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Perdre 20% sans broncher, est-ce possible?

Les investigateurs financiers . 31-08-2010 (modifié le 31-08-2010 à 12:36)

Tags : Analyse, Placements, Psychologie, Récession

BLOGUE.


Dans notre blogue précédent, un lecteur s'interrogeait sur les mécanismes du marché qui ont été mis en place afin d'éviter qu'un titre s'effondre de façon brutale en peu de temps. Le 6 mai dernier, on se rappellera que P&G (Procter & Gamble) a perdu plus de 30% en quelques minutes. Évidemment, le titre a rebondi aussi vite, mais en laissant derrière une vague d'inquiétude au niveau de la volatilité des cours boursiers.


Aimons-nous investir dans un environnement pareil? Et bien, cela n'a aucune importance quand on considère les titres comme des parts d'entreprises, et non des jetons de casinos qui fluctuent selon l'humeur des investisseurs. Le prix que vous voyez en bourse, c'est ce que les investisseurs en général sont prêts à payer, et non ce que cela vaut dans la réalité.


Il ne peut en être autrement.  Certains titres sont surévalués, alors que d'autres se transigent à escompte. Si la valeur boursière correspondait tout le temps à la valeur réelle, il serait presque impossible pour des investisseurs comme Warren Buffett de battre les marchés avec autant de régularité.


Nous avons un exemple pertinent en tête : Becker Milk Company, en décembre 2008. Le titre se transigeait à 5$, alors que nous avions payé 12$ lors de nos premiers achats. Le dividende annuel de 60 cents par action procurait 5% de rendement au départ, mais 12% de rendement pour les actions acquises à 5$.


À ce moment-là, notre plus grand désir était d'en acheter le plus que possible. Après avoir acquis des actions à 5$, nous espérions en avoir à 4$ (malheureusement, le titre avait déjà cessé sa chute). Et nous nous disions qu'à 3$, nous allions vendre tout ce que nous avions en portefeuille, afin de tout concentrer dans ce titre. Étions-nous fous, téméraires ou ignorants?


À vous d'en juger. Toujours est-il que nous avions fait nos devoirs. Nous connaissions la valeur municipale des dépanneurs que détenaient l'entreprise, après avoir fait une visite à l'hôtel de ville de Toronto, où nous pouvions consulter les régistres municipaux. C'est pourquoi nous ne songions pas à l'argent que nous avions perdu depuis le début : nous préférions voir ce titre plonger afin de nous donner l'opportunité d'en acheter toujours plus. Et nous avons été bien récompensés sur ce titre : 5 mois plus tard, l'entreprise versa un dividende spécial de 2,00$ par action en sus du dividende régulier de 30 cents, soit un rendement de 46% pour les actions acquises au coût de 5$.


Pourquoi les investisseurs n'aiment pas la volatilité? C'est simplement parce qu'ils ne considèrent pas leurs actions comme étant des parts d'entreprises. Si un groupe d'investisseurs désirent ne plus voir Procter & Gamble fluctuer, ils n'ont qu'à acheter l'entreprise en entier! En devenant privée, elle ne serait plus cotée à la bourse, et hop! Comme par magie, finie la volatilité! Leur attention serait plutôt concentrée sur les profits de la compagnie, uniquement. Et nous parions fortement qu'ils penseraient à long terme. Les propriétaires d'entreprise n'ont pas l'habitude de se débarrasser de leur fonds de commerce dès la moindre petite inquiétude!


Voir les actions comme des parts d'entreprise, c'est adopter la philosophie de Benjamin Graham ainsi que celle de Warren Buffett. Autrement, on est constamment à la merci de l'humeur de M. Marché.


De façon générale, plus nous sommes sûrs de la valeur réelle d'un titre, moins nous sommes inquiétés par sa chute. À l'inverse, moins nous connaissons bien l'entreprise et ses risques, plus nous sommes inquiets lorsque le titre fluctue à la baisse (c'est le cas notamment pour les entreprises sur lesquelles il nous manque des informations pertinentes, comme BCB Holdings!).


 Nous croyons que cela résume bien le problème! 

1 commentaire

pbrasseur le 31-08-2010

Très bien dit, et j'irais même plus loin, si vous ne voyez pas vos actions comme des parts d'entreprise vous n'êtes pas un investisseur, vous êtes un spéculateur ou même un gambler. Quand on connait la popularité des jeux de hasard ici et ailleurs on ne devrait pas se surprendre qu'il y ai tant de gens qui se fassent plumer à la bourse... Pour eux je pense que la bourse est encore pire que le casino, elle joue sur les émotions pour inciter à suivre les tendances et ainsi acheter et à vendre aux pires moments. Le paradoxe c'est que les déboires de tout ce beau monde génèrent des fluctuations qui rendent possible les gains pour les authentiques investisseurs.

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