Le leadership féminin en pleine évolution

Publié le 18/05/2017 à 17:14

Le leadership féminin en pleine évolution

Publié le 18/05/2017 à 17:14

L’agilité, l’ambition, l’attitude, la gestion de soi, le sens politique sont des caractéristiques essentielles pour exceller aujourd’hui dans un poste de leader. Les capacités d’évoluer et de s’adapter aux turbulences sont, quant à elles, des caractéristiques indispensables, pour réussir à passer à travers les années. C’est qui ressort de la 7e conférence Femmes Leaders, présentée par les Événements Les Affaires, le 16 mai dernier, à Montréal.


«Si on n’est pas nous-mêmes solides devant les changements, comment voulez-vous que nos équipes y adhèrent?», a indiqué la conférencière Janie C. Béïque, vice-présidente principale ressources naturelles, industries, divertissements et biens de consommation au Fonds de solidarité FTQ. Mme Béïque qui gère une équipe d’une vingtaine d’employés, analyse des dizaines de dossiers chaque année qui se traduisent par plus de 200M$ d’investissement.


 «Il se peut qu’on soit inquiète devant certaines situations de turbulence. Des turbulences qui proviennent non seulement de l’intérieur, mais aussi de l’extérieur. D’où la nécessité d’aller chercher de l’information pour les communiquer ensuite aux gens de l’équipe», a expliqué Mme Béïque. À ce propos, elle a partagé un de ses bons trucs avec les participantes de la salle : elle va luncher régulièrement avec divers intervenants pour l’aider à combler sa quête d’informations. «Ce sont pour la plupart des gens que je ne connais pas dont j’ai amassé les cartes d’affaires au fil des ans», a-t-elle raconté.  


Des caméléons qui donnent l’exemple


«Un bon leader n’a pas le choix d’évoluer. On ne dirige plus une entreprise ou des équipes comme on le faisait dans les années 1970. C’était l’époque où les boss s’entouraient de «doers». Aujourd’hui, on se doit d’être des coachs, des mentors pour stimuler nos troupes», a, pour sa part, signalé la panelliste Francine Laurin, vice-présidente associée chez Placements TD Direct. Embauchée en 1978 comme caissière chez TD, Mme Laurin a justement assisté, en plus de participer, à l’évolution du rôle de leader au sein de plusieurs départements de son institution financière.


 

«Ces jours-ci, a-t-elle poursuivi, il faut être des caméléons. Il faut avoir la capacité d’écouter chaque génération avec laquelle on travaille. Ce qui n’est pas toujours évident. Suis-je nostalgique des anciennes méthodes de gestion? Pas du tout. Certes, le rôle de leader est devenu plus complexe, mais combien plus stimulant. Et pour tout dire, j’aime beaucoup mieux mon rôle de leader aujourd’hui, qu’il y a dix ans», a-t-elle précisé devant les 175 participantes de l’événement.


Guylaine Bergeron, directrice générale communications, marketing et marque pour la Société Radio-Canada a appuyé les propos de sa collègue de panel. Elle a aussi souligné l’importance, comme leader, de pouvoir travailler en transversalité. Elle a d’ailleurs cité en exemple le changement que s’apprête à vivre son équipe : l’abandon des bureaux traditionnels fermés pour des espaces collaboratifs.  «Ce décloisonnement sera complété dans trois ans. Mais déjà, en tant que leader, je me dois de préparer l’équipe à ce changement. Et ça commence par moi-même. D’ici deux mois, je vais quitter les quatre murs de mon bureau pour donner l’exemple», a-t-elle raconté.


À vos ordres, colonel


Enfin, le clou de la journée revient à la colonel Annie Bouchard, médecin-chef de l’Armée canadienne. Lors de l’allocution de clôture, cette militaire a illustré, par ses multiples expériences, que le développement du leadership s’effectue encore et toujours sur le terrain.  Oubliez les livres et les bancs d’école, a-t-elle insisté.



Du haut de ses 5 pieds 2 pouces, cette colonel, originaire de Chambord, a fait rire la salle tout au long de sa présentation. Elle a enchaîné les histoires et anecdotes sur son évolution dans l’armée, et ce, à partir de sa toute première mission en Haïti, en 1996. «Je me suis retrouvée, à 27 ans, à diriger une équipe de 22 techniciens médicaux, tous des gars que je n’avais jamais rencontrés… et qui parlaient tous anglais. Je suis devenue bilingue», a-t-elle raconté.


Jeune, a-t-elle dit, elle en voulait au système. Salaire, promotion…elle trouvait que les choses n’avançaient pas assez vite dans l’armée. «J’ai d’ailleurs quitté l’armée pendant quatre ans au début des années 2000. Une période qui m’a permis de prendre du recul…et de voir que l’herbe n’était pas plus verte ailleurs.»


En fait, elle a réalisé que sa carrière lui appartenait. «J’étais responsable de mon cheminement», a-t-elle répété à quelques reprises. «Je devais apprendre qu’il faut prendre du temps pour bien comprendre les autres, les situations et être en mesure de mieux développer ses capacités d’analyses. Il y a des étapes à franchir.»


Aujourd’hui, Annie Bouchard figure parmi les huit plus hauts gradés du milieu médical de l’armée canadienne. Elle est d’ailleurs la première femme au pays à se hisser au sein de cette équipe de direction. «J’occupe maintenant un rôle où je peux mieux influencer mes pairs afin de faire avancer la cause du personnel médical de l’armée…» 


 



 

À propos de ce blogue

En coulisses est le blogue des Événements Les Affaires. Nous vous proposons un accès privilégié aux meilleures pratiques de la communauté d’affaires québécoises qui sont partagées lors de nos conférences. Notre mission : vous présenter des idées concrètes afin de vous aider dans votre réflexion et répondre à certaines de vos préoccupations d'affaires.

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