Les villes doivent mettre leurs mobilités en réseau

Offert par Les Affaires


Édition du 17 Juin 2017

Les villes doivent mettre leurs mobilités en réseau

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Édition du 17 Juin 2017

Par Les Affaires

[Photo : 123RF]

Confrontées à trois enjeux majeurs accentués par le désengagement des États-nations, les villes détiennent des solutions, à condition de transformer leur mode d'action au service de l'intérêt général.


La transition énergétique vers une société à bas carbone, implique de diviser par quatre nos émissions en 2050 et de les supprimer d'ici la fin du siècle.


La réduction de la pollution en ville est une question qui touche à la responsabilité pénale de nos dirigeants politiques : pour le Québec seulement, cela entraîne près de 2 000 morts prématurées par an, et un surcoût pour le système de soins de santé de plus de 4 milliards de dollars (G$) par an au Canada.


La réduction de la congestion, enfin, est une question de pragmatisme, car elle coûte, uniquement en productivité, 1,4 G$ par an à une ville comme Montréal.


À l'échelle d'un territoire, les mobilités sont le noeud du problème. C'est là qu'il faut rechercher des solutions.


Pour répondre à ces défis, la mégalomanie et le futurisme font toujours recette. Le MIT prédit ainsi que Singapour pourrait répondre aux besoins de transport de ses 6 millions d'habitants à l'aide de 300 000 véhicules autonomes partagés, en lieu et place de 800 000 véhicules individuels aujourd'hui. L'OCDE prédit la suppression de 90 % des véhicules en circulation à Lisbonne en imposant la mutualisation des trajets en robotaxi. Flow, filiale de SideWalk Labs, l'incubateur de projets urbains de Google-Alphabet, se propose d'accompagner les villes du monde entier pour résoudre tous leurs problèmes d'infrastructure en exploitant les données. Uber lève toujours plus de fonds et voit même des voitures volantes envahir le ciel de nos villes, tandis qu'Elon Musk envisage de transformer nos sous-sols en gruyère pour y faire rouler nos voitures. Quant aux constructeurs automobiles, ils peinent à faire le deuil de la voiture individuelle en ville et s'allient à ceux qui réclament plus de routes et d'infrastructures, alors même que celles-ci ne font qu'aggraver la thrombose.


Dans le même temps, d'autres solutions émergent. Communauto, pionnier de l'autopartage à Montréal, a fait des émules dans toute l'Amérique du Nord. Le vélopartage est né en France dans les années 2000, mais a depuis conquis les grandes villes du monde, dont Montréal avec Bixi en 2014. Le covoiturage se développe, pour de longs trajets (BlaBlaCar, covoiturage.ca, AmigoExpress) ou pour les navetteurs (Netlift, Trajet à la carte ou OuiHop).


Des applications mobiles, telles CityMapper, MoovIt ou Transit, facilitent l'usage de tous les modes de transport, publics ou privés, individuels ou collectifs, du transport public au VTC, de l'autopartage au vélo, et leurs infinies combinaisons. L'enjeu ? S'affranchir de la voiture individuelle en la remplaçant par une mobilité de service qui ne néglige pas la voiture, mais propose de mieux tirer profit de tous les modes de transport.


La réponse aux problèmes des navetteurs pris dans la congestion réside aussi dans le développement accéléré de nouvelles organisations du travail qui favorisent le recours au travail à distance, au coworking et à des horaires flexibles. Autant de pratiques qui améliorent la qualité de vie, la productivité et l'utilisation efficiente du réseau de transport.


Du côté des industriels, Ford s'est associé à Amazon, et Opel à BlaBlaCar. Les constructeurs automobiles allemands ont racheté et développent HERE, leader mondial de la cartographie, pour mettre en commun des quantités gigantesques de données générées par les nombreux capteurs de leurs nouveaux véhicules.


Nous considérons l'intérêt général comme un critère déterminant de l'évaluation d'une innovation. Les solutions exposées ci-dessus répondent-elles aux trois défis des villes ? Ce sera le cas si elles sont inclusives, si elles concernent les habitants des périphéries autant que des centres-villes, et si elles contribuent à l'attractivité économique du territoire autant qu'au bien-être des habitants. Pour cela la coordination de multiples acteurs autour de la notion de services de mobilité et de partage des données est indispensable. S'y ajoutent la nécessité de construire un écosystème qui associe services intégrés, stratégie territoriale, implication des usagers et d'acteurs périphériques aux transports, et personnalisation des parcours par les données, dans le cadre d'une nouvelle gouvernance.


Ghislain Delabie est connecteur mobilité chez OuiShare, réseau international consacré à l'économie collaborative. Il a cofondé Le Lab OuiShare x Chronos, think-tank consacré aux usages émergents dans les villes.


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