Les dépenses de la SAQ en marketing choquent. À tort...

Publié le 08/09/2017 à 12:12

Les dépenses de la SAQ en marketing choquent. À tort...

Publié le 08/09/2017 à 12:12

Sans marketing, la SAQ serait en péril... Photo: DR

L’annonce d’une succursale laboratoire développée par l'agence Sid Lee pour la Société des alcools du Québec (SAQ) a provoqué une montée de lait chez le chroniqueur financier Pierre-Yves McSween. Au micro de Paul Arcand cette semaine, celui-ci s’interrogeait sur la pertinence de dépenser autant d’argent en marketing, considérant la situation monopolistique de la Société.


Mais pourquoi, diable, un monopole chercherait-il à fidéliser ses clients? J’avais moi-même, en 2015, soulevé le malaise que génèrerait la démesure des aspirations marketing de la SAQ lors du lancement de la carte «Inspire».


Il ne faut cependant pas s’étonner que nos sociétés d’État dépensent de l’argent public à cette fin. Au-delà de la pure logique commerciale, c’est leur survie comme institution publique qui est en jeu...


Pourquoi la SAQ investit en marketing


Investir en marketing permet à la SAQ de développer une marque forte, de proposer une excellente expérience client et une offre de plus en plus personnalisée au consommateur.


Sans marketing, il serait difficile de positionner le vin comme un produit haut de gamme, ce qui se ressent directement à la caisse : dans plusieurs coins du monde, le vin est une commodité; ici, c’est un luxe.


Si la SAQ a pu enregistrer un résultat net en hausse de 1,8% pour l'exercice 2016-2017, à près de 1,1 milliard de dollars, c'est notamment en raison de ses efforts marketing, lesquels justifient ses prix élevés. Et sans cette contribution significative au Trésor public, le statut de monopole de la SAQ serait inévitablement remis en question.


Le marketing constitue, donc, LA clé de survie pour la société d’État.


Un équilibre fragile


Au printemps dernier, un sondage Crop-La Presse montrait que 55% des Québécois étaient favorables à la privatisation de la SAQ. Ce qui s'expliquait en grande partie par le fait que ses prix élevés avaient ébranlé la perception de «valeur globale» de la marque chez bien des consommateurs.


La Société s'est alors vite ajustée. Ses prix ont baissé et l'expérience client ne cesse depuis de s'améliorer. Sage décision.


C'est que l’équilibre entre le bien-être collectif et l’intérêt individuel est toujours fragile. Et dans le cas de la SAQ, c’est le marketing qui en est le balancier!


 

À propos de ce blogue

Stéphanie Kennan est présidente de Bang Marketing, une agence de branding et de marketing Web située à Montréal. Elle travaille auprès des PME québécoises depuis 1998 et se spécialise en marketing B2B. Stéphanie Kennan est également auteure du livre Mon site web chez le psy publié aux Éditions Transcontinental.

Stéphanie Kennan

Sur le même sujet

Guide de survie pour réussir votre plan marketing annuel

31/10/2017 | Stéphanie Kennan

BLOGUE INVITÉ. Parfois, vos idées marketing peuvent paraître déplacées au bureau. Mais, vous pouvez corriger le tir...

Les Canadiens haïssent le marketing de contenu en ligne!

24/10/2017 | Olivier Schmouker

C'est ce que révèle l'étude «Perceptions des consommateurs sur la publicité 2017»...

Blogues similaires

La relance de la mine du Lac Bloom confirme la vitalité du Plan Nord

Édition du 25 Novembre 2017 | René Vézina

CHRONIQUE. Au départ, on avait peine à y croire, mais les sceptiques ont été confondus. Le mercredi 15 novembre ...

Le marketing responsable? Désolée, c'est raté.

Mis à jour le 22/11/2017 | Diane Bérard

BLOGUE. La consommation responsable stagne au Québec. Il faut blâmer un marketing déficient et le manque d'innovations.

La fin de ce blogue, une occasion de rebondir

Mis à jour le 06/03/2017 | Julien Brault

BLOGUE INVITÉ. Je pourrai découvrir de nouvelles occasions d'affaires. C'est ainsi que prospèrent les start-ups.