Patrick Gagné, l'ex-directeur général de Téo Taxi, n'en a pas fini avec la mobilité montréalaise

Publié le 03/04/2018 à 09:30

Patrick Gagné, l'ex-directeur général de Téo Taxi, n'en a pas fini avec la mobilité montréalaise

Publié le 03/04/2018 à 09:30

Patrick Gagné, «PDG en résidence» de la Fondation OSMO. (Photo: OSMO)

Quand la nouvelle est tombée en janvier dernier que Patrick Gagné quittait Taxelco, l’entreprise qu’il a fait grandir avec l’aide du fonds d’investissement d’Alexandre Taillefer, ça en a surpris plus d’un. L’été dernier, M. Gagné avait pris le temps de détailler avec Les Affaires des plans de croissance qui menaient ses Téo taxis vert-et-blanc quelque part en 2020.


Dans ce contexte, sa nomination au poste de «PDG en résidence» de la Fondation OSMO, officialisée il y a deux semaines, a de quoi rassurer. Ce titre, une formule anglophone populaire dans le capital-risque et le droit, implique qu’il s’agit d’un poste temporaire, visant à aider les futurs PDG à acquérir l’expertise nécessaire à ce rôle.


Est-ce que Patrick Gagné va lui-même devenir un meilleur entrepreneur, ou va-t-il plutôt aider les dirigeants de jeunes pousses avec sa propre expérience? Les deux, on le sent bien. «OSMO, c’est un point central. Tout le Montréal techno passe ou est passé par là», dit-il, en entrevue. «Avec Alan McIntosh (qui a cofondé cet organisme gérant notamment la Maison Notman), on va lui donner plus de visibilité partout au Québec.» 


De Facebook et Google à Amazon et Apple?


De par les gens qui la composent et le lieu où elle se trouve, la Fondation OSMO est très près d’une bonne partie de l’écosystème des start-ups montréalais. Philippe Telio de Startup Fest, Daniel Robichaud de PasswordBox (Intel), Jean-François Gagné d’Element AI, et d’autres encore ont orbité autour de la Maison Notman, sur la rue Sherbrooke, à Montréal.


«On veut se rapprocher du gouvernement, des universités et des grandes entreprises. On veut que la ville continue de rayonner à l’international», ajoute M. Gagné. Avec l’émergence des technologies de l’intelligence artificielle, la métropole québécoise a accueilli Google, Microsoft, Facebook et Samsung. Quand on dresse la liste, on réalise qu’il ne manque qu’Apple et Amazon, à Montréal…


«Ce n’est pas exclu» que le PDG en résidence tente de les courtiser, admet-il, mais si ça se produit, ce sera sans doute grâce à l’influence d’autres que lui, car il a les yeux sur un autre secteur, qu’il connait bien : la mobilité.


«Mon mandat, en fait, est de développer un nouveau marché permanent. J’aurais bien de la misère à me concentrer sur autre chose.»


Un InnoCité MTL de la mobilité?


En 2015, alors que le concept de ville intelligente commençait à prendre un peu plus d’ampleur (ça fait bien 10 ans qu’on en parle, mais jamais autant qu’au cours des trois dernières années…), Patrick Gagné a fait partie des gens qui ont mis sur pied InnoCité MTL, un accélérateur de jeunes entreprises qui ciblait justement ce créneau.


En jumelant cette expérience avec celle plus récemment acquise du côté des taxis électriques (et de toute la technologie soutenant ce réseau de véhicules qui assure sa logistique), l’entrepreneur montréalais trace les contours de ce «mandat», même s'il est acquis que ça ne prendra pas la forme d’un incubateur ou d’un accélérateur de jeunes entreprises de mobilité urbaine, intelligente, ou connectée.


M. Gagné s'impliquera tout de même dans le développement de ce secteur, et ça comblera un vide criant à Montréal et au Québec, où malgré toutes les bonnes intentions, la qualité du réseau de transport ne va pas en s’améliorant. Attaquer de front les enjeux de congestion, de pollution et de frustration liés au fait d’avoir à se déplacer dans le grand Montréal est un défi de taille, mais pour le faire, peu de gens ont un bagage comparable à celui de Patrick Gagné.


Avec l’arrivée d’une nouvelle mairesse qui se positionne comme une championne de la mobilité (mais qui ne semble pas trop savoir comment s’y prendre), il y aura certainement un appui politique pour la création d’un tel pôle de la mobilité. Bref, le moment semble bien choisi pour lorgner de ce côté.


Seul bémol pour M. Gagné : dans son nouveau rôle, il n’aura plus la chance de se déplacer en grosse berline Tesla, une des exclusivités de Téo Taxi. En revanche, il pourra désormais emprunter le taxi, le vélo ou le métro de son choix, au moment où il le voudra, puisqu’il n’aura plus à attendre de longues minutes qu’un véhicule soit disponible pour le mener à destination…


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À propos de ce blogue

Autrefois, on appelait ça de l'électronique mais de nos jours, les nouvelles technologies vont bien au-delà des transistors et des circuits imprimés. Des transactions bancaires à l'écoute en rafale d'émissions de télé les plus populaires, la technologie est omniprésente. Et elle comporte son lot de questionnements. Journaliste spécialiste des technologies depuis bien avant l'avénement du premier téléphone intelligent, Alain McKenna a observé cette évolution sous tous ses angles et livre ici ses impressions sur le sujet.

Alain McKenna
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