Marmott Énergies mise sur la géothermie

Offert par Les Affaires


Édition du 23 Avril 2016

Marmott Énergies mise sur la géothermie

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Édition du 23 Avril 2016

C'est en constatant que la barrière principale à la progression de la géothermie au Québec résidait dans le coût élevé d'installation que Nathalie Tremblay a créé Marmott Énergies, en 2010. L'entreprise de la ville de Mont-Royal devient propriétaire des systèmes de géothermie qu'elle s'engage à entretenir en contrepartie de revenus récurrents à long terme. Une formule gagnante, comme en fait foi le chiffre d'affaires qui devrait atteindre 500 000 $ en 2016.


Marmott Énergies s'approche du modèle opérationnel de l'immobilier, selon lequel la valeur des actifs peut être supérieure aux revenus générés. «Nous sommes en position d'équilibre et nous misons sur les perspectives des revenus futurs, qui sont très bonnes.» Employant huit employés, l'entreprise de la ville de Mont-Royal prévoit doubler sa masse salariale d'ici la fin de l'année. «Avec les accords de Paris, on voit que la conscientisation citoyenne avance de façon exponentielle.»


Choisir la géothermie pour chauffer et climatiser sa maison, mais sans pour autant avoir à assumer l'investissement initial allant jusqu'à 45 000 $ : tel est le pari de Marmott Énergies. Elle s'occupe de l'ensemble des travaux et propose à ses clients un abonnement à prix fixe et non évolutif.


Nathalie Tremblay, une ancienne gestionnaire, environnement, du Fonds de Solidarité FTQ, a créé Marmott en 2010. «J'ai toujours eu une sensibilité pour le domaine de l'énergie. Je me suis demandé pourquoi une technologie aussi efficace que la géothermie, qui peut apporter jusqu'à 70 % de l'énergie consommée par un ménage, n'était pas plus utilisée.»


«Dans 90 % des cas, les clients n'ont aucun investissement à faire. Cela représente des économies en dollars sur leur facture, mais aussi la certitude que les prix n'augmenteront pas avec l'inflation, comme on le voit souvent avec l'énergie.»


En cas de revente de la maison, deux options s'offrent : l'acheteur choisit soit de conserver le système, soit de le faire retirer. Dans le dernier cas, le vendeur est tenu de régler une pénalité pour rupture de contrat, dégressive dans le temps. Pour développer le concept, la fondatrice a sollicité la Banque de développement (BDC) et la Banque Nationale sous forme de prêts bancaires, ainsi qu'Anges Québec au sein du capital en plus d'y investir des fonds. «L'investissement total s'élève à un million de dollars. Nous avons constamment besoin de fonds pour nous développer. Mais l'avantage, c'est qu'on produit des biens qui génèrent des revenus récurrents prévisibles sur une longue période», ajoute la fondatrice, qui estime que son modèle d'entreprise n'a aucun concurrent direct.


Une stratégie de petits pas


Depuis l'installation de ses premiers systèmes pilotes en 2012, près de 150 systèmes Marmott Énergies sont en service au Québec. «Nous avons noué un partenariat avec le groupe Master de Boucherville, un fleuron de la climatisation, du chauffage et de la géothermie, qui nous a adressés aux meilleurs installateurs de l'industrie», affirme Nathalie Tremblay, qui rappelle que l'idée n'était pas de réinventer la roue, mais de tirer profit des compétences existantes. Des partenariats ont été conclus avec l'Institut national de la recherche scientifique (INRS) à Québec sur un projet d'identification de la conductivité du sol dans la vallée du Saint-Laurent et avec Polytechnique Montréal sur le développement d'un logiciel permettant de simuler la vie des boucles géothermiques.


En 2016, la société vise à poursuivre son développement dans la vallée du Saint-Laurent (le Grand Montréal et la région de Québec), grâce à la mise en place de projets dans une trentaine de municipalités. «En 2017, nous avons l'ambition de réaliser plusieurs centaines de projets», dit Mme Tremblay. Dans sa ligne de mire ? Les ménages canadiens et nord-américains, notamment les maisons individuelles.


«Il existe encore 300 000 ménages chauffés au mazout au Québec et 6 millions dans le Nord-Est américain.» Nathalie Tremblay a participé à une mission en Alberta. Elle scrute aussi l'Ontario et le nord-est des États-Unis grâce à la présence d'un manufacturier partenaire.


Une technologie complémentaire


Si la géothermie est déclinable presque partout au Québec en fonction de la nature des sols, elle permet de fournir jusqu'à 70 % de la demande énergétique d'un foyer. De plus, elle peut être couplée à d'autres sources d'énergies renouvelables, comme l'hydroélectricité.


«Dans d'autres compétences, on pourrait envisager des combinaisons avec des panneaux solaires ou du gaz naturel», estime Nathalie Tremblay, qui précise que les 30 % restants sont dus à la nécessité d'alimenter une pompe et un compresseur pour faire fonctionner le système. «Il existe parfois certaines limitations ponctuelles, qui rendent des endroits plus coûteux à forer.»


Avec une durée de vie estimée de 75 à 100 ans pour ce qui est des boucles géothermiques et de 20 à 25 ans en ce qui concerne les thermopompes, Nathalie Tremblay rappelle que la géothermie permet «de remplacer aussi les thermopompes extérieures qui arrivent en fin de vie, des sources fréquentes de chicanes avec les voisins».


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