région ou ont réduit leur effectif dernièrement. Je considère que les petites sociétés sont mieux positionnées que les grandes pour bien performer à l'avenir».


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