Avez-vous... la bouche du leader?!

Publié le 08/09/2017 à 06:09, mis à jour le 08/09/2017 à 08:55

Avez-vous... la bouche du leader?!

Publié le 08/09/2017 à 06:09, mis à jour le 08/09/2017 à 08:55

Le leadership, ça tient finalement à bien peu de choses... Photo: DR

Vous comme moi, nous connaissons l'expression «avoir la tête de l'emploi», qui exprime le fait qu'une personne a l'apparence physique qui colle à son occupation professionnelle. Une expression qui, souvent, est criante de vérité; le test ne loupe d'ailleurs quasiment jamais : jetez un coup d'oeil rapide au prochain collègue qui va passer à vos côtés et demandez-vous en douce si vous le verriez avoir un autre métier que celui qu'il a aujourd'hui...


Vous voyez? Maintenant, je vous propose d'aller un pas plus loin et de nous entendre sur une toute nouvelle expression, de mon cru, plus pointue qu'«avoir la tête de l'emploi». Une expression qui devrait vous surprendre. Laquelle? La suivante : ««avoir la bouche du leader».


Oui, vous avez bien lu : «avoir la bouche du leader». Car – tenez-vous bien –, les véritables leaders ont bel et bien, en général, une bouche hors-norme! C'est du moins ce qui ressort de l'étonnante étude intitulée The big man has a big mouth: Mouth width correlates with perceived leadership ability and actual leadership performance et signée par Nicholas Rule, professeur de psychologie à l'Université de Toronto (Canada), assisté de son étudiant Daniel Re. Regardons ça ensemble...


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Les deux chercheurs torontois ont noté qu'il y avait ces temps-ci pléthore d'études scientifiques sur les éventuels liens entre les traits du visage d'une personne et ses qualités intrinsèques perçues par les autres, dont le leadership. Autrement dit, on percevrait chez quelqu'un ses dons de leader rien qu'au premier coup d'oeil, ou presque. Ce qui leur a donné l'idée de le vérifier à partir d'un seul trait du visage, l'un des principaux : la bouche. Marrant, n'est-ce pas?


Ils ont alors procédé en quatre temps:


– Ils ont demandé à une cinquantaine de personnes de regarder autant de photos d'hommes et d'attribuer des notes à chacune d'elles, en fonction de multiples critères en lien avec le leadership (ex.: compétence, attractivité,...). Puis, ils ont regardé s'il y avait le moindre lien entre la largeur de la bouche d'une personne et son leadership perçu.


– Ils ont fait le même exercice avec d'autres participants, mais cette fois-ci en manipulant par Photoshop la largeur de la bouche des personnes en photo. L'idée était simple : voir si le leadership perçu d'une même personne variait en fonction de la largeur de sa bouche, ou pas.


– Ils ont pris toutes les photos officielles des candidats aux élections sénatoriales entre 1995 et 2006 ainsi que toutes celles des candidats aux élections au poste de gouverneur entre 2000 et 2006, à l'échelle des États-Unis. Puis, ils ont regardé si la largeur de la bouche d'un candidat permettait de prédire son élection, ou pas.


– Enfin, ils ont pris d'une part les photos officielles des PDG des 25 plus grandes entreprises américaines selon le palmarès 2005 du magazine américain Fortune, et d'autre part les résultats financiers de chacune des entreprises concernées durant la même année. Et ils ont regardé s'il y avait un lien entre la largeur de la bouche de chacun des PDG et la performance de leur entreprise, ou pas.


Résultats? Asseyez-vous bien avant de lire ce qui suit:


> La largeur de la bouche fait le leader. Plus la bouche d'une personne est large, plus les gens considèrent qu'il s'agit là d'un leader.


> Une largeur de bouche gagnante. Plus la bouche d'un candidat aux élections sénatoriales est large, plus il a de chances d'être élu. En revanche, cela ne se vérifie pas lorsqu'il s'agit d'une élection au poste de gouverneur.


> Une largeur de bouche profitable. Plus un PDG a une bouche large, plus son entreprise a de chances d'enregistrer une bonne performance financière, en particulier en termes de profits.


«Aussi surprenant que ça paraisse a priori, il y a bel et bien un lien entre la largeur de la bouche d'une personne et le leadership qu'elle dégage. Et cela se vérifie tant dans des expériences en laboratoire que lors de tests sur le terrain», résument les deux chercheurs torontois dans leur étude.


Comment expliquer un tel phénomène? C'est qu'il semble que la bouche exprime beaucoup de choses, consciemment comme inconsciemment : l'assurance, l'empathie, etc. Et qu'elle joue, donc, un rôle déterminant dans le leadership que les autres perçoivent spontanément chez autrui.


Cela étant, le sourire seul ne suffit pas pour faire de quelqu'un un véritable leader, il convient de le souligner, pour ne pas dire de le marteler. Non, un sourire aussi large que craquant ne suffit pas. Loin de là. Car le vrai leader est celui qui passe l'épreuve du feu, c'est-à-dire celui qui parvient à relever les défis qui se présentent à lui avec brio. Et non pas celui qui ne donne que l'impression d'être un leader. La nuance, je le répète, est de taille; et pour vous en convaincre, je vous invite juste à comparer des portraits souriants de Barack Obama et de Donald Trump... CQFD.


Un dernier point : il me faut indiquer le fait que l'étude en question souffre d'un grave bémol. Lequel? Eh bien, celle-ci n'a pas pris en compte... les femmes. Chaque fois, il n'était question que d'hommes. En conséquence, il est impossible de dire si les résultats de l'étude concernent tout autant les femmes. Mais bon, quant à moi, j'estime qu'il n'y a pas de raison valable pour ne pas considérer que ce serait le cas. À vous de voir, de votre côté, ce que vous en pensez...


Bref, que retenir de tout ça? Ceci, à mon avis:


> Qui entend dégager l'aura d'un leader se doit d'avoir conscience de la largeur de sa bouche, et d'en jouer. Si jamais celle-ci est large, il ne doit pas hésiter à sourire de toutes ses dents, le moment venu; ou encore, à exprimer avec celle-ci toutes sortes d'émotions authentiques. Pourquoi? Parce que cela enverra le message aux autres qu'il est bel et bien un leader en qui on peut se fier. En revanche, si jamais sa bouche est toute menue, il ne lui faut surtout pas envisager une opération de chirurgie esthétique pour l'agrandir, mais saisir qu'il lui faut miser sur d'autres atouts personnels pour envoyer le message qu'il est un leader, un vrai (ex.: son écoute active, sa compassion, etc.). Et ce, que l'on soit un homme ou une femme.


En passant, le penseur américain Benjamin Franklin a dit dans son Almanach du pauvre Richard : «Le coeur du fou est dans sa bouche, mais la bouche du sage est dans son coeur».


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À propos de ce blogue

EN TËTE est le blogue management d'Olivier Schmouker. Sa mission : aider chacun à s'épanouir dans son travail. Olivier Schmouker est chroniqueur pour le journal Les affaires, conférencier et auteur du bestseller «Le Cheval et l'Äne au bureau» (Éd. Transcontinental), qui montre comment combiner plaisir et performance au travail. Il a été le rédacteur en chef du magazine Premium, la référence au management au Québec.

Olivier Schmouker

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