Broadcom propose d'acheter Qualcomm pour 130G$

Publié le 06/11/2017 à 11:10

Broadcom propose d'acheter Qualcomm pour 130G$

Publié le 06/11/2017 à 11:10

Par AFP

Le groupe de semi-conducteurs Broadcom a annoncé lundi une offre de rachat non sollicitée sur son concurrent américain Qualcomm, pour un montant total de 130 milliards, ce qui constituerait l'une des plus grosses opérations de ce type dans les nouvelles technologies.


Les actionnaires de Qualcomm, qui fournit notamment les puces pour les produits d'Apple, se voient proposer 70 dollars par action ce qui donne à la transaction une valeur de 130 milliards de dollars y compris la reprise d'une dette de 25 milliards de dollars.


Broadcom paierait cette somme en partie en numéraire, et en partie avec ses propres actions.


«Nous sommes prêts à engager immédiatement des discussions avec Qualcomm pour signer un accord définitif et finaliser rapidement cette transaction», a indiqué Thomas Krause, le directeur financier de Broadcom.


«Le conseil d'administration de Qualcomm, en consultation avec ses conseillers financiers et juridiques, va examiner la proposition afin de déterminer la décision qui serait dans le meilleur intérêt des actionnaires», a réagi l'entreprise, ajoutant qu'elle ne fera plus de commentaire jusqu'à ce que ce processus soit terminé.


Qualcomm est lui-même engagé dans le rachat de son concurrent néerlandais NXP, une transaction valorisant ce dernier à 47 milliards de dollars. Broadcom a précisé que sa proposition de rachat était valable que Qualcomm réussisse ou non à racheter NXP.


«Cette fusion potentielle soulève des interrogations sur la difficile prise de contrôle de NXP par Qualcomm», analyse Stuart Carlow, chez Abi Research.


Elle pourrait en outre être considérée par certains actionnaires comme une «opportunité» pour mettre fin au conflit entre Qualcomm et Apple avec qui Broadcom est en «bons termes», ajoute l'expert.


Le secteur des semi-conducteurs est en proie à une intense consolidation: les grands acteurs du secteur, désireux de changer d'échelle pour mieux se positionner sur un marché de plus en plus concurrentiel, ont multiplié les acquisitions ces dernières années.


Ils anticipent également le passage de la 4G à la 5G avec la co-existence des ordinateurs et des smartphones avec les voitures autonomes et «l'internet des choses» (internet of things).


Le japonais Softbank a ainsi racheté récemment le britannique Arm Holdings pour 28,5 milliards d'euros, tandis que le géant des puces informatiques Intel a proposé 16,7 milliards de dollars pour le groupe américain Altera.


En 2015, Broadcom était lui-même né du rachat du groupe américain du même nom par le groupe américano-singapourien Avago Technologies pour 37 milliards de dollars. La nouvelle entité avait conservé le nom de Broadcom mais le siège avait été établi à Singapour.


Un possible mariage Broadcom-Qualcomm pourrait se voir opposer le veto des autorités de la concurrence, les deux sociétés étant des acteurs de premier plan dans les technologies wi-fi et bluetooth et le second faisant déjà l'objet d'enquêtes pour position dominante dans de nombreux pays dont les Etats-Unis.


Lundi, le directeur financier de Broadcom a toutefois exprimé l'espoir d'arriver rapidement à un accord des autorités de la concurrence sur le rachat de Qualcomm, alors que le rachat par cette dernière de NXP a suscité une enquête approfondie de la Commission européenne.


«Etant donné la nature complémentaire» des activités de Broadcom et Qualcomm, «nous espérons que toutes les exigences» de ces autorités «pourront être satisfaites en temps voulu», a déclaré Thomas Krause.


Les autorités américaines de la concurrence (FTC) ont lancé des poursuites contre Qualcomm, l'accusant d'avoir violé la législation antitrust lors de la vente de certains composants et licences à des fabricants de smartphones, dont Apple. Qualcomm rejette ces accusations.


Le groupe a été mis à l'amende dans plusieurs pays dont la Corée du sud, la Chine et Taiwan, qui ont tous estimé que Qualcomm a abusé de sa position dominante lors de l'octroi de licences sur des technologies essentielles aux communications mobiles ou lorsqu'il vend certaines puces aux fabricants de smartphone. 


Il est par ailleurs en conflit depuis des mois avec Apple, l'un de ses plus gros clients, le second accusant le premier de demander des redevances trop élevées pour les technologies utilisées dans ses appareils, en particulier les puces présentes dans les iPhones.


Qualcomm accuse en retour Apple d'abuser de sa position de force pour ne pas payer à leur juste prix ces technologies qu'il a brevetées.


 


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