Hydro-Québec a le solaire dans sa ligne de mire

Offert par Les Affaires


Édition du 08 Septembre 2018

Hydro-Québec a le solaire dans sa ligne de mire

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Édition du 08 Septembre 2018

Par Alain McKenna

Pour Hydro-Québec, une technologie décentralisée comme le solaire permet d’étirer les limites imposées par ses barrages. [Photo : 123RF]

Depuis quelques années, les études se suivent et se ressemblent : produire de l'électricité à partir des rayons du soleil est de plus en plus abordable. Selon les prévisions, le coût du solaire égalera celui de l'hydroélectricité en 2024. Mais tout est sous contrôle : Hydro-Québec a un plan.


« Le Québec n'a pas les mêmes enjeux énergétiques que d'autres régions du monde, mais on voit quand même l'émergence du solaire d'un bon oeil », dit Louis-Olivier Batty, porte-parole de la société d'État.


À preuve, dit-il, l'annonce à la mi-août de la création d'une centrale solaire, d'une capacité de 10 mégawatts, sur la rive sud de Montréal. Ce sera la deuxième aventure d'Hydro-Québec dans ce créneau, après la centrale de Quaqtaq, dans le nord de la province.


« Notre objectif est d'avoir une production solaire de 100 mégawatts, mais nous ne voulons pas tout faire d'un coup. Cette première étape nous aidera à mieux comprendre les coûts, la complexité, la performance en hiver... », poursuit M. Batty.


Pour Hydro-Québec, une technologie décentralisée comme le solaire permet d'étirer les limites imposées par ses barrages : elle pourrait remplacer ses centrales hors réseau fonctionnant au mazout, d'une part, et ouvrir les vannes de l'autoproduction, que ce soit à l'échelle résidentielle ou industrielle.


« L'autoproduction est vraiment en train de décoller. Nous comptions 200 producteurs d'énergie solaire au Québec au début de l'année. À mi-chemin de 2018, nous en avons plus de 600 ! » En conséquence, la société d'État va donc amorcer au fil des prochains mois une vaste réflexion sur le rôle de l'énergie solaire dans son modèle de production d'électricité. Inversement, le rôle d'Hydro-Québec par rapport à ce marché émergent sera aussi mieux défini.


Les craintes que la production des sources d'énergie décentralisées comme celles-ci soit assurée à l'aide de composants produits à l'étranger plutôt que par l'infrastructure québécoise feront partie des questions auxquelles la société d'État compte bien répondre. Plusieurs organismes, dont Équiterre et certains syndicats, craignent que l'autoproduction n'entraîne des pertes d'emplois dans la province.


« Le solaire n'est pas encore rentable au Québec, mais il est en pleine expansion ailleurs dans le monde. On doit au moins se préparer au jour où ce sera rentable d'en produire ici aussi », conclut le porte-parole d'Hydro-Québec.


Le soleil brille dans le monde


Hydro-Québec n'est pas la seule grande institution québécoise à avoir le soleil à l'oeil. En juillet dernier, la Caisse de dépôt et placement du Québec a annoncé une aide financière de 150 millions de dollars au producteur britannique ContourGlobal, pour l'aider à acquérir cinq centrales solaires espagnoles, ajoutant une capacité de 250 mégawatts à son offre.


« Ça fait plus que tripler sa capacité solaire », notait Marc Cormier, premier vice-président, revenu fixe, à la Caisse, par communiqué. « Et nous contribuons à la transition mondiale vers une énergie propre. »


La société Énergir, anciennement Gaz Métro, voit elle aussi un potentiel d'expansion internationale dans l'énergie solaire. Le producteur de gaz naturel peut ainsi diversifier son offre, chose particulièrement apparente aux États-Unis, puisque l'entreprise montréalaise est présente dans une quinzaine d'États américains.


En plus de la capacité de 30 mégawatts solaires qu'elle possédait déjà au Vermont, Énergir a mis la main, l'année dernière, sur Standard Solar, un des plus importants spécialistes du financement et de l'installation d'infrastructures solaires au pays de l'oncle Sam. Cette acquisition, au coût de 17 M$ US, permet à l'entreprise de mieux se positionner dans un marché dont la taille devrait décupler au cours des 20 prochaines années. Le solaire devrait passer de 2 % à 29 % du cocktail énergétique total aux États-Unis d'ici 2040, selon Bloomberg.


En prime, Énergir pourra proposer un modèle mixte aux États-Unis, en combinant les ventes de gaz naturel à celle de l'énergie solaire. Sophie Brochu, PDG d'Énergir, expliquait l'été dernier par voie de communiqué : « On se positionne vraiment pour profiter de la croissance anticipée de cette industrie, un des secteurs qui grandit le plus rapidement aux États-Unis. »


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