Les petites minières lancent un cri d'alarme

Publié le 06/03/2013 à 06:52, mis à jour le 06/03/2013 à 07:08

Les petites minières lancent un cri d'alarme

Publié le 06/03/2013 à 06:52, mis à jour le 06/03/2013 à 07:08

Par Suzanne Dansereau

Les petites sociétés minières sont au bord du gouffre financier. Photo: Bloomberg

L’annonce d’un financement de 20 M$ pour Canada Lithium était une des rares bonnes nouvelles pour le Québec lors du congrès annuel de l’Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs miniers (PDAC).


Mais au lendemain de cette annonce, la minière a dû envoyer un rectificatif: son financement ne serait finalement que de 13M$. La direction ne voulait pas abaisser davantage le prix d'émission, fixé à 73 cents par action. Elle s’est donc résignée à recueillir que 65% de son objectif de financement.


Ce développement témoigne des difficultés qu’éprouvent actuellement les sociétés d’exploration québécoises à se trouver du financement.


Même celles qui ont un projet très avancé – Canada lithium doit démarrer sa mine Québec Lithium le mois prochain – et un minerai en demande croissante, comme le lithium, en sont les victimes.


«Les investisseurs n’ont plus d’intérêt pour les juniors», lance Michael Rosevetti, vice-président exploration de Golden Valley Mines, une petite société établie en Abitibi, rencontré à son kiosque au PDAC.


Les grandes minières comme la canadienne Barrick Gold ont fait des radiations, d’autres, comme Arcelor Mittal ou Rio Tinto, se délestent de leurs activités pour alléger leurs dettes, ou d’autres encore réduisent leurs budgets d’exploration à l’instar d’Iamgold. « Tout cela se répercute sur les petites sociétés, explique M. Rosevetti. Déçus par les majors, les investisseurs boudent aussi les juniors.»


Dissiper l'incertitude


Quand on ajoute à cela la chasse aux redevances du gouvernement Marois à Québec, la conjoncture devient carrément négative pour les sociétés d’exploration actives sur le territoire, estime Valérie Filion, directrice générale de l’Association de l’exploration minière du Québec.


«Il faut réduire l’incertitude le plus vite possible afin que l’on puisse savoir à quoi s’en tenir et mieux planifier nos projets», plaide de son côté Charles Taschereau, président et chef de l’exploitation de Canada Lithium.


Lisez Redevances: Martine Ouellet vise un revenu minimum, mais reste vague sur la façon de l'établir


Lors de cette 81eme édition de PDAC, il n’y a pas seulement celles qui dans leur kiosque peu fréquenté se demandent si elles vont avoir assez d’encaisse pour poursuivre leurs activités en 2014. Il y a aussi celles qui ne se sont tout simplement pas pointé le nez au congrès, dont l’un des buts est de permettre aux minières de rencontrer des investisseurs venus de partout dans le monde. Au coût de 100000$ pour un kiosque, et quelques milliers de plus pour le séjour dans la Ville-Reine, plusieurs petites sociétés vues à PDAC en 2012 ont dû évaluer qu’elles n’en avaient plus les moyens en 2013 et ont brillé par leur absence.


 


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