Le génie biomédical ouvre des marchés

Publié le 08/10/2011 à 00:00, mis à jour le 07/10/2011 à 09:03

Le génie biomédical ouvre des marchés

Publié le 08/10/2011 à 00:00, mis à jour le 07/10/2011 à 09:03

"Notre premier client a été Pratt & Whitney. Mais très vite, nous nous sommes rendu compte que les perspectives étaient bien plus grandes dans le domaine biomédical", dit Normand Mongeau, d'ORS. [Photo : Gilles Delisle]

Le génie biomédical est en plein essor et attire de plus en plus les entreprises de génie. "C'est une tendance lourde car, en raison du vieillissement de la population, les besoins en soins augmentent et on compte sur les nouvelles technologies pour réduire le coût des dépenses de santé", estime Pierre Savard, directeur de l'Institut de génie biomédical. Il constate que ce secteur d'activité est l'un des rares, pour le moment, à ne pas être soumis à un rythme cyclique.


ORS veut profiter de la vague. Au départ, elle pensait travailler pour l'industrie du génie avant de s'apercevoir que son logiciel pourrait être très apprécié dans le domaine de l'imagerie médicale. Sept ans après la crétion de l'entreprise, le logiciel ORS Visual équipe certains services des hôpitaux et des laboratoires de recherche au Québec et dans le reste du monde.


Dans cette petite entreprise installée dans le Vieux-Montréal, c'est le pdg par intérim qui répond au téléphone. "On n'est pas très nombreux, alors on fait tous un peu de tout", s'excuse presque Normand Mongeau.


Pourtant, les sept employés d'ORS, qui se partagent les responsabilités et qui sont expérimentés dans les domaines de l'imagerie scientifique, de la physique appliquée et de la gestion des technologies de l'information, ont développé un logiciel d'imagerie médicale en 2D, 3D et 4D certifié par Santé Canada et la très rigoureuse Food and Drug Administration (FDA) américaine.


Des contrats à l'international


Le logiciel ORS Visual, vendu de 1 000 à 5 000 $ en fonction de la version et de l'abonnement aux mises à niveau, apporte une aide au diagnostic en permettant aux médecins de regarder, d'analyser et de manipuler des images en plusieurs dimensions issues de scanners ou d'imagerie par résonance magnétique (IRM), par exemple.


Il est utilisé par le Département de radiologie du Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM) ainsi que par deux de ses laboratoires de recherche : le Laboratoire centralisé du traitement de l'image (LCTI) et le Laboratoire de recherche en imagerie et orthopédie (LIO).


À part ça, "la plupart de nos contrats sont à l'international", explique M. Mongeau. La petite équipe a ainsi réussi, entre 2010 et 2011, à signer des accords de distribution dans divers pays, comme l'Australie, le Japon ou le Brésil.


"Notre premier client a été Pratt & Whitney. Mais très vite, nous nous sommes rendu compte que les perspectives étaient bien plus grandes dans le domaine biomédical. Alors, nous avons réorienté notre produit pour ce marché", poursuit celui qui est également le vice-président production de l'entreprise.


Dans ce marché, le logiciel peut aussi bien intéresser les cliniciens que les chercheurs. Le plan d'affaires d'ORS ne prévoit pas, à court terme, de développer de nouveaux produits, mais plutôt de "capitaliser sur la demande pour notre logiciel et de faire croître la société", explique M. Mongeau.


L'avenir du côté des pays émergents


L'entreprise lorgne le marché des pays émergents, où la demande est forte et les besoins non comblés, contrairement au Québec où, selon le dirigeant, il est plus difficile de percer, car le marché est saturé. ORS cherchera de nouveaux clients en Europe et dans les pays du BRIC. Première étape : lancer la procédure de certification européenne, préalable à la commercialisation.


Les États-Unis ne sont pas dans la mire de la PME pour l'instant. "Depuis que le président Obama a mis en place la généralisation des dossiers médicaux informatisés, il y a moins de budgets pour l'imagerie, et la récession n'aide pas", dit M. Mongeau. Sans toutefois abandonner ce marché, ORS privilégiera à court terme des pays plus éloignés, mais où la demande est plus forte.


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