Shopify : «Non, le commerce de détail n'est pas mort»

Publié le 23/05/2018 à 09:13

Shopify : «Non, le commerce de détail n'est pas mort»

Publié le 23/05/2018 à 09:13

Du haut de ses 3000 employés, Shopify n’a ni l’ampleur d’un Amazon, ni la valeur boursière d’un Square. Et pourtant, ce spécialiste du commerce électronique est en train de se bâtir à la vitesse grand V une lucrative niche dans le transactionnel, tant en ligne que hors ligne.


L’entreprise d’Ottawa, qui embauche à pleines portes tant à Montréal qu’à Toronto et Waterloo, a doublé de taille depuis 2016. Ses superbes bureaux du Square Victoria, dans le centre-ville montréalais, ont gagné un étage supplémentaire afin d’offrir de la place à 120 nouveaux venus, à court terme, puis 150 autres professionnels par la suite.


Bref, même si l’arrivée probable d’un nouveau rival comme Adobe Systems dans les outils transactionnels a suffi à faire chuter son titre de 6% en Bourse au début de la semaine, l’entreprise ne craint pas pour son avenir.


«On voit la même chose partout: il y a plus de gens que jamais qui veulent se lancer en affaires. Au Québec, ce sont 46% des gens qui songent à créer leur propre vitrine en ligne afin de vendre leurs produits. Chez nous, la somme totale des ventes effectuées à l’aide de notre plateforme a bondi de 187% en un an», résume Cynthia Savard Saucier, directrice de l’expérience d’utilisation pour Shopify. 


Un géant qui s’ignore


À l’œil, on a effectivement l’impression que Shopify est un géant qui s’ignore. On a l’impression que son existence en dehors de la Silicon Valley pèse sur la perception qu’en ont les investisseurs et les experts en technologie. Après tout, voilà une entreprise qui aide 600 000 commerçants répartis dans quelque 175 pays.


Il reste toutefois à l’entreprise à générer des profits stables et durables. En 2017, elle a enregistré une perte nette par action de 0,40$, ce qui est typique pour une start-up, mais ce qui devra changer, si Shopify veut consolider sa place dans un marché du détail numérique qui est de plus en plus chaud.


«Ça va très bien pour nous, mais on sent qu’on peut faire mieux», poursuit Mme Savard Saucier. «Au Québec et ailleurs dans le monde, on doit s’impliquer davantage dans les communautés locales.» Une leçon apprise un peu à la dure il y a deux ans, alors que la direction cherchait un expert en communication pour desservir le marché francophone du Québec… basé à Toronto.


«Aujourd’hui, ça ne marcherait pas», assure Larry Lumsden, vice-président à l’ingénierie. «On a beaucoup grandi depuis ce temps-là.» Tant physiquement, avec de plus grands espaces de travail, que mentalement, en comprenant mieux le besoin d’une visibilité en personne là où on fait affaires, même si tout repose sur de la vente en ligne dématérialisée. 


Le Canada au cœur du monde


L’automne dernier, à l’occasion du fameux Vendredi fou américain, Shopify a traité pour un milliard $ en ventes en ligne, en une seule journée. Tout ça a été fait à partir de Montréal, où sont développés les outils de paiement («check-out») de sa plateforme. Contrairement à d’autres, en plus de la créativité, c'est la qualité technique des travailleurs montréalais qui intéresse Shopify.


«Il y a des gens très compétents du côté technique du numérique à Montréal. On n’a pas besoin d’aller en Californie pour les chercher. En même temps, eux n’ont pas besoin non plus d’aller en Californie pour se trouver un boulot dans leur domaine. Nous sommes là!», ajoute M. Lumsden.


Autre son de cloche dissonant: la pénurie de main-d’œuvre, qui n’est peut-être pas aussi grave qu’on se plait à la dépeindre, au Québec. «Avec six universités à Montréal seulement, on trouve tout le talent dont on a besoin.»


Ça aide, quand on doit assurer le bon fonctionnement de milliers de sites transactionnels sur une base quotidienne. En plus d’outils de paiement en succursale, une composante clé de la stratégie de Shopify pour se distinguer d’Amazon.


«Shopify a été fondée par un fabricant de planches à neige qui a dû créer sa propre plateforme de vente numérique, par Internet mais aussi en personne. On ne veut pas cacher nos commerçants. On veut les aider à développer leur marque. On croit que plus il y a de voix, plus il y a de choix», assure Mme Savard Saucier.


«Car, non, le commerce de détail n’est pas mort.»


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À propos de ce blogue

Autrefois, on appelait ça de l'électronique mais de nos jours, les nouvelles technologies vont bien au-delà des transistors et des circuits imprimés. Des transactions bancaires à l'écoute en rafale d'émissions de télé les plus populaires, la technologie est omniprésente. Et elle comporte son lot de questionnements. Journaliste spécialiste des technologies depuis bien avant l'avénement du premier téléphone intelligent, Alain McKenna a observé cette évolution sous tous ses angles et livre ici ses impressions sur le sujet.

Alain McKenna
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