Bourse: la tête en vacances, les pros font fi de deux bonnes nouvelles

Publié le 25/05/2018 à 16:25

Bourse: la tête en vacances, les pros font fi de deux bonnes nouvelles

Publié le 25/05/2018 à 16:25

Est-ce que le cap de 3$US à la pompe en ce week-end du Memorial Day ou les récentes prédictions de 100$US le baril qui ont fait déborder le vase? On ne le saura jamais, mais voilà que l’Arabie saoudite et la Russie s’entendent pour envisager de mettre fin à leur coupes délibérées de production plus tard cette année.


Résultat: le baril de pétrole West Texas a flanché de 4%, en cette veille de congé férié aux États-Unis qui donne symboliquement le coup d'envoi à l'été.


Le repli rapide à 67,78$US le baril a été amplifié par l’effet de surprise, par un grand nombre de paris pour d’autres gains pétroliers tout à coup déficitaires ainsi que par la raréfaction des négociateurs avant un rare long week-end américain.


Le Dow Jones cède 0,3%, le S&P 500 0,4% et le S&P/TSX 0,2%. Seul le Nasdaq s’offre un infime gain de 0,08%, le 25 mai.


«Les Bourses réagissent peu, car les investisseurs hésitent aussi à prendre position au moment où de nouvelles tensions politiques émergent en Italie, en Espagne et en Turquie, entre autres», évoque aussi Martin Roberge, stratège quantitatif, de Canaccord Genuity.


Soupape bienvenue


Le recul du prix du carburant est une bonne nouvelle pour les Bourses, car il détend un peu l’étau des conditions financières.


Les taux américains phares de 10 ans sont aussi retombés un peu plus bas sous le seuil psychologique de 3%, à 2,93% le 25 mai, ajoutant au mouvement de détente.


L’effet combiné du bond du pétrole et de la remontée des taux commençait à jouer les trouble-fête économiques puisqu’il équivaut à une taxe pour les consommateurs et les entreprises.


D’ailleurs, un indicateur composé du pétrole, du dollar américain et des taux approchait dangereusement de la zone de «resserrement» qui a précédé les trois dernières récessions. 


Étant donné que l’inflation fait preuve de modération, l’augmentation du prix du carburant était devenue davantage un ralentisseur pour l’économie mondiale qu’un signal d’accélération économique.


La Bourse est en meilleure posture pour connaître un dernier élan, grâce au probable «atterrissage en douceur» de l’économie, fait valoir M. Roberge.


Des taux américains de 10 ans supérieurs à 3,25%, et un cours du pétrole supérieur à 75 $US, ainsi qu’un dollar américain qui dépasse 95 (l’indice DXY est actuellement à 94) feraient basculer l’économie américaine en récession.


«Un tel trio ne ferait pas nécessairement flancher la Bourse immédiatement, mais les actions deviendraient nettement plus risquées», explique celui qui accorde une proportion de 57% aux actions dans sa stratégie tactique, soit 2% de plus qu’une répartition neutre.


De toute façon, le stratège répète qu’il doute que les taux américains repères dépassent la barre de 3,25%, dans le cycle actuel.


Un tel niveau serait en effet 50% plus élevé que la moyenne mobile de quatre ans de 2,2%, un seuil observé seulement lors des périodes d’inflation galopante des décennies 1970 et 1980.


Une remontée durable du dollar américain est également peu probable à son avis, si l’on se fie au comportement de la devise lorsque les États-Unis souffrent d’un double déficit, soit un déficit budgétaire et autre du compte courant.


M. Roberge s’attend d’ailleurs à ce que le billet vert faiblisse à nouveau au deuxième semestre de 2018.


«La seule incertitude du trio des conditions financières est le cours du pétrole» et on dirait que Trump, Putin et ben Salmane ont vu un intérêt stratégique à laisser l’économie respirer un peu.


Reste bien sûr à savoir si cette fragile coopération durera.


 

À propos de ce blogue

La Sentinelle de la Bourse se veut un blogue pour les investisseurs qui s¹intéressent aux rouages de la Bourse et aux marchés financiers. Son objectif : surveiller et débusquer des repères financiers pertinents pour prendre le pouls des Bourses et ainsi mieux aiguiller les décisions de placement de l¹investisseur.

Dominique Beauchamp
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