Comment bâtir ce que les gens veulent

Publié le 23/11/2016 à 13:33

Comment bâtir ce que les gens veulent

Publié le 23/11/2016 à 13:33

Je suis en train d’écouter le podcast How to start a startup, qui est en fait la bande sonore d’une série de conférences données par l’accélérateur Y Combinator à Stanford. C’est super intéressant, mais il y a un thème constant qui revient. Ce n’est pas un hasard. Il s’agit de la devise de Y Combinator : bâtissez quelque chose que les gens veulent. C’est un aspect super important du processus de création d’entreprises.


En effet, il ne suffit pas d’identifier un problème qu’assez de gens ont et de créer un produit capable de le résoudre pour avoir du succès en affaires. Il faut créer un produit que les gens veulent. Et lorsqu’on vise les consommateurs, s’il faut expliquer son produit pendant 20 minutes avant que lesdits gens comprennent qu’ils auraient intérêt à l’utiliser, on a un gros problème.


Nous en sommes à peu près là chez Hardbacon. À la suite d'un rapport sur l’expérience utilisateur sur Hardbacon.ca et d’un remue-méninges (brainstorming) organisé par Agile Growth, nous ne pouvions plus ignorer la réalité. Quelqu’un qui visite notre site Web actuel a du mal à comprendre ce qu’est exactement Hardbacon. Et ce n’est pas si surprenant que ça, considérant qu’on fait plusieurs choses en même temps, et que le site actuel contient très peu d’explications.


Pour l’instant, ce sont les textes de Hardbacon qui sautent aux yeux des internautes qui arrivent sur notre page d’accueil. Ce qui est tout à fait normal pour un média en ligne comme LesAffaires.com, mais beaucoup moins pour une start-up techno comme Hardbacon. Plus bas, nous présentons nos comparateurs de plateformes d’investissement. Le problème, c’est qu’une bonne part de notre public cible, des néophytes en matière d’investissement, ne sait pas quoi en faire.


L’app de Hardbacon


L’autre problème de notre site actuel est que nous ne parlons même pas de notre produit principal, que nous comptons lancer en juin. Il s’agit d’une plateforme de simulation boursière, qui sera éventuellement appelée à devenir une plateforme de négociations boursières, avec laquelle les gens pourront investir de l'argent «réel» (par l’entremise d’un courtier).


Cette application rendra l’investissement en Bourse plus simple pour les néophytes, qui seront en quelque sorte encadrés lorsqu’ils investiront. S’ils ne veulent pas voler de leurs propres ailes dès le début, ils pourront choisir parmi un grand nombre de portefeuilles bâtis par des gestionnaires de portefeuille professionnels.


S’ils font une transaction inhabituelle, une mise en garde s’affichera. Si leur portefeuille est trop peu diversifié, ou trop exposé à une devise étrangère, une mise en garde expliquant des principes de bases de l’investissement s’affichera. L’idée n’est pas de conseiller les investisseurs néophytes, mais de les accompagner et de les éduquer durant leurs premiers pas dans le monde de l’investissement.


Je n’ai pas sorti ce produit d’une boite de céréales. C’est en constatant les erreurs commises par les investisseurs néophytes, et en écoutant les craintes des non-investisseurs, que j’ai commencé à travailler sur cette solution. Cela dit, il est grand temps de commencer à effectuer des tests pour savoir si les gens veulent de ce produit. Aussi, nous avons décidé de présenter en quelques mots ce produit phare de Hardbacon en haut de la nouvelle version de notre page d’accueil.


Les maudits tests A/B


Nous avons donc effectué quelques tests pour vérifier l’attrait de différents textes décrivant brièvement notre proposition de valeur. Ayant un budget très limité, j’ai décidé d’utiliser Unbounce, avec la ferme intention de fermer mon compte après la période de 30 jours d’essai gratuit. Après avoir dépensé 100$ de publicité Facebook, le résultat n’était pas très concluant. Il faudrait dépenser plus, mais je préfère m’abstenir pour l’instant.


L’un des problèmes que nous avons est qu’il est difficile d’expliquer la proposition de valeur de notre app en quelques mots, tout en étant assez précis pour les gens comprennent en quoi notre produit se distingue de ce qui existe sur le marché.


Pour y voir plus clair, j’ai aussi utilisé mon compte Facebook pour poser des questions et j’ai eu plein de commentaires intéressants, mais le problème, c’est qu’on m’a conseillé tout et son contraire. Il faut dire que mes amis Facebook ne sont pas homogènes et que certains s’y connaissent beaucoup mieux en matière d’investissement que la clientèle qu’on vise chez Hardbacon.


J’ai donc décidé de faire une nouvelle série d’interviews avec des clients potentiels, mais cette fois, avec des gens qui n’avaient jamais investi en Bourse, histoire de voir comment susciter leur intérêt. J’ai donc invité les abonnés à l’infolettre de Hardbacon de me donner leur numéro de téléphone et leur disponibilité par l’entremise de You Can Book Me, un outil en ligne super pratique que j’ai découvert récemment.


J’ai donc une vingtaine d’entretiens téléphoniques de prévus cette semaine, et j’en ai déjà réalisé cinq. Ça m’a beaucoup aidé à mieux cerner les besoins des non-investisseurs. Et j’ai même noté quelques phrases qui pourraient devenir notre texte d’accroche. Utiliser les mots de notre clientèle cible, m’a-t-on dit, est un bon moyen d’entrer en relation avec eux.


Par contre, je n’ai toujours aucune idée si j’ai trouvé la phrase magique qui convaincra les gens qu’on veut aider de télécharger notre application. Voici toutefois quelques phrases que j’ai tirées de cet exercice de réflexion.


«Un simulateur boursier pour ceux qui ne savent pas par où commencer».


«L’investissement en Bourse accessible, simplifié et vulgarisé».


«Apprenez à investir avec notre coach boursier virtuel».


«Un bâtisseur de portefeuille boursier accessible à tous».


Avant de faire un choix, je vais parler à plein d’autres non-investisseurs. Puis, il faudra faire d’autres tests A/B, et mettre plus d’argent en pub. Sinon, il y a toujours l’option d’imprimer deux pages Web contenant des textes différents et de faire des tests devant le métro. Après l’avoir fait lire aux gens pressés que j’aurai accrochés, je leur demanderai leur courriel. La page qui me permettra d’attraper le plus de courriels (en essayant de ne pas avoir l’air du gars de Greenpeace qui veut toujours que je signe sa pétition) sera la gagnante.


Principales réalisations:



  • Publication d’une première publicité dans notre infolettre

  • Réalisation de quatre présentations devant public

  • Réalisation de plusieurs tests A/B


Mesures de croissance:



  • Revenu: 0$ (total: 3650$, croissance: 0%)

  • Nouveaux abonnés à l’infolettre : 54 (total: 2911, croissance: 2%) 

  • Nouveaux abonnés sur Snapchat : 3 (total 146, croissance: 2%)

  • Nouveaux abonnés sur Instagram : 85 (total: 1183, croissance: 8%)

  • Nouveaux J’aime sur Facebook : 44 (total: 2167, croissance: 2%)

À propos de ce blogue

DE ZÉRO À UN MILLION est le blogue de Julien Brault, qui a fondé la start-up Hardbacon en juin 2016. L’ancien journaliste de Les Affaires relate ici chaque semaine comment il transforme une idée en entreprise. Dans ce blogue, Julien Brault dévoile notamment chaque semaine ses revenus. Une démarche sans précédent qui est cohérente avec les aspirations de Hardbacon, qui vise à aider les gens à investir intelligemment en faisant voler en éclat le tabou de l’argent. Ce blogue sera ainsi alimenté jusqu’à ce que Hardbacon, qui n’avait aucun revenu lors de la publication du premier billet, génère un million de dollars en revenu annuel.

Julien Brault

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