Prêts problématiques: la Laurentienne «n’est pas encore tirée d’affaire»

Publié le 30/05/2018 à 12:06

Prêts problématiques: la Laurentienne «n’est pas encore tirée d’affaire»

Publié le 30/05/2018 à 12:06

Par Stéphane Rolland

La Banque Laurentienne (LB) n’a pas encore mis l’affaire des prêts problématiques complètement derrière elle. Le jour où l’institution financière ferme le dossier des prêts vendus à un tiers, elle a dévoilé d’autres informations liées aux prêts assurés par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). Les investisseurs ont réagi négativement : le titre perd plus de 5% en avant-midi. 


Après la fermeture mardi, la banque régionale montréalaise a annoncé que l’audit sur les prêts problématiques vendus à un tiers (dévoilés en décembre dernier) était maintenant complété. Elle a confirmé qu’elle devra racheter l’équivalent de 295 M$ en prêts vendus à un tiers. C’est 9 M$ de moins que précédemment estimé. De ces prêts, 70% viennent du réseau de succursales et 30% de la filiale B2B.


Par contre, l’étendue des prêts problématiques assurés par la SCHL est plus grande que prévu. En raison d’ «erreurs cléricales», l’organisme gouvernemental aurait assuré des prêts qui n’étaient pas admissibles. La Laurentienne estime maintenant qu’elle devra racheter entre 213 et 238 M$ en prêts à cause de cette erreur. Cela représente entre 125 M$ et 150M$ de plus que la précédente estimation de 88 M$. Ce chiffre sera confirmé à la fin de l’audit qui devrait être terminé d’ici la fin de l’exercice 2018 (31 octobre prochain).


En conférence avec les analystes, le PDG de la Laurentienne, François Desjardins, a dit que ce développement était positif. «Je suis satisfait des progrès que nous avons réalisés, même si tout n’est pas terminé, a-t-il déclaré. Nous pensons que les apprentissages tirés de cette expérience vont nous aider à mieux gérer notre entreprise.»


Le banquier a fait un lien avec son plan de transformation «qui ne vise pas seulement à réduire les coûts, mais à améliorer les processus». «Ça démontre que nous devons éliminer les erreurs humaines des processus (avec le développement de technologie)», commente M. Desjardins, en réponse à un analyste.


Pour sa part, Gabriel Dechaine, de Financière Banque Nationale, ne voit pas l’annonce sous un angle positif. La Laurentienne «n’est pas encore tirée d’affaire», selon lui. « Nous sommes consternés de voir encore un nombre matériel de prêts qui devront être remboursés.»


La direction a réitéré que les prêts problématiques concernés n’étaient pas de mauvais prêts et que leur rachat n’aurait pas de conséquences négatives sur la Laurentienne. Par contre, M. Dechaine s’inquiète des répercussions indirectes. L’analyste pense que les marges sont à risque si les coûts de financement augmentent. Les investissements nécessaires pour éviter que l’erreur ne se reproduise pourraient entraîner des coûts supplémentaires. La direction pourrait aussi devoir renoncer à certaines avenues de croissance en raison de cette affaire, craint l’analyste.


Comme son collègue cité plus haut, Robert Sedran, de CIBC Marchés des mondiaux, n’est pas inquiet des implications directes de l’affaire, mais ils appréhendent les répercussions opérationnelles. Peu importe les résultats de la banque, l’histoire sera une distraction pour les investisseurs. Pour cette raison, il pense que l’action méritera de s’échanger sous sa valeur comptable (ce qui représenterait une aubaine, en théorie). Il abaisse ainsi sa recommandation de «performance de secteur » à « souperformance ». Il abaisse sa cible de 55$ à 49$. Cela représente un multiple de 0,9 fois la valeur comptable.


La Laurentienne doit dévoiler ses résultats du deuxième trimestre 2018, vendredi.


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