Les administrateurs de sociétés et le risque lié à une mauvaise réputation

Publié le 07/03/2012 à 14:14

Les administrateurs de sociétés et le risque lié à une mauvaise réputation

Publié le 07/03/2012 à 14:14

Par Richard Joly

BLOGUE. Une mauvaise réputation d’entreprise est ce qui effraie le plus les administrateurs, car ceux-ci ont mis toute leur carrière pour bâtir leur réputation et ils ne veulent surtout pas la perdre. La réputation est également l’actif le plus précieux d’une entreprise et c’est un risque important à maîtriser pour le conseil d’administration.


Une mauvaise réputation, c’est comme l’eau contaminée d’une maison. Plus personne ne la désire. Arthur Andersen est le plus bel exemple. Cette société internationale dans le domaine de la vérification comptable jouissait d’une réputation enviable avant que certains associés soient liés au scandale d’Enron. Dans l’espace de quelques mois, cette firme est disparue car leurs clients ne voulaient pas être associés à eux, pour cause de mauvaise réputation.


Les coûts sont énormes pour une entreprise qui est au cœur d‘un évènement qui détruit sa réputation. Les membres du conseil d’administration vont éventuellement démissionner et leur remplacement avec des talents équivalents sera quasi impossible. Les employés vont quitter et la capacité d’attraction de hauts performants devient nulle. Puis, les clients vont considérer l’offre des concurrents.


Pour éviter ces situations, le président du conseil d’administration, les administrateurs et le PDG doivent faire respecter le code d’éthique par tous les employés sans aucun compromis. Le PDG doit adopter les comportements qui démontrent le respect des valeurs d’intégrité de l’entreprise. C’est ce qu’on appelle « The Tone at the Top ».


À cet égard, la situation de SNC-Lavalin semble préoccupante. Ce fleuron québécois cumule les mauvaises nouvelles : enquêtes sur la corruption en Inde et au Bangladesh, enquête sur le trafic de personnes et publication reportée des états financiers suite à la comptabilisation inexpliquée de 35 millions de dollars. Nul doute que les membres du conseil d’administration sont préoccupés et demandent des explications. Ils ont un risque important à gérer : la réputation de la compagnie… et la leur.


Souhaitons que l’eau de SNC ne soit pas contaminée!


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À propos du blogue « Leaders en action » :



Le blogue « Leaders en action », animé par monsieur Richard Joly, se veut un carnet d’échange sur les sujets d’actualité qui touchent la gouvernance d’entreprise et le leadership. Monsieur Joly mène une carrière au sein de l’industrie du recrutement de cadres supérieurs. Président et fondateur de Leaders & Cie, il a su propulser l’entreprise pour en faire un chef de file des plus respectés dans son domaine pour ses études sur le capital humain. Il possède une vaste expérience à titre de consultant auprès des administrateurs de sociétés et de chefs de la direction. Il a dirigé plus de 350 mandats de recrutement de hauts dirigeants au cours des 14 dernières années. Expert en gouvernance d’entreprise, il s’intéresse de près à l’efficacité des conseils d’administration ainsi qu’au développement du capital humain.


 

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