Réussir le virage en quatre étapes

Publié le 26/01/2013 à 00:00, mis à jour le 24/01/2013 à 09:52

Réussir le virage en quatre étapes

Publié le 26/01/2013 à 00:00, mis à jour le 24/01/2013 à 09:52

Vous êtes tenté par l'infonuagique, mais ne savez par où commencer ? Voici la marche à suivre pour bénéficier de cette nouvelle manière d'envisager les TI


Le nuage est soumis à des vents contraires. Le principal obstacle à son adoption demeure la faible compréhension qu'en ont les dirigeants d'entreprise. En 2012, dans un sondage Léger Marketing réalisé pour Microsoft auprès de 700 firmes, seulement 29 % des répondants affirmaient l'utiliser. «Mais une autre tranche de 19 % s'en servait, sans le savoir !» explique John Weigelt, directeur national de la technologie chez Microsoft Canada.


La firme spécialisée en gestion des ressources humaines Tandem RH observe cette situation chez des clients qui utilisent l'impartition des paies. «Les employés gèrent en ligne leurs informations, hébergées sur un serveur externe. C'est de l'infonuagique, mais plusieurs l'ignorent !» illustre le directeur ventes et réseau de distribution, Dominic Lachapelle.


Les dirigeants ont tendance à surestimer les risques et à minimiser les avantages. Selon une étude de Telus et d'IDC Canada, ils comprennent mal la valeur commerciale des services infonuagiques et peinent à déterminer les aspects sur lesquels ils devraient centrer leurs décisions.


1 Élargir la réflexion


«La réflexion ne doit pas se limiter à votre service d'informatique», lance John Weigelt. En effet, l'infonuagique permet de démocratiser l'innovation technologique.


«Les dirigeants des ressources humaines, des ventes ou des finances peuvent tout aussi bien décider de s'abonner à un service infonuagique, que ce soit pour gérer les heures de travail, l'offre de services par Internet ou le paiement des employés», estime Benoît Simard, vice-président marketing affaires chez Telus.


2 Évaluer les coûts


Il ne s'agit pas non plus de simplement «comparer le coût d'achat de vos serveurs avec les frais d'abonnement au service d'infonuagique», prévient Hugo Boutet, président d'Oriso Solutions (iGOvirtual).


Selon lui, les entreprises sous-estiment le coût du fonctionnement traditionnel des TI, en omettant l'entretien et les pertes de productivité dues aux pannes, aux outils obsolètes et à l'absence d'accès mobile.


Il donne l'exemple d'un de ses clients, une entreprise de ventilation et réfrigération, qui renouvelait ses serveurs tous les trois ans. «Maintenant, tout ce qu'elle a à faire, c'est activer ou désactiver des utilisateurs et des services pour bénéficier de l'infrastructure, des licences et du soutien technique.»


3 Cibler ses besoins


Quels sont vos besoins ? Voulez-vous simplement une solution de messagerie, de collaboration sur des documents ou un accès mobile sécurisé ? Ou souhaitez-vous aller plus loin : virtualiser l'ensemble de vos opérations et ne plus avoir de serveurs dans vos locaux ?


En infonuagique, oubliez le «tout ou rien». On peut conserver une partie de ses données et activités sur ses serveurs et délocaliser le reste.


Chez Air Lingus, une compagnie aérienne irlandaise, la carte des destinations, affichée sur leur site, est hébergée en infonuagique, mais l'achat de billets se fait sur les serveurs locaux. Cela lui permet de mieux gérer ses besoins en bande passante, tout en conservant les données personnelles des clients sur ses propres serveurs.


Mathieu Halle, directeur général d'Écritel, un fournisseur d'hébergement Internet et d'impartition, conseille de démarrer avec ce qui ne touche pas le coeur de l'entreprise.


«Gardez ce qui concerne la production de vos services ou produits, mais externalisez la messagerie, la gestion des clients (CRM), la comptabilité ou la paie», explique-t-il. Par exemple, Tandem RH offre l'utilisation de ses logiciels en mode infonuagique, mais conserve chez elle tout ce qui concerne leur conception.


4 Trouver le bon fournisseur


«Beaucoup de nouveaux acteurs apparaissent en infonuagique, il faut être prudent», prévient Hugo Boutet. Certains sont moins fiables que d'autres et offrent des politiques de sécurité douteuses, d'autres risquent de disparaître aussi rapidement qu'ils sont apparus.


Avant d'opter pour un fournisseur, il faut tout connaître de lui. Est-il en affaires depuis longtemps ? Qui le dirige et le finance ? Où héberge-t-il les données ? Fait-il affaire avec des sous-traitants ? Quelles sont ses politiques de confidentialité et de sécurité ? Comment gère-t-il l'accès de ses employés à nos données ?


Plusieurs firmes, comme Écritel, permettent de visiter leurs installations ou donnent accès aux rapports d'auditeurs externes. Cela permet de vérifier que le fournisseur répond aux normes les plus élevées, comme ISO 270001, SSAE 16, SAS 70 ou SOX.


Chez Microsoft, les plateformes Office 365 et Azure font l'objet d'engagements clairs sur leurs sites consacrés à la gestion de la confidentialité (Trust Center). Le nouveau centre de données Telus de Rimouski, inauguré en décembre 2012, est certifié Tier III par l'Uptime Institute. «Il faut s'assurer de démêler tout cela et de bien comprendre les assurances offertes par le fournisseur», dit Mathieu Halle.

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