La prudence est de mise, selon un stratège réputé

Publié le 03/04/2018 à 17:19, mis à jour le 04/04/2018 à 10:21

La prudence est de mise, selon un stratège réputé

Publié le 03/04/2018 à 17:19, mis à jour le 04/04/2018 à 10:21

Certains diront que les deux mouvements de repli successifs depuis le début de l’année sont signe que la Bourse n’a pas encore tout à fait réparé ses dommages techniques, après le sommet du 26 janvier.


D’autres croient que le dévoilement imminent d'une hausse de 17% des bénéfices au premier trimestre, le retour des rachats d’actions actuellement en suspens et les 400 milliards de dollars de dividendes qui seront  versés entre mars et mai auront tôt fait de raviver la Bourse, qui vient de connaître le pire début d’avril depuis la Grande Dépression de 1929 et son premier trimestre déficitaire depuis plus de deux ans.


D’autres craignent au contraire que la chute récente d’au moins 20% de 35 des 100 plus fortes pointures du parquet Nasdaq ait un effet de contagion sur le reste du marché.


Les plus pessimistes croient que «l’achat sur faiblesse» qui a dominé depuis 2009 - soit l’achat de titres quand ils reculent - a déjà été remplacé par la tactique inverse qui consiste à prendre ses profits lorsque les cours montent, parce que les investisseurs flairent que le cycle haussier a moins de temps devant lui.


Pour y voir plus clair, les derniers écrits du chef des investissements du Leuthold Weeden Capital Management, de Minneapolis s’imposaient.


Dr. James Paulsen, 60 ans, est non seulement prolifique, mais il a le don de vulgariser des concepts financiers complexes.


Nommé le prévisionniste le plus fiable en 2001 par Bloomberg Business Week, M. Paulsen pilote la stratégie chez Leuthold depuis juillet 2017, mais il s’est fait connaître chez Wells Capital Management pendant 20 ans. 


D’où vient sa prudence?


Son dernier bulletin du 2 avril prêche pour la prudence parce que divers signaux de «stress» font surface, dans l’antichambre de la Bourse.


«Des indicateurs de stress se manifestent dans le marché obligataire, les devises, les matières premières, en plus de celui des actions. Les investisseurs devraient leur prêter oreille», évoque-t-il.


Son baromètre de la santé des marchés a récemment atteint un zénith depuis 40 ans, ce qui ce qui suggère que le marché devient de plus en plus vulnérable aux chocs.


Bien que le S&P 500 ait réussi à se maintenir au-dessus de son plancher du 8 février, la performance comparative des actions par rapport à celle des obligations et la performance relative des titres défensifs par rapport aux titres cycliques est pire qu’au creux de février.


Dans le marché des obligations de sociétés, le rendement additionnel que les investisseurs exigent par rapport à celui des obligations du Trésor augmente depuis la fin de janvier, signe que les financiers sont plus anxieux concernant le bilan des sociétés et leur capacité à verser leurs intérêts et rembourser leur dette à l’échéance.


Dans le marché des matières premières, l’or performe mieux que le cuivre, depuis la fin de 2017, un autre signe de positionnement défensif de la part des investisseurs.


Enfin, le dollar américain n’a pas touché un nouveau creux par rapport au panier de devises de ses partenaires commerciaux, depuis le début de février. Cela suggère que le billet vert renoue un peu avec son rôle-refuge alors que les investisseurs appréhendent un ralentissement de la cadence de l’économie mondiale.


L'indicateur qui met en commun les signaux de ces cinq marchés suggère que le stress augmente et «chuchote» un message de prudence.


Historiquement, l’indicateur n’est pas infaillible, mais depuis 2000, ses signaux de vente et d’achat ont été «exceptionnels», indique le stratège.


«Il est possible que l’optimisme de pointe atteint à la fin de janvier s’avérera temporaire (en tant qu’indicateur contraire), mais le niveau actuel de l'indicateur est près de ceux qu’il avait atteint avant les sommets de 2000 et de 2007. Il est aussi plus élevé qu’avant les mouvements de repli de 2011 et de 2014», dit-il.


Le baromètre de M. Paulsen prend en quelque sorte le pouls du rapport risque-rendement de la Bourse et son sommet récent signale surtout que les risques augmentent.


 

À propos de ce blogue

La Sentinelle de la Bourse se veut un blogue pour les investisseurs qui s¹intéressent aux rouages de la Bourse et aux marchés financiers. Son objectif : surveiller et débusquer des repères financiers pertinents pour prendre le pouls des Bourses et ainsi mieux aiguiller les décisions de placement de l¹investisseur.

Dominique Beauchamp
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