L'Union européenne part en guerre contre la désinformation

Publié le 05/12/2018 à 11:08

L'Union européenne part en guerre contre la désinformation

Publié le 05/12/2018 à 11:08

Par AFP
Drapeau de l'UE

[Photo : 123rf]

Bruxelles a lancé mercredi un appel à la mobilisation des pays de l’UE et des géants d’internet comme Facebook contre la désinformation en ligne, agitant le spectre d’« ingérences » russes dans les élections européennes programmées en mai 2019.


Le « plan d’action » dévoilé par la Commission européenne prévoit la création d’un « système d’alerte rapide » entre les institutions et les pays de l’UE pour un partage « en temps réel » de leurs données sur des campagnes de diffusion volontaire d’informations fausses.


L’exécutif européen met également à contribution les acteurs majeurs d’internet, comme Facebook, Twitter et Google. Il leur réclame des rapports mensuels à partir de janvier pour vérifier qu’ils mettent bien en œuvre les engagements pris dans un « code de bonnes pratiques » signé en septembre.


« Nous avons vu des tentatives d’ingérence dans les élections et les référendums, avec des preuves désignant la Russie comme une source principale de ces campagnes », a mis en garde l’Estonien Andrus Ansip, vice-président de la Commission responsable du marché unique numérique.


Le responsable européen a clairement pointé du doigt la « stratégie » de désinformation de Moscou visant « à diviser et à affaiblir l’ouest ». Il a dénoncé une « usine de trolls (spécialisés dans la création de polémiques et de controverses) basée à Saint-Pétersbourg » ou encore le financement de certains médias prorusses. « Nous devons être unis et joindre nos forces pour protéger nos démocraties », a-t-il ajouté.


Le « système d’alerte rapide », qui doit être mis en place d’ici le mois de mars, permettra ainsi aux États membres et aux institutions européennes de partager des informations sur des « tentatives coordonnées d’acteurs étrangers pour manipuler » le débat démocratique.


Facebook, Google, Twitter et Mozilla (à l’origine du navigateur Firefox), parfois détournés en outils de « désinformation » en ligne, ont signé en septembre un « code de bonnes pratiques », non contraignant, par lequel elles s’engagent à distinguer clairement contenus publicitaires et informations, et à fermer plus rapidement de faux comptes actifs.


« Mauvaises surprises »


Ils ont également promis d’adopter une politique claire sur l’utilisation et l’identification des « bots », ces comptes programmés pour diffuser des messages automatiques, et à coopérer avec des « vérificateurs de faits » pour contrer la désinformation.


Les signataires du code « doivent rapidement et efficacement appliquer les engagements pris », en se « concentrant sur des actions qui sont urgentes pour les élections européennes de 2019 », a exhorté la Commission.


Facebook a été la cible de vives critiques pour ne pas avoir su détecter des campagnes de manipulation de l’électorat américain lors de la présidentielle de 2016, attribuées à la Russie.


L’affaire Cambridge Analytica a « montré que la confiance n’est pas un acquis, elle est fragile », a souligné la commissaire bulgare Mariya Gabriel, responsable de l’économie numérique. Elle faisait référence au scandale récent de l’exploitation de données d’utilisateurs de Facebook à leur insu pour des fins politiques.


Les plateformes doivent « accroître la visibilité de l’information de qualité », a estimé Mme Gabriel, annonçant qu’une « semaine européenne d’éducation aux médias » serait organisée en mars 2019.


L’exécutif européen a par ailleurs prévu de « plus que doubler » en 2019 le budget de sa cellule spécialisée de lutte contre la désinformation, qui passerait à 5 millions d’euros. Les pays européens sont appelés à prendre eux aussi des mesures de ce type.


« Notre approche est neutre du point de vue idéologique », a insisté la commissaire responsable de la Justice, la Tchèque Vera Jourova, assurant qu’il n’était pas question de promouvoir certains contenus plutôt que d’autres, mais de lutter contre la diffusion volontaire d’informations fausses.   


« Si nous n’agissons pas aujourd’hui, nous risquons d’avoir de mauvaises surprises pendant les élections », a-t-elle prévenu. 


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