La formation en 3D gagne du terrain en entreprise

Publié le 04/08/2012 à 00:00

La formation en 3D gagne du terrain en entreprise

Publié le 04/08/2012 à 00:00

Des technologies 3D initialement développées pour mettre en scène des châteaux et des dragons servent aujourd'hui à modéliser des mines, des épiceries, des hôpitaux et des salles de conférences. De plus en plus d'entreprises utilisent ces environnements pour la formation à distance de leurs employés, ou pour limiter les risques associés à certains métiers.

Hydro-Québec, IGA et Telus font partie de ces entreprises qui ont adopté ces outils de formation. En plein dans la tendance actuelle de la gamification, qui désigne le transfert d'éléments propres aux jeux vidéo à des produits qui n'en sont pas.

Depuis juin 2011, quelque 900 nouveaux employés de Telus venus de partout au Canada ont convergé vers un centre de formation virtuel appelé Maison de collaboration Telus. Ce lieu virtuel, rendu possible grâce au logiciel AvayaLive Engage, permet aux employés de Telus de se déplacer à leur guise avec leur avatar et d'échanger entre eux. L'entreprise favorise ainsi la création de liens entre ses nouveaux employés, tout en faisant l'économie de frais de déplacement.

AvayaLive Engage, qui s'apparente à Second Life, est fondé sur le moteur de jeu (le squelette logiciel d'un jeu) Unreal Engine d'Epic Games... initialement développé pour animer un jeu de tir. Bien que l'armée américaine l'utilise, le produit d'Avaya a été conçu pour favoriser le dialogue et non les échanges de tirs. C'est d'ailleurs sa dimension sociale qui lui confère un avantage sur la simple vidéoconférence : «C'est un environnement de formation plus dynamique, qui suscite des interactions sociales entre les participants», explique Gino Brancatelli, gestionnaire de produits chez Avaya. Le logiciel coûte à partir de 49 $ par mois, pour un nombre illimité de réunions virtuelles rassemblant jusqu'à huit utilisateurs.

Des simulateurs d'épicerie

CAE, qui propose ses simulateurs de vol depuis les années 1950, vend aujourd'hui la simulation en 3D aux secteurs de la santé et des mines. Pour CAE, ces nouveaux marchés offrent plusieurs similarités avec celui de l'aéronautique : «Nos simulateurs pour les mines répondent aux mêmes besoins que ceux du domaine de l'aviation, permettant de faire de la formation de manière plus sécuritaire», explique Pascal Grenier, directeur de l'ingénierie et de la formation chez CAE Mines.

Les simulateurs de CAE Mines permettent non seulement de se familiariser avec la machinerie lourde, mais aussi, avec la mine elle-même : «Dans la plupart des cas, nous reproduisons le site minier en 3D, de manière à offrir l'environnement le plus réaliste possible», explique Pascal Grenier. Selon lui, l'évolution des moteurs de jeux a permis aux simulateurs d'offrir une expérience plus fluide. Il est à noter que CAE Mines utilise le moteur Vortex, développé par la montréalaise CM Labs.

Des coûts de développement en baisse

L'évolution des moteurs de jeux a également eu pour effet de faire diminuer les coûts de développement : «Aujourd'hui, développer du 3D coûte de 50 à 60 % moins cher qu'il y a trois ans», révèle Michel Dubois. Cette transformation permet à des entreprises qui demandent moins d'investissement de s'offrir cette technologie. C'est notamment le cas de Sobeys, dont les employés sont formés en matière d'hygiène et de salubrité par l'intermédiaire d'un jeu sérieux en 3D : «Nous avons modélisé une succursale IGA pour concevoir la formation, ce qui permet d'offrir une expérience plus réaliste», explique Michel Dubois, président de Xaracom MDA. L'entreprise facture à ses clients de 25 000 à 60 000 $ par heure de formation en 3D.

L'entreprise montréalaise, qui se spécialise dans les jeux sérieux depuis une dizaine d'années, compte parmi ses clients Hydro Québec et Pfizer. Son président croit malgré tout que la croissance de ce créneau ne fait que commencer. Pour conserver sa longueur d'avance, il travaille notamment à un jeu sérieux conçu pour être projeté sur un écran, qui permettra aux «étudiants» d'utiliser leurs téléphones intelligents en guise de manettes : «Il faut qu'on demeure à la fine pointe de la technologie, car les jeux 3D sont de plus en plus faciles à développer», conclut Michel Dubois.

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