Repenser la formule des modèles d'entreprise

Offert par Les Affaires


Édition du 31 Janvier 2015

Repenser la formule des modèles d'entreprise

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Édition du 31 Janvier 2015

Les incubateurs et les accélérateurs fleurissent au Québec. Si leurs résultats ne sont pas démontrés, leur valeur ajoutée semble incontestable quels que soient les modèles adoptés. Une effervescence qui a ses avantages et ses dérives.


Cliquez ici pour consulter le dossier : Accélérateurs et incubateurs


Accélérateur ou incubateur ?


Le mot «jungle» revient souvent pour décrire le monde des incubateurs et des accélérateurs au Québec. Même leurs définitions et encore plus le nom «incubateur» font débat. Un incubateur, qu’on pourrait aussi appeler une couveuse ou, comme en France une pépinière d’entreprises, le terme «incubateur» paraissant souvent trop infantilisant aux entrepreneurs québécois, est censé donner un appui à des entreprises en pré-démarrage et démarrage pour leur donner plus de chance d’assurer leur pérennité.


L’accélérateur s’adresserait plutôt à des entreprises à fort potentiel et dont le marché a été confirmé. Son but serait alors de les aider à augmenter leur production et à pousser plus loin l’innovation. Les accélérateurs vont généralement avec un capital de risque associé.


Si on comptait officiellement une quarantaine d’incubateurs et d’accélérateurs dans la province il y a quelques années, leur nombre a augmenté avec l’entrée dans la danse des universités mais aussi d’initiatives privées, comme l’incubateur de la Maison des entrepreneurs, Ignition, ainsi que des communautés d’entrepreneurs.


Les municipalités et organismes parapublics ne sont pas en reste, ce qui peut poser des problèmes de redondance. «Chaque MRC ne peut pas avoir son incubateur ou son accélérateur, ça coûte trop cher. Il faudrait donc plus de concertation pour faire des structures aterritoriales », estime Renée Courchesne, directrice générale du Centre d’aide aux entreprises (CAE) Rive-Nord.


De nouvelles formules


Certains organismes ont conservé le concept initial qui consistait en la location d’espaces de bureaux à des tarifs moindres afin d’héberger des entreprises en démarrage partageant certains outils tels que les photocopieurs et télécopieurs, ainsi que des postes administratifs. Une formule qui donne un coup de pouce aux entrepreneurs en général pour trois ans maximum.


Depuis plusieurs années, d’autres modèles émergent. Si le paysage peut paraître confus tant les initiatives sont diverses et nombreuses, les solutions ne sont pas inintéressantes. Ainsi Olivier Germain, professeur de management et d’entrepreneuriat à l’École des sciences de la gestion (ESG) de l’UQAM, observe l’ajout dans certaines structures «d’un accompagnement plus personnel avec de l’aide pour élaborer un plan d’affaires, préciser le concept de l’entreprise, etc.»


Un niveau supérieur est même apparu avec des services spécialisés, des activités de réseautage, des connexions avec des fonds d’investissement et un accompagnement par des comités aviseurs chargés d’aider les entreprises tout au long de leur démarrage. Dans ce cas, il n’est pas systématique que des locaux soient proposés à la location. Ce sont des structures légères qui conviennent peut-être mieux aux jeunes générations, relève Olivier Germain, car « elles n’ont pas forcément envie de se plier à des activités organisées mais ont néanmoins besoin du collectif, d’être en réseau, veulent une socialisation plus productive.»


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