Se plonger dans le bain de l’éco-conception

Publié le 27/12/2010 à 09:48, mis à jour le 22/12/2010 à 14:46

Se plonger dans le bain de l’éco-conception

Publié le 27/12/2010 à 09:48, mis à jour le 22/12/2010 à 14:46

Par Pierre Vallée

L’éco-conception est devenue l’approche privilégiée par l’entreprise BainUltra, de Saint-Nicholas, qui fabrique des bains thérapeutiques et thermomasseurs à jets d’air.


Ces baignoires utilisent des jets d’air qui sont soufflés dans l’eau grâce à l’action d’une turbine. Le diagnostic d’éco-conception indiquait que l’amélioration à apporter en premier se situait de ce côté.


« Nous avons décidé de revoir le design de la turbine. Nous avons conservé le même moteur mais repensé tout l’habillage autour. Une grande partie de nos efforts a été consacrée à optimiser le flux d’air. Une fois ceci accompli, nous avons été en mesure de réduire la vitesse du moteur, ce qui s’est traduit par une économie d’énergie », raconte Jean-Guy Turmel, directeur du développement viable chez BainUltra


Comme le moteur tourne moins vite, il est moins bruyant, ce qui a permis à l’entreprise d’éliminer la double coquille qui servait uniquement à contenir le bruit. De plus, comme il tourne plus lentement, les pièces mobiles, comme les roulements à billes et les brosses, s’usent moins, ce qui réduit les appels de service.


La firme a aussi choisi d’intégrer certaines pièces, comme le support du moteur, directement à la coquille du bain. « Comme ces pièces sont maintenant moulées, cela nous a donné un gain de productivité, car nous n’avons plus à les visser pour les fixer à la coquille. »

Des gains réinvestis dans la R et D

Résultat net de cette opération : une turbine qui consomme 15% moins d’électricité et une réduction de 30% des matières premières, dont le plastique, nécessaires à sa fabrication.


« L’entreprise réalise des gains, puisqu’il y a une réduction des coûts et une augmentation de la productivité. Le client économise lui aussi parce qu’il consomme moins d’énergie lorsqu’il met la baignoire en fonction. En plus, il y a des gains environnementaux.»


BainUltra a aussi procédé, en collaboration avec le Centre québécois de développement durable, à une analyse du cycle de vie de ses produits. « L’analyse du cycle de vie était un concept que nous connaissions mal. Cet exercice nous a permis de découvrir que 96% des émissions de gaz à effet de serre de nos produits se produisent chez le client, d’où l’importance de mettre sur le marché les produits les plus écologiques possible. »


Les gains financiers réalisés grâce à l’éco-conception sont réinvestis dans l’entreprise, notamment en R et D, ce qui permet à l’entreprise de mettre sur le marché de nouveaux produits plus verts.


« Nos baignoires sont conçues pour durer très longtemps et lorsqu’un client décide de changer de baignoire, ce n’est pas parce qu’elle ne fonctionne plus, mais plutôt pour des considérations esthétiques. »


Pour répondre à ce besoin, l’entreprise a introduit un nouveau concept, Morphosys, qui permet de conserver la baignoire tout en modifiant son habillage. « Une autre façon de répondre à la demande toujours croissante des clients pour des produits écologiques. »


Virage charnière


Si l’éco-conception est une démarche relativement récente, la prise de conscience environnementale remonte à quelques années. « Déjà en 2004, nous avions participé à plusieurs rencontres portant sur l’écologie industrielle, dit M. Turmel. Cela nous a permis d’instaurer une gestion environnementale au sein de l’entreprise et de mettre en place des techniques permettant de réduire nos rejets tant atmosphériques que solides. Nous avons aussi fait le choix de fabriquer la coque de nos baignoires avec de la résine à faible émission de composés organiques volatils. »


Deux ans plus tard, comme elle le fait régulièrement, l’entreprise a revu sa planification stratégique. C’est donc le moment tout désigné pour pousser plus loin la réflexion écologique. « Ce fut un virage charnière pour nous. Nous avons alors compris que l’intégration du développement durable à nos pratiques était une façon d’assurer la pérennité de l’entreprise. »


L’année suivante, en 2007, BainUltra a profité de l’offre de l’Institut de développement de produits, dont elle est membre, pour procèder à un diagnostic d’éco-conception. « Cela nous a donné une image près précise de l’empreinte environnementale de nos produits et de nos procédés », conclut M. Turmel.

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