Le silence de la peur

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    Tags : Management


    Ennemi sournois des organisations, le silence, délibéré ou non, trahit le plus souvent la peur de l’autorité, du rejet ou tout simplement du ridicule. Heureusement, il n’est pas insurmontable.

    Auteurs : Jenifer Kish-Gephart, James Detert, Linda Klebe et Amy Esdondson, Rotman Magazine

    On accorde peu d’intérêt à la peur en milieu de travail, à ses manifestations et à ses conséquences. Pourtant, de tout temps, la peur a façonné le comportement humain. Dans le monde de l’entreprise, elle se révèle de bien des façons, dont la plus sournoise est sans conteste le silence qui prévaut bien souvent au sein des organisations.

    Selon la psychologie évolutionniste, les émotions ont pour raison d’être la résolution des multiples problèmes d’adaptation auxquels l’homme a fait face tout au long de son histoire. La peur serait un mécanisme de défense contre une menace potentielle à sa survie. Si les effets de cette réponse émotive se font toujours sentir de la même façon, c’est la nature des dangers auxquels l’homme actuel est confronté qui a changé. Parce que nos ancêtres risquaient tout simplement leur vie s’ils ne réagissaient pas rapidement, il leur fallait apprendre à flairer le danger dès que possible et à moduler leur comportement en conséquence. C’est pourquoi, aujourd’hui encore, le dispositif qui régit notre peur est en état d’alerte permanent, cherchant à déceler tout indice de menace potentielle. Lorsque le cerveau perçoit un péril quelconque, l’intensité de la peur qui en découle dépend de deux facteurs : l’imminence de la menace et son degré de gravité.

    Par imminence de la menace, on entend le temps dont dispose un individu pour choisir sa réponse à ce qu’il ressent comme un indice de danger. Au travail, pour décider s’il doit s’exprimer ou garder le silence, un employé ne dispose parfois que de quelques secondes (quand son supérieur hiérarchique fait preuve d’animosité, au cours d’une réunion), de quelques minutes (quand il doit prendre la parole, avant la fin d’une réunion) ou de quelques jours (lorsqu’il veut discuter de quelque chose avec son patron, lors d’une prochaine réunion).

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