Immobilier : Québec préfère être propriétaire

Publié le 05/07/2018 à 14:00

Immobilier : Québec préfère être propriétaire

Publié le 05/07/2018 à 14:00

Le gouvernement du Québec a lancé récemment sa première vision immobilière pour 2018-2023. Au programme : une hausse du ratio propriété/location, des espaces de bureaux collaboratifs et de nouveaux modes de réalisation des projets.


D’ici 2023, Québec veut être propriétaire de 35 % de ses espaces de bureaux, contre 28 % aujourd’hui. Cela équivaudra à convertir en propriété environ 115 000 m2 d’espaces loués en procédant à des acquisitions et en rapatriant des employés dans les immeubles gouvernementaux.


« L’un des avantages d’être propriétaire, c’est qu’on a le plein contrôle sur le développement et la qualité des espaces, souligne Daniel Primeau, vice-président à la gestion de projets Ouest du Québec et à l’expertise de la Société québécoise des infrastructures (SQI). En ce qui concerne la performance énergétique, par exemple, il n’y a rien de mieux que d’être maître à bord. Et bien sûr, à long terme, il est plus économique d’être propriétaire que locataire. »


L’écart entre les lieux loués par le gouvernement et ceux qu’il possède est de 50 $/m2, peut-on lire dans le document La vision immobilière. En 2016, la SQI a payé environ 252 $/m2 pour les espaces en location, contre 195 $ pour ses propres immeubles. L’organisme gère un parc immobilier comprenant 350 immeubles en propriété et 850 emplacements loués, pour un total de 3,2 millions de mètres carrés.


Daniel Primeau viendra parler de la vision immobilière du provincial lors de la conférence Infrastructures et grands projets publics, qui sera présentée par les Événements Les Affaires le 23 octobre à Montréal. 


Plus de collaboration et loyers à meilleurs prix


En plus d’augmenter son ratio de propriétés, Québec entend être davantage à l’affût des opportunités du marché à la fin de ses baux. « Si un ministère ou un organisme doit être situé au centre-ville, il y restera, mais si ce n’est pas nécessaire, nous examinerons la possibilité de le reloger ailleurs », précise M. Primeau.


À Montréal, certaines fonctions administratives pourraient migrer vers l’est du centre-ville pour bénéficier de loyers moins chers. Dans la région de Québec, des organismes gouvernementaux pourraient être relocalisés dans les secteurs Sainte-Foy, Lebourgneuf et Saint-Roch.


Par ailleurs, la SQI a aussi pour mandat de faire évoluer les espaces de travail gouvernementaux vers un concept d’aménagement axé sur la collaboration, la mobilité et la flexibilité.


« L’idée, c’est d’optimiser les espaces, mais aussi d’augmenter la productivité et le bien-être au travail, dit le conférencier. Il faut aller vers ces environnements de travail plus modernes, d’autant plus que c’est ce que les jeunes recherchent. Toutefois, cette approche doit s’accompagner d’une gestion du changement. Il faudra amener graduellement les gens à changer leur façon de travailler. »


Infrastructures


Le bon mode de réalisation


Au cours de la prochaine décennie, Québec prévoit investir quelque 10 milliards par année dans ses infrastructures. Dans le cadre de son rôle de gestionnaire de projets, la SQI mettra en place un processus d’analyse pour sélectionner le mode de réalisation des projets majeurs. Par conséquent, elle ira au-delà des modes traditionnels (entreprise générale, gérance de construction) et considérera également des approches émergentes, comme le mode Construction-Financement ou le IPD (Integrated Project Delivery).


« Il n’est pas question d’explorer de nouveaux modes de réalisation les deux yeux fermés ni de faire des projets pilotes de modes, insiste Daniel Primeau. Ce sera un processus très cartésien qui mènera au choix du mode de réalisation le plus avantageux pour chaque gros projet. »   


Enfin, les projets d’envergure devront dorénavant être conçus à l’aide de la plateforme numérique de partage de données et d’information BIM (Building Information Modeling). Cet outil comprend une maquette en trois dimensions qui permet de visualiser tous les systèmes d’un bâtiment. « S’il y a une interférence entre deux systèmes, on s’en aperçoit tout de suite, dit Daniel Primeau. Il y a donc moins de changements en aval, ce qui réduit le coût des projets et facilite le respect du calendrier de réalisation. »


 


À propos de ce blogue

En coulisses est le blogue des Événements Les Affaires. Nous vous proposons un accès privilégié aux meilleures pratiques de la communauté d’affaires québécoises qui sont partagées lors de nos conférences. Notre mission : vous présenter des idées concrètes afin de vous aider dans votre réflexion et répondre à certaines de vos préoccupations d'affaires.

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