L'agilité organisationnelle: d'abord une question d'émotions!

Publié le 25/10/2018 à 09:31

L'agilité organisationnelle: d'abord une question d'émotions!

Publié le 25/10/2018 à 09:31

Jean-François Bertholet. (Photo: courtoisie)

BLOGUE INVITÉ. Chaque époque amène son lot de «buzzwords»! Que je le demande en conférence, à mes classes à HEC Montréal ou en entreprise, c’est unanime: la tendance en 2018, c’est l’agilité organisationnelle! 


Pourquoi l’agilité organisationnelle a la côte en 2018? Parce que trop souvent, nous avons le sentiment que les choses ne bougent pas et que le moindre changement amène son lot de résistance. En bon québécois, on a «bien de la misère à se revirer sur un 10 cennes!». D’autant plus que l’époque commande cette capacité à évoluer rapidement; la complexité de l’environnement d’affaires et l’innovation requise pour survivre nous amènent à rêver aux belles promesses de l’agilité en matière de performance.


Alors, comment vraiment devenir agile? Trop souvent, les organisations qui veulent renforcer l’agilité demeurent dans leur zone de confort en travaillant le rationnel et le tangible: les structures, l’organisation du travail, les méthodes de communication et les mécanismes de prise de décision. Et c’est bien. Mais je pose la question: si l’agilité n’était pas d’abord et avant tout une question d’émotion, de «mindset», d’attitude (salutations à Marc Bergevin) et d’énergie?


Les équipes sportives avec un taux élevé de mobilisation collective ont rarement des problèmes avec le plan de match! À l’opposé, peu importe la structure et la qualité du plan, une équipe sans esprit de corps et volonté n’arrivera à rien. Si c’est évident dans le sport, pourquoi ne l’est-ce pas en entreprise? Peut-être parce que dans l’ADN du «management», on laisse peu de place à l’émotion et à l’intangible!


Je consultais cette semaine une étude de la firme McKinsey démontrant que les changements organisationnels réussis ne vivaient pas moins de résistance et d’anxiété au départ, mais qu’on passait au travers lorsque l’on réussissait à générer de l’enthousiasme et du momentum. Ne serait-ce pas ça l’agilité? Quand vous avez une organisation composée de membres engagés et enthousiastes, peu importe la structure, la magie opère, les gens se parlent, l’information circule! L’agilité ne peut émerger d’une dynamique lourde et d’une intention de contrôle.


Comment passer à l’action et bonifier les conversations internes de votre entreprise sur l’agilité? Je vous suggère deux questions à lancer chez vous, sous formes de pistes de conversations: 


1) Dégageons-nous, à travers nos discussions sur l’agilité, un désir de renforcer le contrôle de l’organisation? Est-ce une patente à gosse, une bouée de sauvetage, ou une réelle volonté de requestionner notre management? 


2) Quand on parle d’agilité chez nous, parle-t-on uniquement du tangible (les structures, les méthodes, les processus) ou aborderons-nous l’intangible (la mobilisation, l’énergie, les émotions, le cœur)?


Si vous posez ces deux questions et qu’on vous regarde avec un air de «Kumbaya ça va?», c’est signe que vous venez de toucher à quelque chose.

À propos de ce blogue

Ce blogue est une invitation à questionner notre rapport avec la performance à l’ère 4.0. Le monde a changé, mais est-ce que notre façon d’envisager le succès au travail a suffisamment évolué? Consultant en développement organisationnel, spécialiste du monde du travail, enseignant à HEC Montréal, et conférencier, Jean-François Bertholet met tout son cœur à explorer de grands principes, parfois contre-intuitifs, afin d’optimiser votre propre performance et celle de vos collaborateurs.

Jean-François Bertholet