Ministre des finances et de la culture

Publié le 19/10/2012 à 10:33

Ministre des finances et de la culture

Publié le 19/10/2012 à 10:33

BLOGUE. Depuis un mois maintenant qu’il est en place, nous n’avons pas entendu le nouveau ministre de la culture sur son programme et ses actions à venir. Seule déclaration :  celle de la semaine dernière où il a expliqué que tout le programme en culture du PQ était en évaluation et que certaines mesures promises devraient être reportées. Lesquelles? Il ne le sait pas encore.


Durant la campagne, le Parti québécois avait promis d’augmenter le budget du Conseil des arts et lettres du Québec, de la Société de développement des entreprises culturelles, d’aider au rayonnement des compagnies à l’étranger, de favoriser les activités culturelles en milieu scolaire et de doter Télé-Québec d’une nouvelle mission d’information régionale et nationale. Est-ce que chacune de ces enveloppes budgétaires sera légèrement rognée? Est-ce que des programmes seront abandonnés? Le ministre n’a pas été précis là-dessus. En fait, nous ne savons pas grand-chose de sa vision, de ses aspirations, de sa volonté. Nous savons que c’est un homme de culture devenu politicien. Mais, un bon enseignant ne fait pas nécessairement un bon ministre de l’Éducation! Il en va de même pour la culture : un bon comédien ne fait pas nécessairement un bon ministre de la Culture! Mais,  donnons-lui du temps : il sera jugé sur ses actions et sur sa capacité à défendre son budget auprès du ministre des Finances. Et d’ailleurs, ce nouveau ministre, Monsieur Marceau, a-t-il la culture à cœur? Défendra-t-il le budget de la culture comme l’ont fait Raymond Bachand et Monique Jérôme-Forget?


Cette dernière a plusieurs fois affirmé, avec une certaine fierté, qu’elle a toujours eu à cœur, en tant que ministre des Finances, de défendre le budget de la culture. Ce qui est vrai! Sous les Libéraux, l’enveloppe globale consacrée à la culture a augmenté au fil des ans, passant de  572 à 770 millions de dollars de 2003 à 2012. Ce qui est encore plus significatif, c’est que le pourcentage de la culture dans le budget global du gouvernement est toujours resté autour de 1,1 %, même quand les autres dépenses étaient réduites. Ce 1% si symbolique pour la culture, ils s’y sont tenus.  


Espérons que le nouveau ministre ne considérera pas la culture comme un luxe dont on peut se passer! Son cafouillage dans le dossier des impôts des Québécois est venu semer le doute et même une certaine appréhension dans l’esprit de ceux qui gagnent le plus. S’ils sont beaucoup plus taxés, peut-être décideront-ils alors de réduire leurs dons aux organismes culturels? Il faut le redire, le Québec est très en retard en ce qui concerne le financement privé de la culture. Le mécénat n’est pas une tradition forte ici et pourtant la culture a besoin plus que jamais de ce financement alors que certaines aides publiques sont en baisse.


Monsieur le ministre des Finances, si votre budget ne peut pas soutenir toutes vos promesses pour la culture, soyez celui qui incitera fortement le mécénat culturel. Poursuivez les initiatives de vos prédécesseurs comme Mécénat Placements culture, trouvez les moyens créatifs d’encourager le mécénat, rendez les différents crédits d’impôt plus compréhensibles, plus visibles. Il faut motiver cet esprit de mécénat et aussi faire émerger une nouvelle génération de mécènes qui tireront une vraie fierté à encourager la création.


Monsieur Marceau, soyez, vous aussi, le ministre de la Culture !


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Sébastien Barangé, Directeur des communications et affaires publiques de CGI. (Twitter @SBarange)


 


Sébastien Barangé est activement engagé auprès de plusieurs organismes à but non lucratif:


président du comité exécutif d'artsScène Montréal (Business for the arts)


président du conseil d'administration d'Art Souterrain


membre du conseil d'administration de la Fondation Michaëlle Jean


membre du conseil d'administration de la Fondation Tolérance


 


Ancien journaliste à Radio-Canada et collaborateur du Devoir, diplômé en communication de l’Institut d’Études Politiques (Aix-en-Provence, France) et en gestion des arts de HEC Montréal, Sébastien Barangé est curieux de tout ce qui est créatif et invite à penser différemment. Ce blogue est un espace de dialogue autour des liens entre les arts et le monde des affaires.


 


 

À propos de ce blogue

Sébastien est reconnu pour son engagement envers la communauté montréalaise et siège au sein de plusieurs conseils d’administration dans les secteurs de l’éducation et de la culture.

Sébastien Barangé

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