Le parcours remarquable de Metro

Publié le 20/08/2012 à 14:51, mis à jour le 20/08/2012 à 15:56

Le parcours remarquable de Metro

Publié le 20/08/2012 à 14:51, mis à jour le 20/08/2012 à 15:56

BLOGUE. À court terme, d’innombrables facteurs peuvent influer sur le cours d’un titre. L’annonce d’une grève, des résultats trimestriels inférieurs aux attentes, le départ d’un dirigeant, un incendie dans une usine, l’annonce d’une acquisition importante, la perte d’un contrat, etc. Et c’est sans compter les facteurs externes à l’entreprise tels que les données économiques, des élections, un attentat terroriste, une correction boursière, etc. À long terme cependant, le cours d’un titre suit inexorablement l’évolution des profits par action d’une société. Si une entreprise réussit à augmenter ses profits à un rythme rapide, année après année et pendant une longue période de temps, il est certain que son titre connaîtra une bonne performance. Le contraire est également vrai lorsque les profits subissent une cassure…


L’exemple de Metro est très éloquent.


En 1990, son conseil d’administration a embauché M. Pierre Lessard pour remettre Metro sur les rails après une stratégie de diversification tous azimuts durant les années 1980 qui avait vu l’entreprise acheter André Lalonde Sports, investir dans les restaurants Georgio et dans la distribution pharmaceutique. En 1990, Metro était pratiquement acculée à la faillite, très endettée et déficitaire.


M. Lessard a d’abord sabré dans les dépenses et augmenté l’efficacité des opérations de l’entreprise. Il a fermé les activités non-stratégiques. Il a également réorienté la stratégie de Metro davantage vers le consommateur.


D’une perte de 0,16 $ par action enregistrée en 1990 (toutes les données sont ajustées pour les fractionnements subséquents du titre), la société a renoué avec la rentabilité dès l’exercice suivant, enregistrant des profits par action de 0,10 $ en 1991. Or, les profits ont poursuivi leur progression au cours des 20 exercices suivants. De fait, les profits ont augmenté chaque année de 1991 à 2011 avec une seule exception en 2008 alors qu’ils ont baissé de 1,6 %. En 20 ans, les profits par action sont passés de 0,10 $ à 3,90 $ par action, pour un taux de croissance annuel composé de 20,1 %. Une performance tout à fait remarquable, surtout lorsque l’on sait que le secteur de l’alimentation n’est pas en forte croissance et que la concurrence y est féroce.


Au cours de cette période de 20 ans, le titre est passé de 0,78 $ (ajusté pour les fractionnements subséquents) au début de 1990 à son cours récent de près de 59,00 $. Sans tenir compte des dividendes versés au cours de cette période, la valeur de l’action de Metro a donc été multipliée par près de 75. Il s’agit d’un rendement annuel composé de 22,1 % au cours de près de 22 ans, un taux qui s’apparente étrangement à celui de la croissance des profits par action de Metro au cours de cette même période.


Philippe Le Blanc, CFA, MBA


À propos de ce blogue : Philippe Le Blanc est gestionnaire de portefeuille chez COTE 100 (www.cote100.com) et éditeur de la Lettre financière COTE 100 (www.lettrecote100.com).

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Philippe Le Blanc est gestionnaire de portefeuille chez COTE 100 et éditeur de la Lettre financière COTE 100.

Philippe Leblanc
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