— Jacques Forest, professeur au Département d’organisation et ressources humaines à l’ESG UQAM
Une entrevue réalisée par Steve Proulx
Depuis quand se préoccupe-t-on de la passion au travail ?
Tout d’abord, une passion est une activité qu’on aime pratiquer et qu’on estime importante ou significative. Elle comprend donc une dimension émotive (« J’aime mon travail ») et cognitive (« Mon travail est important pour moi, pour la société »). Cela dit, la passion est une préoccupation grandissante dans les sociétés comme la nôtre où la majorité de la population n’a plus à travailler strictement pour subvenir à ses besoins de base. Une fois qu’on gagne un salaire qui nous permet de manger, de nous loger, de jouir d’un certain confort, d’autres types de motivations apparaissent, comme la passion au travail et la légitimité de notre rôle sur cette planète. On veut être heureux, se sentir utile.
Sur quoi repose le bonheur au travail ?
Sur le plan psychologique, l’humain a trois besoins : l’autonomie, le sentiment de compétence et l’affiliation sociale. On veut donc être libre de réguler ses actions (autonomie), se sentir efficace, atteindre ses buts (compétence) et entretenir des relations sociales satisfaisantes (affiliation sociale). En milieu de travail, on constate qu’un employé se porte bien lorsque ces trois besoins sont comblés.







