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Pourquoi tant de méchanceté en vous?

Olivier Schmouker . les affaires.com . 02-02-2012 (modifié le 03-02-2012 à 13:27)

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L'étude sur la méchanceté
chapeau

Vous faîtes-vous parfois peur, en songeant à la méchanceté en vous? Photo : DR.

BLOGUE. Avez-vous remarqué, comme moi, qu’il ne se passe pas une journée sans assister à un acte de méchanceté? Une médisance d’un collègue à propos d’un autre, sous le couvert de l’humour. Un coup de coude dans le métro pour avoir un peu plus de place. Ou ne serait-ce qu’un regard furieux à l’attention d’un quidam. La question saute à l’esprit dès qu’on s’y arrête deux secondes : mais au fond, pourquoi agissons-nous ainsi, alors qu’il serait nettement plus intéressant pour tout le monde de collaborer ensemble, dans la joie et la bonne humeur?


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Bon , vous voyez sûrement où je veux en venir : la méchanceté nous pourrit nos journées, alors y a-t-il moyen de s’en prémunir, ou à tout le moins d’atténuer sa fréquence et son effet? Eh bien, j’ai peut-être trouvé une ébauche de réponse dans une étude passionnante intitulée Spite : Driven by human root motivation to be number one et signée par Xinzhen Yu, professeur à l’Antai College of Economics and Management de la Shangai Jiao Tong University (Chine). Celle-ci montre que la méchanceté peut être contrôlée, voire diminuée, à condition d’adopter une toute nouvelle approche de la vie…


Le chercheur a démarré sa réflexion sur la méchanceté à partir des travaux du biologiste britannique William Donald Hamilton, décédé en 2000 et célèbre depuis les années 1960 pour ses recherches sur l’évolution. Peut-être avez-vous d’ailleurs entendu parler de la «loi d’Hamilton». Cette dernière stipule grosso modo que dans chaque espèce, les individus privilégient les comportements de coopération avec leurs parents génétiques les plus proches, car en se dévouant de la sorte, ils favorisent la propagation de leurs propres gènes. C’est-à-dire que nous nous montrons altruistes parce que, de manière inconsciente, nous y avons un intérêt.


Quelques précisions… En 1964, M. Hamilton a publié un article scientifique qui a fait sensation, intitulé The General Evolution of Social Behavior. Celui-ci donnait une réponse à l’une des grandes interrogations découlant de la théorie de l’évolution de Darwin : pourquoi les primates – et donc les hommes – ont-ils des comportements altruistes, alors que cela est souvent «coûteux», voire «dangereux» pour celui qui agit ainsi? Pensons à un enfant tombé dans la rivière : comment se fait-il qu’un adulte se précipite à son secours, même s’il sait que les tourbillons risquent de l’emporter lui aussi?


L’explication alors donnée était que nous sommes tous soumis à une règle génétique, à savoir l'«aptitude darwinienne globale» (inclusive fitness, en anglais). Elle considère que : «Les comportement altruistes seront favorisés par la sélection, si les «coûts» (ou risques, si vous préférez) pour agir de manière altruiste sont moindres que les «bénéfices» (ou avantages) escomptés».


Bref, nous avons un «intérêt» à être altruiste, un intérêt qui décroît en fonction du coefficient d’apparentement. La formule est la suivante : RB>C ; où R est le coefficient d’apparentement entre l’acteur et le bénéficiaire, B la somme des bénéfices pour tous les individus affectés par le comportement, C le coût pour l’acteur. Elle donne un résultat de 100% pour un individu sauvant sa propre peau, de 50% lorsqu’il vole au secours de ses proches (enfant, parent, frère ou sœur), et de 25% pour les grands-parents, petits enfants, et autres demi-frères et demi-sœurs.

1 commentaire

YBertrand le 02-02-2012

Bonjour. Bonjour. Très intéressant. L'augmentation de la violence et donc de la méchanceté gratuite des membres de la société d'aujourd'hui rend les personnes de cette société plus refermées sur elle-même et produit un sentiment de méfiance collective et réciproque envers les uns et contre tous. Le climat dans les écoles par exemple démontre que les étudiants n'ont presque plus de vie “participative” , préférant quitter les lieux que de participer à des projets qui pourraient les aider. C'est le résultat du laisser-aller des années 90 et suivantes, où les élèves font à peu près ce qu'ils veulent sans qu'il y ait répercussion au point où certains gouv. veulent avoir des policiers sur place en tout temps. Comparez maintenant cette période à celle des années 70 et 80 où tout n'était pas parfait mais où les étudiants étaient plus solidaires ainsi que bien plus respectueux des biens et des personnes. Nous n'avons qu'à constater le massacre des gribouilleurs de murs dont le coût de réparation ne cesse pas d'augmenter. Hors plusieurs études des années 2000 tendent à démontrer que la mentalité de "gagner à n’importe quel prix" dans les sports a remplacé la mentalité de "compétitivité" au point où les chiffres sur les résolutions de conflits "à coups de poing" ont remplacé les résolutions "à l'amiable". Qui en est donc responsable ? Les parents au départ, les enseignants pour l’encadrement scolaire et aux sports professionnels qui devraient être des modèles mais qui au contraire ne fait que démontrer et augmenter l’agressivité des joueurs les contre les autres. Pierre de Coubertin qui voulait que les jeux olympiques soient un modèle de rassemblement doit se tourner dans sa tombe. La culture de "gagner à n’importe quel prix" rend les jeunes, en particulier, vulnérable à des comportements qu'ils n'auraient pas si la culture sportive était de "jouer" et non absolument de "gagner". Ces études des années 2000 se rapportaient à une autre étude de la fin des années 90 effectuée auprès d'une centaine d'école secondaire où aucun point n'était compté pour aucune des joutes sportives avaient été comparé à une centaine d'écoles qui pratiquaient le "gagner à n’importe quel prix". Après quatre années de ce régime, l'étude démontrait que le tempérament et personnalité des enfants et adolescents avaient drastiquement changé pour une attitude de "bullies" et une personnalité peu encline à aider mais plutôt d'abuser, de prendre tout comme acquis et de prendre tous les moyens pour parvenir à leurs fins où la discussion n'est certes pas bienvenue et fait place aux attaques personnelles, à la vulgarité et les menaces. Mon résumé ne reproduit pas l’ensemble des conclusions des deux études puisque la violence et méchanceté touche plusieurs champs d’activités et plusieurs tranches d’âge. Il est difficile en psychologie et sociologie de déterminer l'ensemble des causes et des résultats. Il n'y a pas d'ailleurs que deux écoles de pensés puisque le nombre de critères est effarant ce qui rend plus difficile les études. La violence et méchanceté et problèmes de comportements abjects sont devenues des problèmes qui tout comme l'économie exige que nous y apportions des correctifs mais il semble que tout le monde vie avec, sans penser vers quels emmerder celles-ci nous conduira dans un futur plus proche que nous croyons. La violence verbale, pourtant documentée depuis plus de 30 ans ne fait que commencé à nous démontrer leurs répercussions sur la vie des gens. Merci et bonne journée.

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