L'ubérisation des services professionnels en cours

Offert par Les Affaires


Édition du 11 Juin 2016

L'ubérisation des services professionnels en cours

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Édition du 11 Juin 2016

[Photo : Shutterstock]

Les technologies donnent des occasions aux professionnels de révolutionner leurs pratiques et d'accroître leur productivité. Des initiatives émergent dans ces milieux, réputés conservateurs. L'ubérisation gagnera-t-elle les comptables, notaires, avocats et consultants de tout poil ?


Stéphane Minson n'a pas attendu la réponse à cette question et s'est lancé. Cet avocat de 45 ans a tout plaqué pour plonger dans l'économie du partage. Une révolution professionnelle, mais aussi personnelle. Il a troqué sa voiture luxueuse contre des abonnements à Bixi et à Communauto, et il a quitté sa place douillette dans un grand cabinet, Joli-coeur Lacasse, pour s'établir à son compte. Depuis trois ans, il conseille des clients dans son domaine d'expertise - l'immigration d'affaires - avec pour uniques assistants des logiciels et des applications ; ceux-ci lui permettent de faire la quasi-totalité des tâches assurées auparavant par une secrétaire, un commis à l'archivage, etc.


«Dans mon domaine, les grands cabinets livrent une forte concurrence, mais je tire mon épingle du jeu en faisant tendre mes frais fixes vers zéro. Dans les grands cabinets d'avocats, les frais fixes attribuables à l'entretien d'une adresse prestigieuse sont astronomiques. Ils ont forcément un impact sur les tarifs, qui deviennent de plus en plus intenables pour les clients. Ce n'est plus un modèle économique viable. Moi, je ne facture que ma valeur ajoutée», soutient Stéphane Minson. L'avocat, qui a diminué ses coûts de fonctionnement, peut conserver un même niveau de rémunération tout en travaillant à un rythme moins soutenu.


M. Minson travaille maintenant seul dans un bureau installé à son domicile. Il a seulement conservé une domiciliation virtuelle, au coût de près de 300 $ par mois, pour «disposer d'une adresse prestigieuse où recevoir du courrier postal et qui me permet d'utiliser une salle de conférence et des bureaux quelques heures de temps en temps pour rencontrer des clients au besoin», précise l'avocat. Il apprécie pouvoir utiliser des ressources uniquement en fonction de ses besoins.


Une nouvelle façon de travailler qui est encore peu commune chez les professionnels et qui bouscule les habitudes dans des professions très réglementées, qui accordent de l'importance à l'archivage de documents ainsi qu'à la sécurité et à la confidentialité des échanges.


Le reste de l'économie, par contre, s'adapte déjà : un ensemble d'entreprises (création de logiciels et d'applications adaptées, location de bureaux, d'espaces de travail partagés, hébergement virtuel) forme un écosystème de plus en plus complet.


Une myriade d'outils


La plateforme Web 2ps relie les consultants entre eux en court-circuitant les grands cabinets et en imposant une grille de tarifs. Le cabinet comptable Lacharité, McComber, Kuczynski archive tous ses documents et ceux de ses clients dans l'infonuagique et offre l'impartition de la tenue de livres dans ce mode également.


Natalie Rivière, consultante et depuis peu présidente de l'agence de marketing Web Commetta, va plus loin. Si l'entreprise a des locaux, ils sont utilisés à temps partiel, et toute l'équipe - une dizaine de personnes réparties entre Montréal et Cancún, au Mexique - travaillent à distance grâce à divers logiciels comme Hub-Spot, une plateforme en ligne intégrée pour le marketing et les ventes, Google Apps for Work, QuickBooks en ligne, un logiciel de comptabilité pour petites entreprises et entreprises à domicile, Smartsheet, un outil de collaboration et de gestion du travail en nuage, ou encore Slack, une application de clavardage professionnel.


Autant de technologies qui promettent de dématérialiser l'activité et, ainsi, de réduire les coûts et d'améliorer l'efficacité.



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