Robotics Design modèle l'innovation modulaire

Publié le 03/12/2011 à 00:00, mis à jour le 17/01/2012 à 14:23

Robotics Design modèle l'innovation modulaire

Publié le 03/12/2011 à 00:00, mis à jour le 17/01/2012 à 14:23

Charles Khairallah, de Robotics Design, invente et commercialise des robots. [Photo : Gilles Delisle]

L’heure des décisions : Innovation (1/2) -


Georges Lucas, auteur de La Guerre des étoiles, a conçu une pléiade de robots aux tâches diverses, grâce à son imagination. Charles Khairallah, fondateur et propriétaire de Robotics Design, va plus loin : en plus de les inventer, il les commercialise.


À son actif, de nombreux modèles aux utilités éclectiques, allant du robot d'entretien (de conduits de ventilation, par exemple), aux bras mécaniques industriels, en passant par des outils destinés à la recherche scientifique.


Pour cette entreprise de robotique montréalaise hypercréative, l'innovation n'est pas un choix ; c'est sa raison d'être et son leitmotiv.


«Il doit y avoir une trentaine d'entreprises qui œuvrent dans ce secteur dans le monde, estime M. Khairallah. Pour s'insérer parmi les meilleurs, il nous faut nous démarquer.»


L'entrepreneur a donc créé sa propre philosophie de la mécanique. «En robotique traditionnelle, ce sont généralement les programmes qui sont interchangeables. Avec nous, c'est l'aspect physique du robot, son corps même, qui peut changer. C'est comme un Lego industriel !»


Dernière innovation en date : un bras mécanique réalisé pour Hydro-Québec, destiné à la manutention et à la réparation des stations hydroélectriques. Il est entièrement adaptable, démontable et transportable. Robotics Design est aussi derrière les stations d'ancrage modulaires des fameux Bixi, qui figurent parmi les meilleures innovations 2009 du Time Magazine.


«L'approche de type «Lego» est très intéressante, car elle donne la capacité de formater et reformater les appareils en fonction des besoins des clients», commente Laurent Simon, professeur de management à HEC Montréal et codirecteur de la plateforme de recherche et d'échange en management de l'innovation MosaiC. «Travailler avec des industries différentes et transférer des connaissances de l'une à l'autre offre une grande souplesse.»


Les rouages du marché


Les robots de Charles Khairallah ne sont pas les seuls qu'il qualifie de «modulaires». Il applique aussi le terme à son équipe : en fonction des projets en cours, elle grossit et dégonfle, allant de cinq à une seule personne - l'entreprise emploie à forfait des travailleurs autonomes. Le chiffre d'affaires de Robotics Design est également fluctuant : tout repose sur la capacité des innovations à percer sur le marché. Avec un pic de 200 000 $ atteint en 2010.


Mais on n'innove pas seul. Robotics Design doit faire affaire avec des sous-traitants pour l'usinage et un réseau de distributeurs. Sa clientèle est québécoise et européenne, comme l'entreprise bordelaise de systèmes d'aération Kel'air.


«Il nous faut une force de commercialisation, et nous avons besoin de financement pour cela», indique l'ingénieur, qui est à la recherche d'investissements privés ou d'un coup de pouce substantiel du gouvernement.


Parmi les projets en cours, celui de la conception d'un robot démineur et de neutralisation des explosifs, plus habile et léger que les modèles disponibles actuellement, s'avère commercialement très prometteur.


«Nous avons cerné un besoin, notamment en France, pour ce type de robots, et un distributeur a signalé son intérêt.»


Pour Laurent Simon, «l'idée de l'internationalisation est loin d'être idiote. Le marché québécois ne sera jamais suffisant pour tout absorber, et s'appuyer sur des grands industriels locaux pour aller vers les marchés étrangers est une bonne stratégie».


Protection automatique


L'ingénieur a vite compris, dès sa sortie de l'École de technologie supérieure de Montréal, que l'une des pièces maîtresses de l'innovation repose sur la protection. «J'ai toujours protégé la propriété intellectuelle», dit celui qui détient aujourd'hui une dizaine de brevets.


M. Simon nuance toutefois ce réflexe, car la protection doit être le fruit d'une mûre réflexion et devrait être évaluée au cas par cas : «Protéger ses innovations prend du temps et entraîne des coûts. Il ne faut pas hésiter à se faire conseiller sur ce plan-là. La valeur vient souvent d'un savoir-faire, pas forcément de la protection.»


Soucieux de protéger ses inventions, M. Khairallah s'interdit de nous parler de ses autres projets en développement, encore embryonnaires. «Je ne peux rien révéler pour l'instant, si ce n'est que ce sera dans le cadre d'un partenariat Canada-France. Mais si ça marche, vous en entendrez parler !»


ROBOTICS DESIGN EN CHIFFRES


200 000 $


Chiffres d'affaires


1997


Année de fondation


12


Nombre de brevets déposés (deux sont en cours de validation).

À suivre dans cette section


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Contrats publics

Mardi 22 janvier


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Santé psychologique

Mardi 22 janvier


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Sommet Énergie

Mardi 29 janvier


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ROI marketing

Mardi 29 janvier


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Financement PME

Mercredi 30 janvier


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Sécurité alimentaire

Mercredi 06 février


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Science des données

Mardi 12 février


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Pénurie de talents

Mercredi 13 mars


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Objectif Nord

Mardi 09 avril


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Femmes Leaders

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Gestion agile

Mercredi 08 mai

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