Les 6 trucs de Dan Ariely pour être (enfin) efficace au travail

Publié le 19/06/2017 à 06:06, mis à jour le 19/06/2017 à 06:04

Les 6 trucs de Dan Ariely pour être (enfin) efficace au travail

Publié le 19/06/2017 à 06:06, mis à jour le 19/06/2017 à 06:04

Fini de se prendre la tête pour des choses insignifiantes... Photo: DR

Connaissez-vous Dan Ariely? Il s’agit d’un professeur de psychologie et d’économie comportementale de l’Université Duke à Durham (États-Unis) connu pour avoir signé deux bestsellers, dont celui traduit en français s’intitule «C’est (vraiment) moi qui décide?» («Predictably irrational, the upside of irrationality», en anglais) ainsi qu’une chronique incroyablement populaire, «Ask Ariel», que publie le Wall Street Journal. Ses travaux concernent essentiellement nos prises de décision, surtout celles en lien avec les finances personnelles, et mettent en lumière le fait que, non, nous ne sommes pas des êtres aussi rationnels qu’aimeraient à le croire nombre d’économistes, et que, oui, nous sommes fondamentalement des êtres davantage à l’écoute de nos émotions que de notre raison. Bref, Dan Ariely est un type passionnant.


Et vous savez quoi? La semaine dernière, alors que je patientais entre deux avions à l’aéroport de Los Angeles, je suis tombé par hasard sur un billet de Dan Ariely diffusé par Quartz dans lequel il abordait… notre quotidien au travail!


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«Vous êtes sûrement comme moi, dit-il dans son billet, vous avez la sensation de faire beaucoup d’heures de travail et de ne même pas pouvoir souffler une seconde durant la journée, tant vous êtes occupé. Et pourtant, vous avez en permanence l’impression, plus ou moins avouée, de ne pas être aussi productif que vous devriez l’être. De passer votre temps à éteindre des feux au lieu de vous atteler à des tâches vraiment importantes, celles qui vous permettraient d’exprimer votre plein potentiel, et donc de vous épanouir. Pas vrai?


«Dans le cadre de mes travaux de recherche, je passe mes journées à tenter de comprendre pourquoi les gens (à commencer par moi-même) prennent des décisions qui sont si rarement en lien avec leurs objectifs à long terme. Chacun de nous veut perdre du poids, mais il nous suffit de voir un cookie pour nous faire perdre d’un coup nos belles résolutions; chacun de nous veut mettre de l’argent de côté, et pourtant il suffit que notre groupe de musique préféré donne un concert en ville pour nous faire claquer plusieurs centaines de dollars. Mon but est de comprendre les ressorts de nos décisions, puis d’identifier les moyens pouvant nous permettre d’éviter, à l’avenir, de faire des choix néfastes pour nous-mêmes, ceux qui nous empêchent d’être efficaces dans ce que nous entreprenons et de nous épanouir dans notre vie.


«Qu’est-ce qui nous pousse, au travail, à accomplir un million de petites tâches dont la pertinence reste à démontrer au lieu de nous attaquer franchement à une tâche susceptible de faire la différence? Oui, pourquoi faisons-nous, par exemple, une priorité de répondre à une tonne de courriels au lieu de nous lancer corps et âme dans une réflexion stratégique en profondeur concernant, disons, la meilleure façon de décrocher de nouveaux clients? C’est ce que j’ai regardé ces derniers temps, et j’en suis venu à la conclusion que, vous comme moi, nous buttons sans cesse sur les mêmes écueils psychologiques. Voici les six principaux d’entre eux et, surtout, le moyen de les esquiver subtilement à l’avenir…


1. Nous utilisons mal la période de temps où nous sommes vraiment productifs


«La plupart d’entre nous, nous sommes vraiment productifs le matin. Le problème, c’est que nous utilisons très mal ce moment de la journée : par exemple, qui d’entre nous ne commence pas sa journée en consultant ses courriels, en répondant à ceux qui nous semblent les plus importants, à mettre à jour notre agenda électronique, à consulter Facebook, ou encore à tout autre tâche du même acabit, lesquelles ne nécessitent guère de capacités cognitives?


«Au lieu de nous ruer sur nos courriels, ou encore de nous soucier de nos réunions des prochaines heures, nous ferions nettement mieux de nous lancer d’emblée dans une tâche ardue (réfléchir, planifier, calculer, etc.), qui nécessite toute notre concentration et toute notre capacité intellectuelle. Car c’est à ce moment-là que notre corps et notre esprit sont à leur pleine capacité; et non pas, comme nous le faisons trop souvent, en après-midi, voire en fin de journée, à savoir lorsque nos capacités physiques et psychiques ne nous permettent plus de donner notre 110%.»


2. Nous préférons les tâches qui nous procurent une satisfaction immédiate


«Lorsqu’on a traité 15 courriels, on a alors le sentiment du devoir accompli. Nous en venons même à croire que l’heure ainsi passée a été productive et que la journée a démarré en fanfare. En revanche, lorsqu’on passe une heure de notre matinée à une réflexion stratégique en profondeur, on a l’impression de n’avoir pas avancé, peut-être même d’avoir perdu une heure. Car il n’y a pas dès lors de résultat tangible. Ce qui nous pousse, inconsciemment, à toujours privilégier les courriels à notre arrivée au bureau…


«Comment corriger le tir? En rendant sexy l’heure de réflexion stratégique. Ainsi, vous pouvez en début d’heure vous fixer un but simple, réaliste et concret (ex.: identifier trois pistes de solution à mon problème) et décréter une récompense en cas de réussite (ex.: je m’offre aussitôt un café au barista du coin). Mieux, vous pouvez également vous fixer des étapes, histoire de réaliser que vous progressez (ex.: toutes les 20 minutes, je m’arrête et je fais le point). Vous pouvez même aller jusqu’à visualiser tout cela, sur une feuille de papier géante que vous collerez au mur de votre bureau. Car tout cela vous encouragera à poursuivre.»


3. Nous comptons sur l’inspiration au lieu de nous retrousser les manches


«Attendre l’inspiration est l’une des excuses les plus courantes pour nous éviter de nous lancer vraiment dans une tâche complexe. En vérité, l’inspiration n’existe pas; ce qui compte vraiment, c’est d’avoir un plan de travail et de s’y tenir. Y compris pour les métiers dits créatifs.


«George Gershwin disait que sur une année de production, seulement deux ou trois de ses chansons étaient le fruit de l’inspiration. «On ne peut pas se fier à l’inspiration. Car c’est lorsqu’on la prie de nous sourire qu’elle se fait un malin plaisir de nous grimacer.»


«Donc, arrêtez de perdre votre temps en croyant que l’inspiration va finir par vous sourire. Lancez-vous une bonne fois pour toutes et faîtes tout ce que vous avez à faire.»


4. Nous procrastinons


«Nous sommes les champions de la réorganisation des listes de tâches à accomplir, ou encore du rangement de nos dossiers. C’est-à-dire des tâches totalement inutiles. Pourquoi tombons-nous sous leur charme? Parce que nous croyons dès lors avoir accompli quelque chose de significatif, en dépit du fait qu’il n’en est rien.


«L’important, c’est donc de réaliser ce que nous faisons lorsque nos procrastinons. Et d’arrêter de faire ces tâches-là pour profiter du temps ainsi gagné pour nous lancer dans une tâche qui, elle, a vraiment du sens.»


5. Nous remplissons mal notre agenda


«Regardez votre agenda. Qu’y trouvez-vous? Surtout des réunions. Et jamais - ô grand jamais - une heure dédiée à de la réflexion stratégique, du style «Quelle tournure donner à ma carrière d’ici les trois prochaines années?».


«Maintenant, regardez un peu mieux votre agenda de la semaine, et identifiez des plages horaires potentielles où vous pourriez faire autre chose que du courtermisme. Puis, choisissez-en une et passez à l’action, en lui déterminant d’ores et déjà une fonction précise (ex.: carrière).»


6. Nos listes de tâches à accomplir sont trop longues


«Plus une liste de tâches à accomplir est longue, plus nous avons le réflexe de nous attaquer aux plus faciles d’entre elles, histoire d’en rayer vite plusieurs à la fois et, par suite, d’avoir le sentiment d’être efficace. Le hic, c’est que nous nous leurrons à agir de la sorte. Nous ne faisons, en vérité, aucun progrès : pour vous en rendre compte, notez le fait «mystérieux» que dès qu’une tâche simple disparaît de notre liste, une nouvelle tout aussi simple y apparaît peu après...


«Par conséquent, jetez à la poubelle votre liste actuelle. Et ne faites figurer dans une nouvelle que trois ou quatre tâches vraiment importantes. Rien de plus. Au besoin, vous pouvez découper ces tâches-là en différentes étapes, ce qui vous donnera la satisfaction de rayer des choses assez souvent.»


Voilà. Vous disposez à présent de six astuces mises au jour par Dan Ariely visant à permettre à chacun d’être plus efficace dans son quotidien au travail, voire plus épanoui. À vous de jouer!


En passant, le cinéaste français Robert Bresson a dit dans Notes sur le cinématographe : «On reconnaît le vrai à son efficacité, à sa puissance».


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À propos de ce blogue

EN TËTE est le blogue management d'Olivier Schmouker. Sa mission : aider chacun à s'épanouir dans son travail. Olivier Schmouker est chroniqueur pour le journal Les affaires, conférencier et auteur du bestseller «Le Cheval et l'Äne au bureau» (Éd. Transcontinental), qui montre comment combiner plaisir et performance au travail. Il a été le rédacteur en chef du magazine Premium, la référence au management au Québec.

Olivier Schmouker

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