Provencher: La SCHL privatisée, une bonne chose?

Publié le 03/11/2012 à 13:06, mis à jour le 03/11/2012 à 13:59

Provencher: La SCHL privatisée, une bonne chose?

Publié le 03/11/2012 à 13:06, mis à jour le 03/11/2012 à 13:59

Par Martin Provencher

Le ministre des finances Jim Flaherty. Photo: Bloomberg

BLOGUE- La Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL) a été fondée après la deuxième guerre mondiale avec pour mission première d’aider les militaires de retour au pays à se loger. L'initative peut sembler louable, mais c'était la moindre des choses quand on pense aux atrocités que les anciens combattants ont vécues. 


Depuis, le rôle de l'agence fédérale a évolué et s’est élargi à l’ensemble de la population, englobant même les investisseurs immobiliers, ce qui, à mon avis, a éloigné d’autant la SCHL de sa mission première.


Essayant de ralentir au mieux le début de surchauffe dans certains créneaux immobiliers, affectant plus particulièrement certaines régions du Canada, la SCHL est intervenue à quatre reprises ces dernières années afin de resserrer les règles de financement et limiter ainsi l’accessibilité à la propriété.


Lisez aussi la chronique de François Pouliot sur la privatisation de la SCHL


La dernière intervention en liste remonte au 9 juillet dernier où l’amortissement a été ramené de 30 à 25 ans. Ces changements salutaires ont eu pour effet de ralentir progressivement le nombre de transactions sur le marché, mais les prix des biens immobiliers ont tout de même continué d’augmenter.


Puisqu’il est grandement probable que les taux d’intérêt demeurent bas tels que nous les connaissons actuellement pour encore au moins deux ans, le ministre des Finances Jim Flaherty semble en être venu à la conclusion que le prochain tour de vis aux règles pourrait se traduire par rien de moins qu’une privatisation «dans les cinq à dix prochaines années, le gouvernement doit songer à se retirer d’un marché où il ne doit pas être».


De multiples avantages en découleront pour le gouvernement et donc pour nous, contribuables. En effet, avec nos impôts, nous supportons le risque d’acheteurs qui, sans une certaine complaisance, n’auraient pu entrer sur le marché sans d’abord avoir fait leurs devoirs dont le principal, améliorer l’état de leur finances personnelles en commençant par diminuer leur niveau d’endettement.


La privatisation entraînera à la fois une entrée d’argent dans les coffres du gouvernement, lors de la vente à des intérêts privés, tout en transférant le risque. Bien entendu, le ministre se donne du temps, 5 à 10 ans, ce qui aura pour effet de préparer les esprits à ce tournant majeur et de donner le temps d’améliorer certains dossiers qui actuellement, affecteraient à la baisse la valeur de cette transaction…


Martin Provencher, auteur-conférencier et développeur immobilier


www.martinprovencher.com


 

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