Les IFRS, un permis de conduire international

Publié le 27/04/2013 à 00:00, mis à jour le 25/04/2013 à 15:45

Les IFRS, un permis de conduire international

Publié le 27/04/2013 à 00:00, mis à jour le 25/04/2013 à 15:45

Les IFRS sont très utiles aux entreprises qui font affaire avec des sous-traitants à l'étranger, comme Bombardier Transport dans la construction des voitures de train en Belgique .

Depuis janvier 2011, les entreprises publiques québécoises doivent publier leurs états financiers selon les normes comptables internationales appelées International Financial Reporting Standards (ou IFRS). Elles remplacent les Principes comptables généralement reconnus (PCGR) du Canada. Les entreprises y ont-elles trouvé leur compte ?


Nous avons posé la question à quelques participants d'un colloque spécialisé sur la question, tenu en avril dernier par le Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO).


Selon Jean Paré, vice-président à l'information financière de Bombardier, le jeu en vaut «clairement» la chandelle.


«Les IFRS ont cours dans plus de 100 pays. Elles sont parfois exigées afin de participer à des appels d'offres. Elles peuvent aussi être très utiles afin d'évaluer la santé financière de nouveaux partenaires dans la construction des voitures de train», dit-il.


Certes, Bombardier en bénéficie, mais il s'agit d'une multinationale très décentralisée, présente dans plusieurs pays, de l'Allemagne à la Chine, en passant par la Suisse et la Russie.


Il y a des coûts, mais...


Qu'en est-il des entreprises de plus petite taille ? Auraient-elles, elles aussi, intérêt à parler ce nouveau langage comptable ?


«Les coûts peuvent être importants, car il faut apprendre un nouveau système», constate Michel Magnan, professeur de comptabilité à l'Université Concordia.


Toutefois, ajoute-t-il, les IFRS augmentent la quantité d'information divulguée, ce qui est très opportun dans l'environnement actuel d'échanges accrus entre entreprises.


«Par exemple, les notes aux états financiers sont beaucoup plus longues. Les entreprises peuvent mieux se comparer entre elles», dit-il.


L'auditeur David Clément, associé des services-conseils en comptabilité chez PwC, compare la maîtrise des IFRS à la possession d'un permis de conduire international. «Ce genre de permis donne aux PME un moyen de mieux connaître ses partenaires de l'étranger», dit-il.


Cela dit, les IFRS ne sont pas un «sésame ouvre-toi» de la transparence comptable.


«Si, au départ, une entreprise est peu transparente, les IFRS n'y changeront rien», dit M. Magnan.


Les investisseurs seront déçus


En outre, les IFRS n'en disent pas plus que les anciens PCGR sur des indicateurs clés, très recherchés par les investisseurs.


Ainsi, les normes comptables internationales n'indiquent pas d'emblée quel est le bénéfice fondamental, qui est parfois appelé pro forma. Elles ne rapportent pas quel est le flux de trésorerie disponible ou le free cash flow. Elles ne dévoilent pas l'excédent brut d'exploitation, le fameux BAIIA.


«Ces données, qui sont capitales pour l'investisseur, doivent être concoctées par ceux qui savent interpréter les chiffres bruts», signale M. Magnan.


Autre restriction des IFRS : elles ne s'appliquent toujours pas aux États-Unis.


L'oncle Sam a, en effet, décidé de conserver pour une période indéterminée ses Generally Accepted Accounting Principles (GAAP) ou PCGR.


Pour leur part, les grands bureaux comptables ne sont pas prêts à y renoncer.


«Les IRFS facilitent notre recrutement à l'international, étant donné qu'il s'agit d'un langage parlé dans plus de 100 pays», dit David Clément, de PwC.

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