L’industrie papetière diversifie l’utilisation de la plantation forestière brésilienne

Publié le 18/11/2015 à 00:01

L’industrie papetière diversifie l’utilisation de la plantation forestière brésilienne

Publié le 18/11/2015 à 00:01

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Au Brésil, un hectare produit 39 mètres cubes de fibre courte d’eucalyptus sur un cycle de six ans. Le Chili arrive en deuxième position dans ce classement. En effet, ce pays produit environ vingt mètres cubes par hectare, mais le cycle de croissance d’un


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Par Paulo Vasconcellos, Valor Economico (Brésil)


PROCÉDÉS DURABLES – L’industrie papetière et de la cellulose brésilienne se présente comme une île d’excellence du pays, bien au-delà de la performance économique qui a permis au secteur à être responsable de la moitié de l’excédent des 10,5 milliards de dollars de la balance commerciale des neuf premiers mois de l’année.


Le Brésil est le plus grand producteur mondial de cellulose de fibre courte et le neuvième producteur de papier, mais il se démarque dans ce classement en raison de la durabilité des plantations forestières et de la transformation du bois avec un faible coût de production et un indice élevé de productivité.


La préoccupation pour préserver la diversité biologique, le défi d’un cycle de production propre poussant les entreprises à rechercher l’autosuffisance énergétique, et utiliser des sources renouvelables aident à assurer un bilan environnemental équilibré. Les effets ont des impacts sociaux.


La diversification de l’utilisation économique de la plantation forestière et l’implication de petits producteurs – via des programmes de partenariats – permettent de créer des emplois et de générer des revenus, de moderniser les relations de travail et d’amplifier le partage de connaissances.


Le plus grand stock de carbone dans le monde


Les chiffres sont exemplaires, aussi bien en matière économique et sociale et environnementales. L’industrie papetière et de la cellulose représente 5,5 % du PIB industriel brésilien et crée 4,2 millions d’emplois. Les 7,74 millions d’hectares d’arbres plantés dans le pays ont produit l’année dernière 1,69 milliard de tonnes de dioxyde de carbone (tCO2).


D’après l’Industrie brésilienne des arbres (IBÁ), qui représente le secteur, le Brésil dispose à lui seul du plus grand stock de carbone du monde, avec 12 % des forêts de la planète. Soixante-cinq pour cent de chaque hectare sur lequel des arbres sont plantés pour des fins industrielles sont consacrés à la préservation, par rapport à seulement 7 % à l’agriculture. D’après l’IBÁ, le secteur compte 5,8 millions d’hectares de zones récupérées.


« L’aide de ce secteur dans la récupération des zones de la forêt atlantique a été considérable. Il s’est déjà occupé d’une zone défrichée », affirme Mauro Armelin, responsable de conservation de WWF Brasil, la section brésilienne du réseau environnemental mondial. Cet effort est considérable compte tenu de la perte de couverture végétale dans le monde. En 1990, la Terre comptait 4 128 millions d’hectares de forêt. En 2015, elle n’en compte plus que 3 999 millions.


Les espaces verts, qui occupaient 31,6 % de la surface terrestre en 1990, ne représentent plus que 30,6 % en 2015, d’après l’étude « Global Forest Resources Assessment 2015 – How are the world’s forest changing ? » de l’Organisation des Nations Unies (ONU). « Si l’élevage adoptait le standard de l’industrie papetière et de la cellulose, la situation en l’Amazonie serait considérablement améliorée », dit Mauro Armelin.


« Le Brésil est le premier pays du monde en termes d’expertise dans l’industrie papetière et de la cellulose. Il s’agit de durabilité économique et sociale », déclare Elizabeth Carvalhaes, Présidente de l’IBÁ, qui représente 61 entreprises et neuf entités étatiques de produits issus de l’exploitation de plantation forestière.


L’analyse d’Elizabeth Carvalhaes sur l’excellence repose sur une base. Au Brésil, un hectare produit 39 mètres cubes de fibre courte d’eucalyptus sur un cycle de six ans. Le Chili arrive en deuxième position dans ce classement. En effet, ce pays produit environ vingt mètres cubes par hectare, mais le cycle de croissance d’un arbre est d’environ 20 ans, d’après le rapport « Papel e Celulose » du Département de recherches et études économiques de la banque Banco Bradesco, paru en septembre.


Un cycle de 35 à 40 ans en Suède


Du côté de la Suède et la Finlande, il faut compter entre 35 et 40 ans pour que la plantation se développe. Par ailleurs, la productivité par hectare n’est que de sept mètres cubes.


Fíbria, qui produit 5,3 millions de tonnes annuelles de cellulose et de papier dans quatre unités industrielles ayant généré des revenus de 7 084 milliards de réais en 2014, a mis au point, l’année dernière, un plan de risque de maladies pouvant affecter l’eucalyptus, ainsi que des actions d’approche des forêts afin d’éviter, par exemple, l’érosion due aux inondations.


L’entreprise développe des espèces pouvant supporter des climats extrêmes dans toutes ses unités. Des outils technologiques accompagnent à chaque seconde la croissance de la plantation à travers le bilan carbone et la mesure de l’efficacité dans l’utilisation de l’eau et de l’énergie. L’entreprise analyse en outre sa vulnérabilité aux changements climatiques, du point de vue de toute la chaîne de valeur et adopte le principe de la précaution dans la gestion et le fonctionnement d’activités industrielles et forestières.


La réutilisation de l’eau, l’élaboration d’inventaires d’émission de gaz à effet de serre, axée sur l’empreinte carbonique de la cellulose et les pratiques conservatrices dans la construction de routes, et la résilience dans la construction de ponts font partie des mesures adoptées par l’entreprise.


« Le Brésil est le premier pays du monde en termes d’expertise dans l’industrie papetière et de la cellulose. Il s’agit de durabilité économique et sociale », dit Elizabeth Carvalhaes, de l’Industrie brésilienne des arbres.

Plusieurs investissements


Suzano, qui intervient sur 897 000 hectares de zones forestières et dans six unités industrielles (et ayant enregistré des revenus de 7,3 milliards de réais en 2014), s’est lancée, via la filiale Futura-Gene, dans la mise à disposition à usage commercial d’une variété d’eucalyptus génétiquement modifié. Cette variété permettrait d’augmenter la productivité et de réduire les émissions de gaz carbonique.


Dans l’usine d’Imperatriz, à Maranhão, dans la région nord-est, un système permet d’utiliser la boue primaire de la chaudière de biomasse comme combustible de remplacement. Depuis l’année dernière, des conseils communautaires de l’entreprise stimulent le développement local, tout en favorisant la formation professionnelle.


Une partie des 5,8 milliards de réais investis par Klabin dans la nouvelle usine de cellulose d’Ortigueira, au Paraná, dans la région sud-est et qui sera inaugurée l’année prochaine avec une capacité de production d’1,5 million de tonnes, est réservée à une usine thermique propre qui assurera la durabilité énergétique de tout le groupe.


L’entreprise, qui dispose d’une surface de plantation de plus de 239 mille hectares et d’une capacité de production de 3,5 millions de tonnes de papier et de cellulose dans 14 unités industrielles au Brésil et une en Argentine, a déjà réduit à un quart la consommation en combustibles fossiles dans la génération de vapeur pour la cuisson du bois. Des processus de réutilisation et de circuit fermé d’eau ont réduit de moitié la consommation de la ressource.


L’entreprise, dont les revenus étaient de 4,89 milliards de réais l’année dernière, favorise également l’innovation afin d’augmenter la productivité de la forêt.


La plantation en mosaïques, dont une partie des espaces est occupée par les plantations forestières et une autre par la végétation d’origine, préserve les zones à proximité des fleuves, contribuant ainsi à la création d’un microclimat pour la conservation des ressources hydriques. Dans le centre de recherche, 70 experts développent 2 000 croisements par an afin d’obtenir des espèces hybrides plus résistantes et productives. « Nous essayons sans cesse de terminer le cycle pour un processus toujours plus durable », déclare Francisco Razzolini, directeur de Projets et de Technologie de Klabin.


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