Laboratoire et boutique, deux réalités

Publié le 17/11/2012 à 00:00, mis à jour le 15/11/2012 à 10:48

Laboratoire et boutique, deux réalités

Publié le 17/11/2012 à 00:00, mis à jour le 15/11/2012 à 10:48

Les pharmaciens propriétaires québécois sont non seulement à la tête d'une officine, mais aussi d'une boutique qui propose des produits d'hygiène, cosmétiques et même alimentaires. Ce modèle anglo-saxon a été instauré au Québec par la chaîne Jean Coutu dans les années 1970.


Une réalité que les pharmaciens propriétaires gèrent comme ils le peuvent, puisque la gestion d'un commerce ne fait pas partie de leurs programmes d'études. La plupart ont recours aux conseils de leur enseigne pour s'approvisionner et embauchent des gérants pour s'en occuper.


Le rendement de la partie boutique ne représentait que 26 % du chiffre d'affaires d'une pharmacie en 2011, selon une étude de l'AQPP. Un chiffre qui s'explique notamment par le fait que «la marge sur les produits de consommation courante est moindre que celle des produits pharmaceutiques», indique JoAnne Labrecque, professeure agrégée en commerce de détail à HEC Montréal.


En offrir plus


Le modèle génère de l'achalandage et fidélise la clientèle. «De plus en plus, il faut attirer les clients avec d'autres produits que les médicaments, sinon on risque de se faire engloutir par les Jean Coutu et les Walmart !», clame Maxim Charland, pharmacien propriétaire de trois succursales Familiprix.


Dans certains pays, un zonage permet d'éviter que plusieurs pharmacies ne se fassent concurrence sur un même périmètre. Pas au Québec, où deux pharmacies peuvent s'installer l'une en face de l'autre. «Alors, pour attirer la clientèle, il faut offrir des services», explique François J. Coutu, président et chef de la direction de la chaîne Jean Coutu.


Pharmaprix, par exemple, multiplie les produits exclusifs. «On veut devenir une destination», explique Denis Roy, directeur principal des affaires professionnelles de la chaîne.


Ce modèle plaît. La proportion de la partie boutique dans le chiffre d'affaires a augmenté de 6,2 points entre 2003 et 2011, selon l'AQPP. La tendance est à la diversification de l'offre. «La proportion des produits alimentaires a augmenté, on vend aussi parfois des vêtements», constate Mme Labrecque. Mais attention aux contradictions. Il faut offrir des produits complémentaires à ceux de l'officine. Car le devoir du pharmacien reste de veiller à la protection du public.

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