Vive la volatilité!

Publié le 27/08/2012 à 15:19

Vive la volatilité!

Publié le 27/08/2012 à 15:19

BLOGUE. La Bourse est probablement le seul endroit au monde où la majorité des gens se désolent d’une chute de prix! Alors qu’ils se précipitent dans les centres d'achat pour profiter des soldes d’après Noël, les investisseurs délaissent en masse les marchés boursiers lorsque les indices corrigent. (C’est sans parler du fait que de nombreux investisseurs se décident à investir en Bourse après que celle-ci ait connu de forts gains…)


Comment expliquer ce phénomène? Je dirais que c’est parce qu’il est plus difficile d’évaluer la valeur d’une action que celui d’un matelas ou d’un frigo. Celui qui magasine un matelas sait fort bien que le modèle de matelas qu’il convoite se vend généralement 1 000 $ et donc qu’à 700 $, c’est une occasion à ne pas manquer.


Mais lorsqu’arrive le temps d’acheter un titre qui a chuté en Bourse, on se demande invariablement si l’on ne fait pas une erreur, s’il n’y a pas des éléments qui nous échappent dans notre analyse. Pourtant, l’investisseur qui fait ses devoirs, qui étudie les états financiers et l’historique d’une entreprise, est généralement en mesure de se faire une idée générale de l’évaluation de cette entreprise. En outre, en étudiant la raison qui a fait chuter un titre, ce dernier devrait aussi pouvoir se faire une bonne idée de l’occasion d’investissement qui s’offre à lui.


Je me souviens fort bien du cas de Visa, qui opère le plus grand réseau de paiement électronique au monde. En février 2011, lorsque nous avons recommandé le titre dans la Lettre financière COTE 100, il s’échangeait à près de 71 $ après avoir transigé à 95 $ quelques mois plus tôt. Cette chute du titre s’expliquait par les craintes d’un resserrement réglementaire du gouvernement américain dans le segment des transactions par cartes de débit aux États-Unis, un segment qui représentait près de 20 % des revenus de Visa.


Or, nous estimions à l'époque que, dans le pire scénario, la nouvelle réglementation aurait pu faire passer les profits par action à 5 $ en 2012 au lieu des 5,75 $ prévus par les analystes. Ces craintes avaient donc fait passer le ratio cours-bénéfices de 17 à 14 en quelques mois. La correction brutale du titre offrait donc aux investisseurs l’occasion unique d’acheter à un prix très raisonnable des actions dans une entreprise de premier ordre avec un modèle d’affaires exceptionnel, un bilan financier impeccable et une forte croissance à l’international.


Visa est un exemple parmi tant d’autres qui se produisent pratiquement à tous les jours en Bourse. C’est aussi un exemple qui s’est avéré être une occasion en or pour les investisseurs qui ont su la saisir : le titre s’échange aujourd’hui à plus de 125 $.


Le même phénomène peut très bien se produire avec la Bourse dans son ensemble. L’investisseur à long terme qui a su profiter de la forte correction boursière survenue pendant la crise de 2008-2009 a également engrangé de forts profits.


De nombreux investisseurs associent la volatilité d’un titre ou des indices boursiers au risque. Plus un titre ou un indice fluctue violemment, plus il est risqué. En revanche, l’investisseur rationnel tente de profiter de la volatilité de la Bourse pour acheter des titres de qualité à bons prix. Il ne voit pas cette volatilité comme un facteur de risque mais bien plus comme une source d’aubaines potentielles à saisir.


Philippe Le Blanc, CFA, MBA


À propos de ce blogue : Philippe Le Blanc est gestionnaire de portefeuille chez COTE 100 (www.cote100.com) et éditeur de la Lettre financière COTE 100 (www.lettrecote100.com). COTE 100 détient des actions de Visa dans ses comptes sous gestion.

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Philippe Le Blanc est gestionnaire de portefeuille chez COTE 100 et éditeur de la Lettre financière COTE 100.

Philippe Leblanc
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